‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 112 sur 119 · Procès-verbaux. Beaudouin, t. LXXIII, p · texte numérisé non relu

Procès-verbaux. Beaudouin, t. LXXIII, p

lois ne furent pas assez fortes pour abolir complètement les associations ouvrières. Nous voyons jusqu'au 22 septembre, terme que nous avons choisi pour cette étude, l'assemblée tourmentée par les révoltes continuelles d'ouvriers. Le 16 juin 1791, elle se préoccupe des ouvriers entassés dans les ateliers de charité *. Sur les 31,000 qui y sont, il n'y a peut-être pas 3,000 parisiens. Presque tous sont des gens de province qui n'ont pas trouvé de travail chez eux ; on les voit à Paris parce qu'ils ont su qu'ils obtiendraient du travail ou plutôt de l'argent sans travail, car ils ne font presque rien. Le président Boissy d'Anglas déclare que tout le monde est d'accord sur leur licenciement. A la fin de ce même mois, Regnault d'Épercy présente un rapport sur une pétition des ouvriers employés aux travaux publics de Paris. On leur a distribué 8,360 francs et ils réclament un paiement complet. Aussi l'assemblée cherche-t-elle à isoler les ouvriers et surtout à ne pas leur donner les moyens de troubler l'ordre. On accueille par des murmures une proposition de Vernier demandant, à la suite de la fuite du roi, qu'il soit ordonné aux manufactures de travailler sans relâche à la fabrication de lances pour armer le peuple. Bailly signale avec empressement au major-général de Gouvion qu'on rencontre des soldats buvant en compagnie des ouvriers ^ Il y a là un danger qu'il faut prévoir.

Richer de Serizy arrête Pierre Toutin, maître de mathématiques qui faisait des motions incendiaires dans un groupe d'ouvriers rassemblés au Palais Royal, disant ouvertement que « Louis XVI était un imbécile ou un scélérat qu'il fallait lui faire son procès ou le destituer ^ » . Quelques jours après, c'est le tour d'un ouvrier tabletier échauffé par la boisson qui faisait des motions incendiaires au Palais Royal, « s'écriant : nous sommes

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