DU DROIT DE BATTRE MONNAIE
qui en bc^néficiaient. Elle devait de plus procurer à leur budget quelques ressources supplémentaires. Mais au fond elle était illusoire. D'abord, elle ne durait que par la volonté du prince, toujours libre de la révoquer. En second lieu, les monnaies des xoivd étaient tenues de se conformer au système romain et de porter l'effigie du chef de l'Etat. Enfin, la fabrication en était soumise au contrôle assidu de l'administration impériale. On sait que celui-ci avait un droit de surveillance sur les ateliers sénatoriaux (^' et sur les ateliers municipaux'^'. On peut affirmer, quoique les preuves nous manquent, que son autorité s'étendait également au monnayage provincial, et que les assemblées étaient forcées d'obéir à ses règlements.
Le caractère singulier de ces assemblées se manifeste ici clairement. A voir de quelle manière les empereurs répartirent entre elles les privilèges monétaires, il est aisé de constater qu'elles furent de tout temps considérées comme un instrument de règne. On ne se servait d'elles que dans les circonstances oii leur concours paraissait utile au bien de l'Etat. Ce ne fut pas en vertu d'un principe abstrait, ni d'une conception théorique qu'on leur attribua telle ou telle prérogative; leur organisation fut déterminée tout entière par des raisons pratiques. On ne les institua pas avec le dessein prémédité d'en faire un rouage administratif. Si on les associa en quelque façon au gouvernement de l'Empire, ce fut parce qu'on trouva avantageux de tirer, en certains cas, parti d'elles. A vrai dire, elles ne remplirent un rôle politique que par occasion, presque par accident: leur nature propre ne les y prédestinait pas; et les hommes n'auraient été nullement surpris, si ce mode d'activité leur était toujours demeuré étranger.
<'' Wilmanns, 1878 c : «Hercuii Aug(usto) sac(rum). Fclix Aug(usti) l(ibertus) optio el cxactor auri arg(enli) œris,item signatores siipposlores mallcatores monetae Cœsaris n(ostn)» (inscriplion de Rome datée de l'année ii5 après J.-C). Le litre de Yexactor prouve, d'après Mommsen (III, p. 11 , note 3), que ce chef d'atelier vérifiait les monnaies de cuivre émises par le sénat.
(^^ Scœvola, au Dig., XLVI, m, 102 : «Mox pecunia, qua illa respublica ulebalur, quasi «erosa jussu prœsidis siihlata est. n