LES OUVRIERS EN UMSS
n L'Association des ouvriers en limea est fondée sur le principe de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Ë9 conséquence, et pour établir une société perpétuelle, I'obdrb pibf^i^t devra toujours régner dans la liberté, la justice la plus intègre dans Yégalité, la plus cordiale affegxion dans notre fraternité réciproque. »
Ces mots que nous copions dans un acte cpnçu, délibéré et voté par les ouvriers, caractérise tout d'abord l'association que nous allons faire connaître; ils donnent la mesure de l'estime et de la sympathie qu'elle mérite à tous égards. C'est le préambule d'un règlement d'atelier consigné sur un tableau et suspendu dans les divers ateliers de l'établissemeat.
La fabrication des limes donne lieu à un oijOuvement commercial qui flotte, assure-t-on, entre 10 et il millions; eUe occupe deux à trois mille ouvriers répartis entre les principales villes industrieUes. A Paris, où Ton compte cinq à six grandes maisons et une cinquantaine de petits patrons, travaillant de leurs niiains avec un ou deux ouvri^çrs ou apprentis pour auxiliaires,, le nombre total des ouvriers s'élève k deux cents au plus. Cette profession n'est pas exposée aux chômages périodiqijies. Elle s'anime ou se ralentit selon l'activité plus ou moins, grande des autres métiers, auxquels elle fournit un des plus utiles instruments. Le salaire offert par les patrons n'a pas varié depuis longtemps; il est de 4 fr. à 4 fr. 50 pour ceux qui sont employés à la journée. Ceux qui travaillent aux pièces, comme c'est l'ordinaire, réalisent en moyeo^ une vingtaine de francs par semaine.
L'idée qui fermentait au sein de la corporation était moins cell^ d'augmenter les salaires que d'obtenir cette indépendance, cette sorte de réhabilitation intellectuelle et morale qui doivent relever le salarié au niveau des autres citoyens. Plusieurs projets conçus sous cette inspiration étaient agités depuis longtemps entre les ou-