CHAPITRE UNIQUE
Les assemblées générales de la Gaule avant la conquête romaine.
Il n'entre pas dans notre plan d'étudier quelles pouvaient être les instilutions gauloises dans les siècles qui ont précédé l'invasion romaine; mais, comme une opinion répandue voit dans les concilia romains de la Gaule une simple transformation des assemblées celtiques, soit politiques, soit religieuses?, nous croyons devoir examiner rapidement quelles étaient les assemblées générales que César trouva lors de son arrivée en Gaule et qui purent, en subissant d’ailleurs une métamorphose complète, devenir les concilia provincix de la Gaule sous l’Empire romain.
Il faut distinguer les assemblées Tee et les assem-
1..Guiraud, Les assemblées provinciales dans l'Empire -TOMmAin, __ 2. Viollet, Histoire des institutions politiques el administratives de la France, t. I, p. 107.
blées religieuses. Examinons d’abord les assemblées politiques.
César, dans un passage célèbre de ses Commentaires’, nous a retraté l’état de la Gaule au moment où il en fit la conquête. C’est la principale source de nos connaissances sur la constilution de notre pays à cette époque. Dans ce tableau, il ne nous signale ni assemblée générale ni assemblée régionale.
Que conclure de ce silence? N’y avait-il pas d’assemblées communes à une région ou à la Gaule entière? Mais alors qu'est-ce que ces assemblées tenues par les Gaulois indépendants qu’il vise en de nombreux passages? Qu’est-ce que ce concilium Belgarum dont il parle en un endroit?? Qu'est-ce suriout que ces concilia totius Galliæ qu'il mentionne si fréquemment*? Existait-il, au contraire, des assemblées communes de ce genre? Mais alors pourquoi César passe-t-il sous silence dans le tableau général de l’état de la Gaule une instilution si importante?
Pour résoudre ce problème, examinons les divers passages de César où il est question de concilia et, une fois les notions qu’ils contiennent dégagées de la gangue qui peut les envelopper, tâchons de reconnaître à ces membres dispersés l’institulion dont ils nous offrent les débris.
César, comme l’a remarqué M. Ernest Desjardins', men- Uonne plusieurs espèces de concilia. Il mentionne des concilia intérieurs, concilium ordinaire où se délibèrent les affaires domestiques de la civilas, concilium ou assemblée électorale où sont nommés les magistrats. Mais l’élude de ces assemblées rentre dans celle des institutions internes de la civilas, qui est étrangère à notre sujet.
1. De Bello Gallico, VI, 11 et suiv., édit. OEhler (Collection Teubner).