‹ Les assemblées provinciales dans l'empire romainChapitre 40 sur 73 · LE DROIT DE BATTRE MONNAIE? U · texte numérisé non relu

LE DROIT DE BATTRE MONNAIE? U

ces médailles ne prouve nullement que ces provinces eussent le droit de battre monnaie; car les particuliers eux-mêmes pouvaient en émettre de pareilles '^'.

Quant aux monnaies proprement dites, il importe d'établir une différence entre l'Occident et l'Orient. En Occident, il ne paraît pas qu'aucun concilium en ait jamais fait frapper, soit en cuivre, soit en argent. On possède des bronzes aux eifigies d'Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, et au type de l'autel fédéral de Lyon, sans les lettres S(^enatus) C{^onsuUoy, mais ce sont des monnaies impériales, spécialement destinées aux Trois Gaules ^"l Un denier d'argent, w gravé dans un style purement gaulois 55, porte, d'un côté, trois têtes de femme avec les mots TRES-GALLIAE à l'exergue, de l'autre, Galba à cheval, avec les mots SER.-GALBA-IMP- AVG. S'il a été émis réellement au nom des Trois Gaules ^^\ il y a eu là une usurpation manifeste, qui s'explique par les circonstances, sans être d'aucune conséquence pour les années où tout était régulier^^l

L'Orient était beaucoup mieux traité. Dans cette partie de l'Empire, plusieurs xoiva eurent le privilège de frapper de la monnaie de cuivre, k C'est le cas delà Bithynie'^^ et de Chypre^'^l Tout en se réservant dans ces provinces la fabrication exclusive de la monnaie d'argent provinciale, l'empereur y abandonnait le cuivre à la direction de l'assemblée de la communauté des indigènes, de même que dans la monnaie d'Empire il avait laissé ce métal à l'autorité du sénat. Deux autres pays nous offrent

f^^ Voir, sur ce point, Lenormant, III, p. i35-i43. Cf. l'ouvrage du même auteur intitulé Monnaies et Médailles (Paris, Quantin).

'-) Eckhel, VI, p. l'àh etsuiv.; Cohen, Monnaies impériales, I,p. 71, laS, i65, 9o4; Mommsen, Hist. de la monnaie romaine, III, 2G8; Lenormant, II, 186.

''^ A. de Barthélémy, Revue des questions historiques, t. V, p. a 8. Le même auteur est porté à croire que les monnaies de bronze dont il vient d'être parlé ont été émises par le concilium de Lyon {ibid., p. A8).

f') C'est par un abus du même genre que le sénat ,^après la mort de Néron, fit frapper en abondance des monnaies d'or et d'argent (Revue numismat., i80a, p. 197 et suiv. ).

W Eckbcl, II, 4o3-/io/i; Mionnet, II, p. il 10,

'"> Eckhel, III, 8A-85; Mionnet, III, p. G71 etsuiv.

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