‹ Les assemblées provinciales dans l'empire romainChapitre 42 sur 73 · LE DROIT DE BATTRE MONNAIE · texte numérisé non relu

LE DROIT DE BATTRE MONNAIE

le prince ne l'accordait pas à toutes. Voilà pourquoi il est impossible d'énoncer une règle uniforme pour les différentes provinces, ni pour une même province envisagée à différentes époques.

Ce serait d'ailleurs une erreur singulière que d'attribuer une plus large part d'autonomie à celles qui étaient pourvues de ce privilège. Rien n'indique que les empereurs aient voulu favoriser l'Orient de préférence à l'Occident, ni que le xoivSv de Macédoine ait été plus libre que le concilium des Gaules. Ce furent de tout autres motifs qui guidèrent en ces matières l'autorité impériale. La monnaie de cuivre que frappait le sénat était tout a fait insuffisante pour les besoins des populations. Il n'y avait pour la produire que deux ateliers, à Rome et à Antioche, et ce dernier était loin d'égaler le premier en importance. Il était très éloigné du centre du gouvernement; il ne dépendait que du sénat '^^; c'en était assez pour que la constante défiance des empereurs l'empêcbât de se développer autant qu'il eût fallu. L'atelier de Rome fournissait toutes les espèces de cuivre nécessaires à l'Occident, parce qu'en raison de sa situation même, il était dans la main du prince. Celui d' Antioche travaillait beaucoup moins, précisément parce que le prince avait sur lui une action moins efficace et moins directe. On fut donc obligé, pour y suppléer, de laisser aux villes et à certaines provinces d'Orient le droit, superflu en Occident, de monnayer aussi le cuivre, et les provinces qui l'obtinrent en furent redevables, soit à la protection d'un personnage puissant, comme la Rithynie^^\ soit à leur petitesse, comme la Crète, soit au respect d'une tradition déjà ancienne, comme la Macédoine, soit à d'autres raisons qui nous échappent.

Cette concession flattait apparemment la vanité des assemblées

C' Lorsque Vespasien eut été proclamé empereur par les légions de Syrie, il frappa aussitôt à Aniiocho de la momiaic d'or et d'argent pour attester qu'il prenait possession du pouvoir, mais il ne toucha pas au monnayage de cuivre. (Tacite, Iliat., II, Lxxxii;Lenormant, II, /111-/119.)

(^' Ou suppose que la Bithynie dut cette faveur au célèbre favori d'Hadrien, Antinous, qui était originaire de cette province.

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