PARIS
AU BURfiAU DU NATIONAL, rue SAINT-GEORGES. 15.
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Paris. — Imirimerie Gerdto, me St.oGenn/4le»-Pré8, U.
Les articles qui composent cette brochure ont été publiés en grande partie dans les colonnes du National: nous croyons utile de les reproduire avec les additions et changements nécessaires pour offrir un tableau plus complet et des résultats plus récents.
Préparé depuis longtemps^ le mouvement social que nous signalons a été déterminé par la révolution de février; il est uirdes faits les plus caractéristiques et les plus considérables de ce temps-ci; il est devenu un sujet de préoccupation et d'étude pour tous les hommes réfléchis, même parmi nos adversaires habituels.
Nous voudrions pouvoir conquérir aux associations ouvrières l'appui de l'opinion publique et l'aide fraternelle des républicains, parce qu'elles réalisent un premier progrès dans l'inévitable évolution qui doit transformer les rapports du capital et du travail. ^>
On a longtemps reproché aux personnes qui dirigent la politique du National de ne pas se préoccuper suffisamment des questions sociales. Nous n'avons jamais compris ce reproche. Dans notre esprit, les réformes politiques sont comme l'instrument des réformes sociales. Nous ne concevons pas qu'on puisse s'occuper des formes politiques sans viser à un but, pas plus que nous ne concevons que l'on aspire au but sans songer aux voies qui y conduisent. Dire que des hommes politiques ne pensent pas aux questions sociales^ c'est les accuser de travailler sans but; de même que, supposer les socialistes indifférents aux transformations politiques, ce serait les croire capables de se passionner pour un idéal sans s'inquiéter de sa réalisation. Les premiers seraient des brouillons, les autres des songe-creux.
Ceux qui savent comment le progrès s'accomplit au sein des sociétés ne séparent jamais le but des moyens. Ils luttent sans relâche pour faire passer dans les institutions et dans les lois les améliorations que l'expérience a démontrées praticables et que lia conscience publique a acceptées.
Telle est la tâche que nous impose aujourd'hui le développement des associations ouvrières : cette tâche, nous l'avons accomplie avec le plus cordial empressement.
Dès que nous avons vu des ouvriei-s se réunir pour se soustraire à une exploitation souvent oppressive, s'appliquer sans bruit, au prix d'efforts et de souffrances inouïes, à résoudre pratiquement la plus grande des questions sociales, celle qui renferme toutes les autres, la question des salaires; dès que nous avons pu constater des résultats encourageants, nous nous sommes fait un devoir de suivre les mouvements des associations et d'en vulgariser le mécanisme. Nous avons chargé tout spécialement de cette étude l'un de nos collaborateurs connu pour l'exactitude et la consciencieuse application qu'il apporte dans ses travaux. Les articles que nous
réimprimons aujourd'hui, en initiant le public aux luttes et aux victoires des laborieux novateurs , ont dissipé bien des préventions et rendu l'espérance à ceux qui désirent sincèrement le progrès pacifique.
Nous tenons à constater, en tête de l'écrit que nous pu-blions, que les institutions républicaines seules ont facilité ce premier pas vers l'affranchissement du travailleur.
Pendant les vingt années du dernier règne, les sectaires du socialisme répudiaient les républicains, qu'ils appelaient de stériles révolutionnaires; quel progrès social ont-ils accompli durant cette période monarchique?
La république est proclamée, et aussitôt cette constitution républicaine, si longtemps dédaignée, permet de commencer l'œuvre de l'amélioration sociale> amélioration lente, douloureuse, parce que le pouvoir est aux mains des ennemis de la République. Mais cependant, par le fait seul de la forme du gouvernement, ces essais de transformation que la monarchie n'eût pas tolérés sont aujourd'hui respectés par les monarchistes eux-mêmes. C'est que, sous un gouverneiîûent républicain, si déplorables qu'en soient les agents, il y a certains outrages au droit que n'auraient pu commettre les plus audacieux contempteurs du droit.
C'est donc à la République que les travailleurs doivent la fondation des associations : ils le savent, aussi sont- ils les plus dévoués défenseurs de cette forme de gouvernement, sans laquelle il ne pourrait y avoir de démocratie ni de progrès social .
Ë. Gaylus.
Directeur du National.