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Trier», bommes de tête et de cœur, lorsque intervint la loi du Sjuilkt 184S en faveur des associations ouvrières. Quatorze tra* vailleurs, réunissant entre eux la somme de 2,280 francs en maté* fiel et à pea près 500 francs en argent, posèrent les bases d'une société qui fut constituée, dès le 28 août, sous le titre A' Association fraternelle des ouvriers en Urnes. Cette société obtint presque aussitôt une subvention de 40,000 francs, qui lui furent versés en deux fois et par moitié, le 27 novembre et le 31 janvier suivants.
Une des premières difQcultés que rencontrent les associations est d'assurer des débouchés à leurs produits : cette difficulté est trèsgrande dans les professions en rapport avec les classes privilégiées et exposées à des antipathies ou des hostilités systématiques. A cet égard les fabricants de limes étaient encore favorisés. Travaillant pour les ouvriers des autres métiers, ils avaient une clientèle na4u-^ rellement sympthique, et suffisante, au pis-aller, pour alin^nter un commerce d'assortiment. Après deux mois consacrés wasL travaux d'installation, et pendant lesquels les fondateurs firent le sacrifice de leur temps, on ouvrit l'atelier aux acheteurs. La vente au détail et le retaUlage des limes permirent d'effectuer,, pour k première quinzaine de décembre, une première paye de vingt et quelques francs par sociétaire. La bonne qualité des produits^ constatée par une médaille d'honneur obtenue à l'exposition de I'îadustrie nationale en 1849', mit la maison en bonne renommée. La vente sur place prit une activité rematquaUe, et on commença à expédier pour les départements.
La preuve du succès est l'augmentation progresmve du nombre des sociétaires et des supplémentaires, c'est-à-dire des travailleurs non associés. Quoique l'admission des nouveaux membres soit efEeo tuée, dans cette association, avec, une remarqmble prudence,, et entourée de beaucoup de garantie, on comptait 17 sociétaires» et 13 supplémentaires à» la fin de 1849^ il y a deux mois eaviroo, le nombre des premiers s'élevait à 23, et celui des seconds à iO^ao* tuellement, en raison d'une grande afi'aire récemment conclue' et dont nous parlerons plus loin, la société est dans une phase de croissance dont on ne peut encore entrevoir les limites. Elie-conflp^ tait il y a peu de temps 42 membres associés et supplémentaires, et ce. nombre devait être augmenté dès qu'on aurait rentpl^eement et les moyens d'installation matérielle.
Be même que, dans le monde, les individus se présentent» apviee des traits communs à tous les hommes et des carajctères^pdi^iiouv
liersqui les diversifient, les associations, personnes collectives/ se ressemblent toutes par le principe et le but, mais sont caractérisées par les qualités prédominantes qu'elles doivent sans doute aux instincts ou aux tendances de leurs fondateurs. Ce qui nous a frappé chez les ouvriers en limes, c'est la sagacité administrative et commerciale. A ce point de vue, leur association mérite d'être soigneusement étudiée.
L'association est constituée pour trente ans, sous forme de société en nom collectif. L'apport des sociétaires est limité à une valeur de 300 fr., qu'on peut fournir en argent ou en outils. L'admission des sociétaires est précédée d'une enquête sur la moralité et l'aptitude des candidats.
Un des principaux arguments de ceux qui ne parlent des associations que pour médire, est celui-ci : Les groupes associés, n'admettant pas indifféremment tous ceux qui se présentent, employant des travailleurs payés à la journée, sont, à l'égard de ceux-ci, dans les mêmes rapports que les patrons ordinaires.
Rien de plus injuste que le reproche d'égoïsme formulé à cette occasion. Exposées à un rude antagonisme, les associations savent que la principale condition d'existence pour elles est le rapide écoulement de leurs produits : elles ne peuvent augmenter leur personnel qu'à mesure que leurs débouchés s'élargissent. Les auxiliaires qu'elles appellent dans les jours de presse ne sont définitivement admis que lorsqu'il y a certitude de les utiliser constamment. Toutefois, entre les associations et le vieux monde industriel, la différence est radicale.
Un entrepreneur qui appelle des salariés, les paie le moins possible, et gagne sur eux autant qu'il peut. Une association fait participer les auxiliaires qu'elle s'adjoint à tous ses bénéfices, et les paie souvent plus qu'elle n'adjuge à ses membres. Par exemple, chez les ouvriers en limes, les supplémentaires reçoivent, indépendamment de leur salaire, suivant les tarife communs, un dividende dans les bénéfices, proportionné au temps qu'ils ont donné à l'association, lis ne sont pas exposés aux retenues que subissent les sociétaires pour créer un fonds social. Le sociétaire ne peut retirer, au maximum, que 45 fr. par quinzaine, et doit laisser à la masse le surplus de ce qu'il a gagné. Le supplémentaire touche tout ce qu'il gagne. Nous remarquons, dans le bordereau d'une des dernières payes, un supplémentaire qui reçoit 56 fr. 90 c, tandis que le gérant ne retire que 45 f r. sur 50 fr. 85 c. qu'il a gagnés. Certains ouvriers
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préfèrent la condition du supplémentaire à celle du sociétaire. Tout est donc libre et équitable dans cet arrangement : aucune atteinte n'est portée au principe de la fraternité, âme de l'association.
Dans le règlement des salaires, on tient compte de Fbabileté et du temps. Dans la distribution du travail, on équilibre, autant que possible, les chances bonnes et mauvaises. Les bénéfices doivent être partagés, dans la proportion de 40 pour 100, au prorata des salaires. Us sont constatés par un inventaire provisoire dressé le premier dimanche de chaque mois, et par un inventaire général fait, en fin d'année, par une commission spéciale de trois membres.
A propos des bénéfices, nous remarquons dans les statuts une clause tout à fait déraisonnable. Elle n'est pas du fait des ouvriers; elle leur a été imposée par le gouvernement, dont ils recevaient les subsides. Les bénéfices, dit-on, doivent être partagés de la manière suivante: 40 pour iOO à répartir entre les cointéressés, 50 pour 100 au compte du fonds de réserve, et 10 pour 100 à un certain compte de retenue indivisible, qui, dit-on, n'appartient plus aux sociétaires, ne peut jamais donner lieu à un partage, et doit être appliqué, en cas de dissolution, à d'autres associations ou à des établissements de bienfaisance. A ce compte, si la société réalisait 10,000 fr. de bénéfice net (ce qui nç tardera peut-être pas à avoir lieu), il y aurait à payer 375 fr. pour l'intérêt des 10,000 fr. dus à l'État et à immobiliser 1,000 fr. pour la retenue indivisible; de sorte que la subvention reçue par les ouvriers leur coûterait, en réalité, près de 14 pour 100. Quand le fonds indivisible s'élèvera à 10,000 fr., les associés auront en main un capital égal à la somme empruntée par eux, sans qu'il leur soit permis de payer leurs dettes. Nous engageons le gouvernement à revenir sur cette clause barbare et injustifiable.
Quoique le travail soit, autant que possible, payé aux pièces, on exige 12 journées de travail dans la quinzaine et 99 heures pour les 12 jours: c'est un minimiim d'un peu plus de 8 heures de présence par journée; cependant, on peut travailler pendant 11 heures, ce qui est le maximum. Celui qui fournit moins que le temps exigé sans excuse valable, est passible d'une réprimande exprimée dans un ordre du jour affiché dans les ateliers, et il pourrait être exclu après trois contraventions. On a abaissé à 8 heures le minimum exigible, sur la demande de quelques sociétaires qui ont voulu se réserver le temps de s'instruire.
On a su combiner, de la manière la plus ingénieuse, les intérêts
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edlectife avec rindépendance indiTidueUe. On élude les obsenra** tions d'homme à homme, qui pourraient devenir blessantes â elles prenaient un accent de reproche. Une ardoise est suspendue dans râtelier, afin que chaque travailleur, sociétaire ou supi^émentaire, inscrive à côté de son nom l'heure de son arrivée et celle du départ. Les absences de moins d'une heure ne sont pas comptées. Char que soir, le teneur de livres fait le relevé des heures de prés^oe et en crédite le compte de chacun. Aucune erreur, aucune contestation n'est posnble : cette formalité suffit pour stimuler les retar«dataires.
Un ou plusieurs ouvriers, selon l'effectif des ateliers, sont spécialement chargés de la surveillance en ce qui concerne la bonne confection des travaux et la conservation du matériel. Le chef d'atelier a droit de refuser ou de faire réparer les pièces qui ne lui paraissent pas recevables : en cas de difficulté, on a recours au conseil d'administration. Pour la liberté et l'impartialité des juges, le nom de l'ouvrier qui est en cause reste inconnu jusque après décision.
Chaque soir, le gérant, assisté par un adjoint qu'il désigne, reçoit les pièces confectionnées dans la journée; tous les huit jours, il ré^ sume ses observations dans un rapport.
Le pouvoir directorial est délégué, par l'assemblée générale des sociétaires, à un conseil d'administration, composé de sept membres et renouvelé par moitié d'année en année. Le conseil, dont les fonctions ne sont pas rétribuées, se réunit aussi souvent que les affaires l'exigent, et au minimum, une fois par semaine. Il statue sur les achats, ventes, locations, marchés à passer, travaux à entreprendre. H nomme le caissier et le teneur de livres, qui sont sociétaires ; il appelle ou congédié les ouvriers supplémentaires; il propose le gérant au choix de l'assemblée générale et provoque, s'il y a lieu, sa révocation.
' Le gérant, qui représente le pouvoir exécutif, et, à ce titre, a la signature commerciale, est nommé pour un temps illimité. Nous oMstaterons ici un singulier phénomène dont les sociétés politiques poutraient faire leur profit : c'est que la stabilité réelle du pouvoir est en raison inverse de sa mobilité apparente. Aux termes des statuts, le gérant des ouvriers pourrait être révoqué du jour au lende* main. Dans la réalité, la gérance n'a pas changé une seule fois depuis l'origine ; elle est encore occupée par celui qui a été le print^ipal promoteur de l'entreprise. Et pourquoi sa fonction serait-elle
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enviée? Une seule chose le distingue de ses coassoeiés'> c'est nnè responsabilité ploft lourde. Ses coassociés, justes appréciateurs de um zèle et de ses services, ont décidé spontanément que sa rétritmtion serait élevée de 4 à >5 fr. par jour^ et il s'est refusé à cette oflihe josqu'à ce que Taisance régnât dans la société.
Gomment des entreprises conduites par de tels hommes ne réusôraient-elles pas?
Les sociétaires assemblés, c'est le peuple souverain. Les assemblées générales ont lieu tous les trois mois, à moins qu'une circonstances imprévue ne provoque une réunion extraordinaire. Au jour prescrit, les forges sont éteintes, les outils sont rangés, l'atelier est aettoyé coquettement. Les tabourets de travail sont disposés autour d'une longue rangée d'établis auxquels restent axés les étaux. Au centre, une estrade avec un fauteuil et quelques chaises est destinée aux membres du bureau. Arrivent les sociétaires, en tenue décente et quelquefois recherchée. Chacun prend siège autour de l'établi transformé en table du conseil. Ces ouvriers délibérant^ accoudés sur leurs étaux, ne rappellent-ils pas ces guerriers de la Germanie et de la Gaule, ces maîtres futurs du monde moderne, qui délibéraient la main sur leurs armes?
Le Règlement des séances, pièce longuement méditée, pourrait suggérer des idées utiles à plus d'une assemblée officielle. Aussi les ouvriers n'en parient-ils pas sans laisser percer une petite pointe d'orgueil.
Le bureau provisoire, composé d'un président, d'un vice-président et d'un secrétaire, nommés dans la précédente session, est d'abord remplacé par le bureau définitif* élu pour trois mois, au scrutin de liste. Les membres sortants étant indéfiniment rééligibles, ^nt souvent conservés. Après lecture du procès-verbal de la dernière séance» et après communication de toutes les pièces ou renseignements d'un intérêt général, on passe à l'ordre du jour.
Pour prévenir un débat oiseux, on exige que les propositions ou interpellations soient formulées par écrit et lues par le président. Si rassemblée décide qu'il y a lieu à la prise en considération, on nomme, au scrutin, une commission [qui a charge d'étudier l'idée nouvelle» dans l'intervalle d'une réunion à l'autre. L'auteur de la proposition a droit d'assister aux séances de cette commission, mais non pas d'en faire partie. Les rapports sur lesquels le débat doit s^engager sont affichés dans les ateliers deux jours à l'avance.
Si le règlement est fidèlement appliqué, l'ordre le plus sévère
doit régner dans la discussion. Personne ne peut parler qu'après avoir demandé la parole au président^ et lavoir obtenue. L'orateur rappelé deux fois à la question dans un même discours peut être privé de la parole pour le reste de la séance. Mais, en conférant au président un pouvoir discrétionnaire sur l'assemblée, on craint qu'il n'en abuse pour fausser la sincérité des délibérations. L'article 51 du même règlement est ainsi conçu : « Les dispositions disciplinaires des articles précédents s'appliquent de droit au président qui abuserait de ses prérogatives par un rappel à l'ordre injuste, par un rappel à la question empreint de partialité. ».
La présence des deux tiers des associés est nécessaire pour la validité des discussions. On vote, selon l'importance des affaires, par assis et levé, au scrutin de division ou au scrutin secret. Les admissions et exclusions de sociétaires ont toujours lieu au scrutin secret. L'exclusion ne peut être prononcée qu'à la majorité des deux tiers . Les résultats ou les incidents des séances sont consignés dans des procès-verbaux rédigés par le secrétaire et signés par les autres membres du bureau. Ces pièces que l'on conserve formeront plus tard les archives de l'association.
Si compliqués que soient ces ressorts administratifs, ils marchent avec une précision remarquable. Voyons maintenant quels sont les résultats de cette organisation, quels changements ils apportent dans le sort matériel, dans les tendances morales des travailleurs.
L'association des ouvriers en limes, formée, comme nous l'avons dit, entre quatorze personnes qui possédaient 2,780 francs, en occupe actuellement quarante-deux, et elle prend des dispositions pour élargir ses bases. Elle a présentement deux comptoirs pour . la vente (i), et elle aura bientôt quatre ateliers. Elle paye 1,800 fr. de loyer et 200 fr. de contributions. Elle était déjà la première maison par le nombre des ouvriers qu'elle occupe. Depuis quelque temps, un savant distingué lui ayant confié l'exploitation d'un procédé de fabrication pour lequel il a pris brevet en France et en Angleterre, ses affaires tendent à un accroissement qu'il n'est pas encore possible de calculer.
On a distribué l'année dernière environ 40,000 fr. en salaires, indépendamment des sommes laissées à la masse pour le fonds social et pour le fonds de retenue. Les salaires, combinés avec la part dans les bénéfices qui n'est pas immédiatement soldée, excèdent
(1) Maison principale, rue Phelippeaux-St-Nicolas, 97, passage de la Marmite, et succursale, rue Saint-Nicolas-St-Autoine, 13.
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déjà d'un cinquième la moyenne da.gain ordinaire. -Le roulement des affaires s'est élevé à une soixantaine de mille francs, sur lesquels un bénéfice net de U à 15 OiO a dû être réalisé.
La société, qui a commencé, comme toutes les autres, au milieu des préyentions et de la défiance, a maintenant des crédits ouverts, pour l'achat des aciers, dans les premières usines de France. Un assez fort capital lui était nécessaire pour tirer bon paili du brevet dont l'exploitation lui est confiée : elle s'est décidée à emprunter 50,000 francs, en accordant un intérêt de 5 OiO et une part dans les bénéfices de l'exploitation à laquelle le brevet donne lieu. Cet ar-^ rangement, pour lequel les ouvriers ont fait violence à leurs préjugés, est un fait très-important à signaler. Sous les leçons de l'expérience, voilà le travail qui se place de lui-même dans les relations les plus normales avec le capital. C'est, à nos yeux, un premier pacte de réconciliation. Les capitalistes qui ouvrent leur bourse aux ouvriers reconnaîtront bientôt qu'ils ont fait une excellente aflfaire. Les ouvriers, en mesure de donner à leur établissement une large extension, verront doubler leurs revenus, et, grâce aux capitaux auxiliaires, deviendront à leur tour, et en peu de temps, des capitalistes indépendants. L'égoïsme n'est pour rien dans cette innovation. Les admissions des sociétaires se succéderont dans la mesure du succès. On parle déjà d'ouvrir des succursales dans les départements.
On le concevra sans peine, l'habitude de réfléchir et de discuter sur les aflàires commerciales ou sur les intérêts moraux de la famille associée y entretient, à un degré remarquable, l'activité de Tesprit et la chaleur de l'âme.
Dans les principes de la société, il serait indigne de spéculer sur la faiblesse et l'ignorance. L'apprentissage sera donc gratuit ; il est considéré par les adultes comme le payement d'une dette contractée par eux pendant leur jeune âge. L'apprentissage doit être de trois ans : l'élève ne gagnera rien la première année 5 il recevra, la seconde année, moitié, et la troisième, deux tiers du salaire ordinaire. Il aura, de plus, sa part dans les bénéfices sociaux comme les adultes, dans ces mêmes proportions de la moitié ou des deux tiers. La société prend sur le temps de travail que lui doit l'apprenti pour l'envoyer en classe, si son éducation est insuffisante : elle exige du père qu'il ne mette pas obstacle à cet arrangement ; c'est la seule limite qu'elle oppose à l'autorité paternelle. Aucune règle n'a encore été posée quant aux secours mutuels.
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On s'est contenté provisoirement d'allouer aux malades un subside de i fr. Su par Jour.
Le respect réciproque qu'ont les associés pour leur qualité de citoyens a introduit naturellement entre eui une discipline parfaite. L'article IS du règlement d'atelier est ainsi conçu : <x Les chefs d'ateliers veilleront à ce que les ouvriers qui se trouveraient en état d'iwesse ne continuassent pas leurs travaux, et surtout ne restassent pas dans l'atelier, s'ils étaient susceptibles d'y troubler Fordf». B Cet article du règlement n'a été appliqué qu'une seule fois depuis plus de deux ans.
« Tout associé qui se serait porté à des menaces avec voies de fait sur n'importe quel camarade, serait immédiatement renvoyé (art. 13). »
La société veille à ce que sa bonne renommée de loyauté ne puisse pas être ternie, même indirectement, par un «eul de ses membres : elle ne peut pas se rendre responsable des dettes des sociétaires, niais elle les garantit moralement et aviserait à ce qtae les créanciers fussent payés s'il y avait réclamation.
Dans un groupe d'individus où existait la rudesse ordinaire à ceux qni sont voués à ces travaux pénibles^ on a vu s'introduire peu à peu la politesse des formes et du langage?. Presque tous les ouvriers font en sorte d'avoir deux costumes. Après le travail^ la blouse noircie est remplacée par une tenue soignée. Le travail, avions-nous dit, a été limité à huit heures, afin que les hommes ignorants (quelques-uns ne savaient pas lire) ne restassent pas audessous de leurs collègues. Aujourd'hui, il y a dans la société des ouvriers instruits; il n'y en a plus qui nesachent lire, éorire et calculer. Une sorte de point d'honneur règne parmi eux , c'est de connaître l'histoire de France.
Pour tout dire dans un dernier mot, l'association des ouvriers en limes est une de celles où l'on sent le mieux que la société industrielle a besoin d'un grand exemple. Il est impossible de visiter cette laborieuse famille sans rester convaincu que l'association est la plus énergique et la plus efficace des tentatives faites jusqu'à ce jour pour l'affranchissement intellectuel et civique des travailleurs.
vu.