AU IV^ ET AU V" SIECLE
que, parmi les décisions impériales promulguées pendant le demi-siècle dont nous parlons, aucune n'ait mérité d'attirer spécialement leur attention.
L'autorité du code Justinien, au moins dans le cas actuel, est fortement diminuée par le souci qu'on a eu d'en exclure toute allusion aux institutions disparues, fût-ce au risque de mutiler les textes ou d'en fausser le sens^'l Celle du code Théodosien est, dans l'espèce, beaucoup plus considérable, puisqu'il a été formé en un temps où plusieurs de nos assemblées fonctionnaient encore, et son témoignage, aussi bien que son silence, ont ici un plus grand poids. Or la première constitution qu'on y lise date de l'année 3 1 2 ^-\ et dès l'année 3 1 5 nous y remarquons un rescrit de l'empereur Constantin à l'assemblée de l'Afrique proconsulaire ^^'. Cette assemblée d'ailleurs, pas plus que les autres, ne s'y montre pas comme une nouveauté; elle existait avant que l'empereur lui envoyât cet acte, et elle ne paraît même pas créée de la veille; c'est toujours l'ancienne diète de la province qui se maintient à travers les âges, et rien n'indique que nous soyons là en présence d'un corps récemment appelé ou rappelé à la vie.
Sous le Bas-Empire, les provinces furent bien plus nombreuses qu'auparavant. Tandis qu'on en comptait quarante-deux sous Trajan ''^^, il y en eut quatre-vingt-seize sous Dioclétien^^^ cent quatre en 36(), cent treize vers l'année 3 1 6 ^^\ et cent vingt au début du v" siècle ^^l Ce morcellement se fit avec une certaine lenteur. On ne passa pas brusquement du chiffre de Trajan à celui de Dioclétien ; on n'y arriva que par degrés.
'^' Comparer Code Théodos,, XI [, xn, la, el Code Justin. , X, lxv, 5.
(^^ Voir ia Chronologia Codicis Theodosiani qui fi(jure en tète de rédition do Godefroy-Ritter (l. I, p. v).
'•^) Code Théodos. , YUl , iv, 2. Le texte porte simplement «ad Afros»?; mais il s'agit bien là du concilium provinctœ Ajricw , dont le nom se trouve dans un cdit de la même année {Code Justin., II, xn, 91).
'*) Bouché-Ledcrcq , Manuel des institutions romaines, p. 308.
<^) Ibid., p. 9ii-2i5.
(•*) Ibid., p. ai5, note 3.
'') Ibid., p. 210-917; Marquardt, Rom. Staatsverw. , I, p. /195-/196 {û" édit.).
C'est ainsi que la Phénicie fut organisée par Hadrien ^'>, la Numidie par Septirae Sévère^-', la Galicie par Caracalla^-^^, les circonscriptions de la Mésie^*' et de l'Italie par Aurélien^^^. Une étude attentive de la question conduit à cette conclusion que l'Empire s'accrut de quinze provinces depuis Trajan jusqu'à l'année ^Sli, et que Dioclétien en forma trente-neuf autres ^""l La même politique fut observée après ce dernier, et de là sortit graduellement l'état administratif que nous décrit la JSotiùa.
Toutes les parties du monde romain durent avoir au iv" et au v" siècle leurs concilia. Le code Théodosien atteste que cette institution était générale dans les préfectures d'Italie et d'Illyrie^''. Un rescrit de Valentinien II mentionne les députations «envoyées par les provinces à la cour?)'^'. L'expression provinciale concilium, sans acception de pays, revient perpétuellement dans les textes de lois'^l Une circulaire, datée de l'année 383, énonce des règles très précises au sujet de ces diètes, et elle est adressée ad provinciales '^^^^K Nulle part on ne voit que ces réunions aient été le privilège d'une contrée particulière; loin delà, on les rencontre à peu près partout. C'est au point que du jour où l'Italie se trouva, comme l'Afrique et l'Espagne, subdivisée en provinces, elle eut, comme elles, ses assemblées régionales ^^^l
Il importe toutefois d'aller plus avant, et de rechercher s'il nous est resté des trac(!s des divers concilia.
('^ Jullian, Rev. hislor. , jmWat 1883, p, 332-33/i.
(^' Marquardt, Rim. Staatsverw., I, p. /170; de Ceulenecr, Essai sur Septime Sévère, p. 2Z16; C. 7. L., VIII, p. xvi, colonne 9.