Journal des savants, novembre 1824, p
Déjà, cependant, d’autres savants attribuaient à ce fonctionnaire un caractère lout différent. Mongez! y voyait un inspecteur dont les attributions avaient de grands rapports avec celles des agentes in rebus, appelés plus tard frumentari et curiosi, tyrans subalternes qui donnèrent lieu à tant de plaintes. Quelques années plus tard, en 1829, Raynouard? adoptait, ce semble, la même opinion, et traduisait inquisitor Galliarum par « inspecteur des Gaules ». Enfin, M. de Boissieu * ruinait complètement l'opinion de Bellièvre et d’Artaud en faisant remarquer que l’organisation de l’officium, ou ministère public des Romains, ne comportait pas d’inqusitor. Reprenant une opinion déjà soutenue par Hoffmann, il proposait de voir dans l’inquisitor un « commissaire financier extraordinaire établi par quelques empereurs sages et équitables pour connaître des plaintes, des abus, des réclamations qu’entraîne sans cesse l'assiette et le recouvrement des impôts ».
C’est encore entre ces deux opinions modifiées suivant le progrès des connaissances archéologiques que s’agite le débat. Seulement, une opinion intermédiaire a surgi.
D’après M. Guiraud#, l’inquisitor Galliarum aurait été un fonctionnaire provincial de l’ordre judiciaire, élu par l’assemblée et chargé de réunir les preuves à l’appui d’une accusation portée contre le gouverneur.
D’après M. Hirschfeld, qui a publié cette hypothèse dans son Organisation des Marches du Rhin dans les trois premiers siècles de l'Empire romain, dissertation qui fait partie des Commentationes in honorem Mommseni, l’inquisitor Galliarum aurait été un commissaire chargé par l’assemblée des Gaules de vérifier si les conscrits remplissent bien les conditions exigées pour le service militaire.
D'après la plupart des auteurs, l’inquisitor Galliarum est