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LES ASSEMBLÉES PROVINCIALES AU IV^ ET AU V SIECLE

L'histoire des assemblées provinciales présente une lacune à la fin du m" siècle et au commencement du iv\ Ce n'est pas qu'aucun acte de l'autorité publique les ait abolies ou même suspendues; mais les documents se taisent sur elles. La dernière mention qui en soit faite n'est pas postérieure à l'année 968'^', et elles ne réapparaissent, après une longue éclipse, que sous le règne de Constantin. Faut-ii expliquer cette anomalie par le mauvais vouloir des empereurs, ou par l'incurie des populations? Faut-il croire que les |)remiers, sans les supprimer expressément, donnèrent l'ordre qu'on cessât de les convoquer? Mais alors quelles seraient les raisons de leur hostilité contre des corps si inoffensifs? D'autre part, il n'y a pas apparence que les hommes aient renoncé d'eux-mêmes à ces réunions; car c'était encore pour eux une obligation de célébrer le culte impérial dont ces diètes avaient la charge ^-l II serait, au surplus, assez étrange qu'ils se fussent volontairement privés des garan-

(') Voir plus haut, p. 50-58.

'-) Panegyrtci lalini ( Balircns), II, i : «Cutn omnibus festis diebus, sacratissirne imperator (Maximien), debeat honor vesler divinis rebiis œqiiari, tiim prœcipuo celeberrimo isto. . . die veneralio nurainis lui cum soUemni sacne urbis reiigione juiigenda est.?7 C. I. L., iii5 : «Imp. Cœs. M. Annio Floriano, . . rospublica italicens. devota niimini majeslatiqiie ojlis.ti Ibtd., 1117, 1673. Ruinait, Acla marlyrum (a" édit.), p. 3oï! : «lu civitale Tingitana, procuranic Forlunato pra}side, advenil nalaUs dies imporatoris. Jbi cum ounies in conviviis cpularoiiUir atque sacrilicaront. . .v PKis loin, un soldai cbrélion s'écrio : ttSi Udis est condilio miiilanlium , ut diis et impcratoribus sacra facere compellantur. . . n

lies politiques que celte institution leur offrait, du moment surtout qu'ils demeuraient toujours fidèles à des xoivci dépourvus à cet égard de toute importance '^l

Si nos assemblées ne se laissent plus apercevoir dans la période qui conduit au Bas-Empire, cela vient uniquement de ce que les documents nous manquent. La sécheresse des historiens et la rareté des monuments épigraphiques sont telles , pour ces années-là, qu'il n'y aurait guère espoir de rencontrer quelques renseignements sur les concilia que dans les codes et sur les monnaies. Ce sont, en efFet, les monnaies qui nous aident à en suivre la trace durant la première moitié du m" siècle, et ce sont les constitutions impériales qui nous les signalent de nouveau au iv". Or il se trouve que l'une et l'autre ressource nous fait défaut pour l'époque intermédiaire. On sait en efl'et qu'Aurélien abrogea tous les privilèges monétaires des cilés, et même du sénat. Il n'y eut plus désormais qu'une monnaie unique, frappée par l'Etat, et on ne fabriqua j)lus de ces espèces locales qui seules conservaient le souvenir des diètes fédérales ''^^. Quant aux recueils législatifs, l'un d'eu\, le code Théodosicn, ne renferme que des lois postérieures à l'avènement de Constantin; l'autre, le code Justinien, remonte au règne d'Hadrien; mais il évite autant que possible de mentionner les concilia. Les jurisconsultes qui l'ont rédigé se sont préoccupés de n'y insérer guère que des lois encore applicables au vf siècle; comme ils avaient surtout en vue la pratique journalière du droit, ils ont banni de leur code tous les documents qui n'offraient qu'un intérêt historique, en particulier ceux qui avaient trait aux assemblées provinciales, depuis longtemps tombées dans l'oubli. Il est vrai qu'ils citent parfois des rescrils adressés à tel ou tel concilium; mais ils ne leur attribuent pas plus de valeur qu'aux rescrits provoqués par quelque requête individuelle, et il se peut

<'' Le xoivôv d'ionie nous est signalé jusque sous le règne de Gallien (Eckljel, II, 5o8). Peul-êlre même subsislait-il encore à l'avènement de Julien (Fragm. hist. Grœc, IV, p. ai, n" i5).

'■^) Leuormaut, La monnaie dans l'antiquité, II, p. Al 8.

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