‹ Les Assemblées Provinciales De La Gaule RomaineChapitre 6 sur 324 · Histoire du droit français au Moyen Age, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire du droit français au Moyen Age, t. I, p

2. Histoire des institutions politiques de l'ancienne France : La Gaule romaine, p. 3.

3. Les institutions el la législation des Gaulois (Revue générale du därovt,'t. IV; p.393; n: 2):

k. Les institutions et la législation des Gaulois, à propos d'une brochure de M. Lefort (Recueil de l’Académie de Législation de Toulouse, t. XXX, p. 91-92).

5. Klimrath, Histoire du droit public et privé de la France, $ 16. -— Travaux sur l'histoire du droit français, t. I, p. 202.

6. Paget, Les institutions ef la législation des Gaulois, à propos d'une brochure de M. Lefort (Recueil de l'Académie de Législation de Toulouse, t. XXX, p. 91-92).

AVANT LA CONQUÊTE ROMAINE. y

régions qu’il découvrait et soumeltait tout ensemble, et d’un autre, d’après une théorie nouvelle de Müllenhoff qu’appuie M. d’Arbois de Jubainville, le tableau moral de la Gaule aurait été emprunté par César à Posidonius'. Or Posidonius écrivait au commencement du premier siècle avant notre ère, mais probablement sur des documents antérieurs. Ses renseignements pouvaient être incomplets ou erronés, el, à supposer qu'ils fussent exacts pour son époque, le mouvement de concentration qui semble s'être opéré en Gaule entre Posidonius el César pouvait avoir abouti à l’institution d’assemblées communes dont César, s’il s’est contenté de copier Posidonius, n’a pu parler.

Aux seconds nous opposerons que rien n'indique la régularité des sessions de cette assemblée; que rien, dans aucun des textes de l’antiquité classique qui renferment quelque notion du vieux pays des Celtes, ne nous aulorise à penser que cette assemblée fût, comme le dit M. Paget, « le cœur de la Gaule ». Loin de là, l'ensemble des renseignements que nous ont transmis les auteurs anciens nous montre au contraire comme unité sociale en Gaule la civitas, ou le canton, seul terme que la langue française nous fournisse pour traduire, sans trop le trahir, le mot latin civitas. Et cette constitution, pour ainsi dire cellulaire, du corps social de la Gaule, conforme d’ailleurs, ce semble, aux idées profondément individualistes du peuple qui l’habitait?, offre trop d’analogie avec celle des autres peuples primitifs, réfractaires comme elle à l’unité de l'Etat”, des républiques grecques comme des municipes de l'antique Italie, pour que nous puissions admettre une hypothèse contraire. Les arguments par lesquels on prélend l’appuyer soht loin d’être

1. Viollet, {listoire des institutions politiques et administratives de la France, t. I, p. 7.

2. Michiels, Histoire des idées littéraires, en France, au xix* siècle, el de leur origine dans les siècles antérieurs, t. I, p. 219.

3. Guizot, Essais sur l'histoire de France (6° édit., Paris, Charpentier, 1844), p. 58..

décisifs. L'existence de confédérations locales prouve que l’alliance de peuplades ayant le même intérêt était connue en Gaule. Mais, quoique ces unions locales indiquent déjà un certain développement politique’, elles n’impliquent nullement l'existence d’une alliance plus étendue et la constitution d’une nationalité. Ainsi Chateaubriand voyageant en Amérique à la fin du siècle dernier y trouve la confédéralion des Creeks, formée des Muscogulges et des Simnotes, tenant des assemblées politiques’, et se rencontre avec Jefferson* pour observer que le fédéralisme était une des formes sociales les plus communément adoptées par les Indiens de l’Amérique septentrionale. Mais c’est une confédération restreinte, comme la Keliba des Kabyles contemporains, qui n’est que l'assemblage de quelques archs ou tribus’, et à la lecture de Chateaubriand il n'apparaît point qu'il existât de confédération plus vaste. Bien plus, en Gaule cette alliance limitée qu’on allègue semble avoir été souvent une association temporaire, et de ces unions restreintes et éphémères on ne saurait conclure à une confédération générale et permanente. L’analogie entre les institutions de la Germanie et de l’Ibérie et celles de la Gaule est problématique. Y eût-il, comme le pensait Strabon, comme le soutient M. de Courson’, ressemblance entre les institutions de la Germanie el celles de la Gaule, l'existence d’une assemblée nationale en Gaule nese trouverait pas pour cela prouvée, Car

1. Letourneau, L'évolution politique dans les diverses races humaines, p. 399.

2. Voyage en Amérique (Œuvres, édit. du Panthéon Littéraire, 2 1L/2p. 06):

3. Cité, Sainte-Croix, Des anciens gouvernements fédératifs et de la législation de la Crète, p. 1 et 2.

&. Letourneau, La sociologie d'après l'ethnographie, p. 518.

Gin AE L'AIR E

6. De l’état des personnes et du vasselage chez les Gaulois (Rev. de Lég. (Revue Wolowski), t. XVIIT, p. 464). — Mémoire sur l'origine des institutions féodales chez les Bretons et ONE les Germains. (1d., t. XXIX, p. 257).

les institutions de l'antique Germanie ne nous sont pas beaucoup plus familières que celles de la Gaule. L'argument se retournerait plutôt contre celui qui l’emploie, car le tableau que Tacite nous présente de la Germanie exclut plutôt qu’il ne suppose l'existence d’un conseil national de tous les peuples germains. Tacite nous montre en effet des tribus dispersées, isolées, non un vaste État fédératif. Il nous parle bien du lieu où se réunissent les députés des diverses tribus qui reconnaissent la domination des Suèves!, ce qui suppose l'existence d’un État fédératif? où les Suèves ont l’hégémonie, mais nous avons vu des fédérations analogues en Gaule, et elles n’impliquent nullement l'existence d’une fédération plus générale. Plus tard sans doute, au moment de l’invasion, les bandes s’agrégeront pour faire la conquête des Gaules, mais il y a chez ce peuple si peu de tendances unitaires, que même alors elles formeront des corps indépendants, isolés, agissant chacun pour soi-même, et non une armée unique’. La similitude entre les inslitutions de la Gaule et de l’Ibérie est encore plus douteuse, car les Tbères semblent d’une autre souche ethnique que les Gaulois et les Germains. Fût-elle démontrée, elle irait contre la conclusion que M. Paget prétend en tirer, car l’Ibérie était habitée par des tribus sauvages qui, loin de s'unir entre elles, se faisaient au contraire une guerre continuelle‘, et M. Letourneau* oppose précisément l’ordre dispersé des tribus ibériques au commencement de formation en bataillon des tribus gauloises,

Ces deux opinions nous semblent donc excessives. Un fait est certain : César nous montre à trois reprises en action un concilium totius Galliæ composé de principes. = De ces trois concilia les deux derniers ne sauraient don-

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