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k. Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, trip 61 |
Il mentionne des concilia communs à plusieurs civitates. Ce sont :
1° le concilium armatum, réunion des guerriers au moment d’une expédition. Ce pouvait être un concilium commun, Car il pouvait comprendre les guerriers de plusieurs civitates rassemblés en vue d’une expédition pour ainsi dire en parlicipation.
2° Le concilium, conférence des officiers pendant la guerre, autrement dit conseil de guerre : ce pouvait être un concilium commun, car les guerriers de plusieurs civitates pouvaient être réunis, et partant le concilium formé d'officiers appartenant à des civitates différentes.
3° Enfin le concilium général de toute la Gaule ou d’une région entière; c’est aux concilia de cette troisième catégorie que doit se borner notre élude; car seuls ils rappellent par cerlains côtés les assemblées provinciales, objet de ce travail.
Mais ici encore il est nécessaire de préciser plus exactement, car toutes les assemblées de célte catégorie ne présentent pas le même caractère. Il y en a deux espèces bien distinctes :
Les unes sont les assemblées où Le peuple agissant directement exerce le pouvoir exéculif ou législatif, élit des chefs ou des magistrals : au lemps de César, la plèbe en fait parlie, mais son admission semble récente. |
Telle est l'assemblée qui confirme le commandement à Vercingétorix?. C’est la seule de ce genre que nous cite César. Aussi peut-on croire avec M. Glasson* que de pareilles réunions étaient extraordinaires et exceptionnelles. Sans doute Strabon nous dit bien que chez les Gaulois le chef militaire était désigné par la foule‘, mais il ne faut voir
1. Fr. Monnier, Vercingéloriæ et l'indépendance gauloise (2° édit., Paris, Didier, 1875, in-12), p. 162.
2. Mullitudinis suffragiis res permattitur : ad unum omnes Vercingeloricem probant imperalorem. (Cæsar, De Bello Gallico, VIE, 63 ) 3. Histoire du droit et des institutions de la France, t. I, p. 101.
. "Eva d’hyeubva fpoûvro xar'éviaurov To Hakabv, de d' AuTws els TORELOV cie no rod move ameôeixvuro crexrnyoc. (Strabo, IV, 1v,3° édit. Teubner.)
in LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES
dans ce passage qu’une allusion à la nomination de Vercingétorix!.
Les autres sont les réunions de principes. Ce sont celles qui se rapprochent le plus des assemblées que nous aurons à étudiér dans le reste de cet ouvrage. Mais ici encore un ‘triage est nécessaire. En effet, sous le nom de concilium principum César confond deux espèces fortdifférentes de réunions.
Les unes sont les assemblées que tenaient les gouverneurs romains dans leurs provinces deux fois par an, au commencement et à la fin de l'hiver. Ces assemblées ne doivent pas nous occuper pour le moment. Nous y reviendrons bientôt en étudiant les assemblées provinciales de la Gaule sous la République romaine.
Les autres sont les assemblées tenues par les principes des civitates indépendantes de la Gaule. Ces assemblées sont elles-mêmes, soit régionales, soit générales.
Comme assemblées régionales, une seule nous est signalée: c’est le concilium que tiennent en 57 les principes des peuples belges’. Cetle assemblée était-elle une assemblée régulière? M. Fustel de Coulanges* ne le pense pas : « Ce concilium, dit-il, est si peu une assemblée régulière, que les PRèmes, qui sont Belges, n’y figurent pas et ne savent que par oui-dire ce qui s’y passe. » La raison ne nous semble pas péremptoire. Les Rèmes, seuls avec les Lingons de tous les peuples de la Belgique, s'étaient dès le premier moment unis à l'ennemi romain, faisant ainsi une sorte de sécession. Et dira-t-on que le Sénat des États-Unis n’était pas régulier, quand dans la salle du Capitole de Washington on voyait vides les sièges des sénateurs des dix États confédérés du Sud? L'absence des Rèmes d’une assemblée de leur région n'indique donc pas nécessairement l’irrégularité de
1. Ernest Desjardins, Géographie historique et-alministrative de la Gaule romaine, t. IL, p. 543.