‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 65 sur 119 · Préfecture de police. Fonds Lamoignon, t. 27, fol · texte numérisé non relu

Préfecture de police. Fonds Lamoignon, t. 27, fol

Les quatre jurés mardchaux demandent que les nommés Breton et Picard 'garçons maréchaux soient arrêtés; ils exposent que ces deux garçons sont les auteurs d'une « caballe qui s'est formée depuis trois ou quatre mois pour forger des fers de gageures dans des lieux particuliers où ils s'assemblent souvent au nombre de trente ou quarante.

« Qu'ensuitte ils vont boire se battent à outrance et sont quinze jours et plus à retourner chez les maîtres au préjudice du service publiq.

« J'ay vu un de ces fers qui fait la matière de la contestation et soulève toute la communauté je pense que pour l'exemple il convient de faire arrester les nommés Breton et Picard '. »

Tous les maîtres ne sont pas aussi hostiles aux compagnonnages que les maîtres et jurés des maréchaux de Paris; les chapeliers acceptent que leurs ouvriers « agissent en nom collectif et donnent une requête présentée par quatre ou cinq d'entre eux, afin d'établir les bases d'une ordonnance sur les salaires " ». On reproche aux entrepreneurs de la manufacture de tapisseries d'Aubusson de payer aux ouvriers des sommes proportionnées à leurs talents ce qui a fait un grand tort au service du Roi aux Gobelins ^ Ce sont encore des plaintes incessantes tant à Paris qu'en Province de maîtres qui accusent leurs collègues de faire cause commune avec les compagnons.

Certains maîtres ne s'adressent qu'au rouleur pour obtenir de bons ouvriers; tel Pinault marchand vitrier de Nevers, qui envoie la lettre suivante à Tourangeau compagnon résidant à Orléans :

« Monsieur, je vous écris cette lettre pOur vous faire savoir que le compagnon que vous m'avez envoyé n'est plus chez moi, je lui ai montré la lettre que vous m'avez écrite au

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