Inscriptions antiques de Lyon, p
h. Ass. prov., p. 142.
un agent financier. C’est un « répartiteur ou enquêteur du pays », dit M. Fustel de Coulanges!; c’est « le contrôleur général chargé d'établir l’assiette de la contribution exigible des soixante-quatre cités des trois provinces pour l'entretien de l’ara, du templum et du concilium de Lyon », dit M. Desjardins”?.
Si les hypothèses sont nombreuses, les arguments sont rares, et c’est sur des conjectures que se fondent en général les opinions en présence : aussi la question est-elle des plus malaisées à trancher.
L'opinion de M. Guiraud peut invoquer en sa faveur un passage où Pline le Jeune raconte le procès intenté par la Bétique à son ancien gouverneur Classicus et où nous voyons en effet un commissaire élu par la province, Norbanus Licinianus, désigné d’abord pour inquisitionem facere, puis, une fois les préliminaires terminés, pour aller à Rome soutenir l'accusation à titre de legatus. Pline le Jeune° qualifie Norbanus Licinianus de legatus el inquisitor; or, ce cumul de l’inquisitio et de la legatio se rencontre dans la dernière inscription relative à un énquisitor Galliarum que l’on ait découverte. Dans celte inscription, trouvée à Saint- Quentin, il est en effet question de C. Suiccius Latinus, inquisitor Gall. leljgatus*. Mais ces arguments ne sont pas sans réplique. D'abord, nulle part Pline le Jeune ne qualifie Norbanus Licinianus de inquisitor Bæticæ. Or le fonctionnaire qui nous occupe est partout qualifié de inquisitor Galliarum. Bien plus, l’inquisitor de Pline nous apparaît comme une sorte de commissaire instructeur, et devait le plus souvent être chargé de poursuivre l'affaire à titre de legatus. Or, sur les cinq inscriptions concernant les inquisitores Galliarum,
1. Histoire des institutions politiques de l'ancienne France : La Gaule romaine, p. 218.