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Fustel de Coulanges, Histoire des sb politiques de ae

cienne France : l'invasion germanique et la fin de l'Empire, p. 173.

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élaient aussi propriélaires de domaines considérables !. C’étaient les vrais grands seigneurs du temps, et ils avaient dans les affaires de la cité, dans l'établissement de Pimpôt, une influence considérable?. Ce qui, dans l’histoire plus récente, nous en peut donner l'idée, ce sont les derniers seigneurs féodaux du commencement du xvi° siècle, grands propriétaires, hauts fonctionnaires et pairs de France. Ainsi Sidoine Apollinaire, fils et petit-fils de préfets du prétoiré des Gaules, aurait été, d’après quelques auteurs’, membre de l'assemblée des sept provinces.

En général, pleins de scepticisme politique, d’avidité personnelle, raffinant sur les plaisirs de l'esprit, chantant des asclépiades et composant des vers rétrogrades, gourmets de petite poésie, parnassiens du v° siècle, les honorati ne songeaient sous les lames d’or de leurs toitures et dans l’atmosphère attiédie de leurs salles, qu'aux charges de palais, dernier objet de leur ambition‘, et « un chaos élrange de luxe, de mysticisme, de paganisme, de souvenirs lilléraires, de voluptés molles, de christianisme ébauché, de penchants philosophiques *, » remplissait leur vie.

En troisième lieu, dans la liste des membres de l’assemblée d'Arles, viennent les curiales.

Le mot curiales avait deux sens : dans une acceplion étroite

1. Fustel de Coulanges, Histoire des institutions politiques de l'ancienne France : l'invasion germanique et la fin de l'Empire, p. 171. L'alleu et le domaine rural pendant l'époque mérovingienne, p. 35. Les origines du système féodal, p. 235. |

2. Lécrivain, Le sénat romain depuis Dioclétien à Rome et à Constantinople, p. 112 (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, fascicule 52).

8. L'abbé Chaix, Saint Sidoine Apollinaire et son temps, t. I, p. 259. — Baret, Œuvres complètes de Sidoine Apollinaire traduites en français, introduction, p. 8 (Coll. Nisard).

à. Mme de Marcey, Unévéque gallo-romain : saint Sidoine Apollinaire (Correspondant du 10 octobre 1868, p. 136, 139).

5. Philarète Chasles, Des mœurs et de l'organisation de la Société chrétienne du i° au v° siècle (Etudes sur le moyen âge, p. 110).

il désignait les membres des sénats municipaux (cwriales proprement dits), dans une acception plus large il désignait tous ceux qui pouvaient être appelés éventuellement à la curie (subjecti curiæ). M. Guiraud' considère seulement comme curiales, au sens que la constitution de 418 donne à ce mot, les « membres des sénats municipaux ». Mais l'identification que, ainsi qu’il le démontre lui-même’, l'édit d'Honorius établit entre les curiales et les possessores doit faire ici donner à ce mot une signification plus étendue. Dans cette acception large qu’adopte M. Viollet’, les curiales sont, comme les honorati, une classe de la population. Elle comprenait « tous les habitants des villes, soit qu’ils y fussent nés (municipes), soit qu’ils fussent venus s’y établir (incolæ), possédant une propriété foncière de plus de vingt-cinq ar- . pents (jugera) el n’appartenant pas à la classe des privilégiés* ». C’étaient eux qui adminisiraient les affaires du municipe, soit dans la curie, soit dans les magistratures. C'étaient eux qui recouvraient les impôts. Mais en revanche, comme les moujiks actuels du mir russe, ils en étaient solidairement responsables. Ils étaient en quelque sorte les cautions de leurs concitoyens, et leur fonction de percepteurs en faisait, d’après Salvien‘, les rois du pays’. Eux-mêmes d’ailleurs étaient soumis à la plus étroite tyrannie : ils ne pouvaient vendre leurs propriélés sans l’autorisation du gouverneur?. Leurs héritiers étrangers, leurs filles qui se mariaient

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