Plinii et Trajani Epistolæ, XXX
naire impérial. A vrai dire, rien ne s’y oppose. M. Cuq a bien prétendu qu'aucune des inscriptions relatives aux inquisitores ne mentionnait de services dans l’armée. Or, cette fonction eût dû certainement être donnée à un ancien militaire. Mais, comme l’a remarqué M. Thédenat!, une inscription, l'inscription relative à C. Suiccius Latinus, avait échappé à M. Cuq, et cette inscription mentionne parmi les litres de l’inquisitor Galliarum celui de præfectus legioni, octavæ; c'était donc bien un ancien militaire. Et le mot de legatus employé dans la même inscription pourrait indiquer que C. Suiccius Latinus avait été legatus legionis. Car si en général cette fonction était réservée aux anciens préteurs, on a, comme en convient M. Guiraud?, des exemples de legati legionis simples quæstores. Une objection plus grave peut être faite à l’opinion de M. Hirschfeld. L'inquisitor dilecluwm semble n’avoir exercé ses fonctions que dans le cercle restreint d’une cité. Comment les trois Gaules auraient-elles dressé des statucs à plusieurs de ces humbles agents municipaux el comment surtout ces magisirats locaux eussent-ils pu se parer du litre d’inquisitor Galliarum?
Ces objections nous ramènent donc à la troisième opinion. La doctrine commune voit dans l’inquisitor Galliarum une sorte de commissaire financier. L’absence du mot arca dans le titre de son emploi n'indique pas nécessairement que ses fonctions n’aient pas été financières. Quant à en déterminer avec précision l’objet, comme ont tenté de le faire M. Renier et après lui M. Desjardins, et M. Fuslel de Coulanges, c'est ce que nous ne nous hasarderons pas à essayer. Élail-il chargé, comme semble l'avoir été l’épyuoo-
1. Compte rendu des Études d'épigraphie juridique sur quelques inscriptions relatives à l'administration de Dioclétien, de M. Cuq. (Bulletin critique du 15 octobre 1882, p. 209).