‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 64 sur 119 · I. Arch. municipales de Dijon. G · texte numérisé non relu

I. Arch. municipales de Dijon. G

vants sur le rôle avec plume et ancre à faute de cela payer ont la somme de dix sols ' » .

Le rouleur conduit le nouveau venu auprès du premier compagnon qni seul a qualité pour autoriser l'entrée dans telle ou telle boutique. Pierre la Marche, serrurier de Bordeaux, devra une amende de deux livres pour « avoir embauché un aspirant sans la permission du premier compagnon », et Antoine Gévaudan pour ne pas « avoir averti le premier compagnon qu'il était rouleur ». Le compagnon qu'on embauche est tenu de payer certains droits ^ Il

1. Règlement des menuisiers de Màcon publié par M. Levasseur. Mémoires et procès-verbaux de l'académie des sciences morales et politiques, année 1899. Voici en outre la table des arrivants des compagnons serruriers de Bordeaux.

Table d'arrivants du 9 octobre de l'année 1757 jusqu'à la fête des rois de l'année 1758.

Pierre le Maçonnais Pierre l'Angevin.

doit pour son arrivée 1 1. Joseph le Dauphiné.

de levée de sac 0 10 s. Joachira le Lionnais.

de place perdue. Pierre la Marche.

Etienne le Bourguignon Jacques le Guiépin.

doit pour son arrivée 1 i. François le Tourangeau.

de levée de sac 0 10 s. François le Toulousin.

de place perdue. Antoine le Picard.

Etienne le Flamant Henry le Sellestat.

id. Laurent l'Angevin

Charles le Nantais pour se faire finy 5 1.

id. François le Prémontet.

et d'apaisance de ville .3 1. Joseph l'Angevin.

Jean le Languedoc. Arch. de la Gironde, C 3708.

2. Le rôleur prendra deux livres d'embauchage, il retiendra dix sols pour la boite et les trente sols restant seront pour payer la dépense de l'arrivant et du rouleur. S'il se monte davantage des trente sols le rouleur sera tenu de payer sa part du surplus.

Pour chaque changement le rouleur retiendra 5 sols pour la boîte.

Après que le rôleur aura mis son arrivant à son établit il remettra le rôle à son ensuivant, faute de cela faire, payera dix sols.

Il sera donné par la boëte à celui qui fera le rôle, dix sols et deux sols de chaque assistant (Règlement des comi)agnons de Màcon).

Voici le tableau d'embauchage — du 9 octobre 1757 à la fête des Rois de l'année 1758 — des serruriers de Bordeaux.

Antoine le Picard doit quatre embauchages 61.

Jacques le Guépin doit un — 1 10 s.

François le Toulousain — — 1 10

Pierre le Poitevin — . — 1 10

va ensuite avec le roiileur « saluer les boutiques » c'est-àdire saluer les compagnons qui sont déjà dans l'atelier où il se présente. Le compagnon qui veut seulement changer de boutique ne saurait le faire sans le consentement du rouleur.

S'il y a quelque compagnon qui s'embauche ou change de boutique sans le consentement du rouleur payera la somme de dix sols.

Antoine Issoudun, serrurier de Bordeaux, pour avoir (( embauché tout seul » paiera une livre. De môme un compagnon ne peut pas battre aux champs c'est-à-dire quitter son maître sans le consentement du premier compagnon. Jean-Pierre le Comtois, serrurier de Bordeaux, doit deux livres d'amende pour l'avoir fait.

Les compagnons comprennent toute l'importance de cette question du placement; en voici une preuve. En 1765, les vanniers d'Orléans rédigent un règlement ' ; or il n'y

François le Limousin — —

François le Tourangeau — —

Joachim le Lionnais doit deux —

François le Limousin — —

Charles le Nantais — —

Jean le Languedoc doit six —

Laurent le Baionnais doit quatre —

Table de changement de Boutique, depuis la fête des rois jusqu'à la fête de saint Pierre 1760.

Jean-Pierre le Comtois 5 sols François le Champagne 10 sols

Jean Montpellier — Jean-Baptiste le Champagne 5 »

Joseph l'Avignon — Pierre le Comtois —

Laurent le Beauceron — François le Gatinais ^

Habraham le Saintonge — François l'Angevin —

Etienne le Montpellier — Jean-Louis le Quercy —

Julien le Nantais — Habraham le Saintonge —

Jean-Pierre l'Angevin — Arch. de la Gironde, C 3708.

Antoine le Picard —

1. Cahier de 38 pages (in-4o). « Règlement des compagnons vanniers ce seize janvier 1765, à Orléans. » Arch. dép., série B. 1988.

« L'an mil sept cent soixante et cinq. Nous tous, compagnons assemblés, avons d'un commun accord trouvé à propos de tenir les clauses et conditions limitées ci-dessous. Savoir :

Que tous compagnons qui seront instants dans Orléans seront tenus de

est guère question que de leur placement et des devoirs d'un chacun pour fournir du travail aux camarades.

On remarque aussi des dispositions destinées à assurer la bonne gestion des finances et une honorable conduite delà part des compagnons. L'association compagnonnique eut toujours en effet le souci de sauvegarder la dignité des

recevoir les compagnons arrivant dans cette ville à leurs frais (dépens) et de les embauchera leur volonté. A ces causes, les compagnons arrivant seront contraints en arrivant de venir saluer les boutiques et les compagnons qui y seront instant, et, ce faisant, ils seront obligés de les envoyer ou de les mener au compagnon rouleur qui sera élu par eux. Et ledit compagnon rouleur l'embauchera.

Et les dépens qu'ils feront chez la mère, nous en répondrons, faisant foi et profession do jolis compagnons. A ce faire, tous compagnons qui auront été embauchés par lesdits compagnons instant seront tenus et obligés à trois livres de réception après huit jours d'embauchage ou quinze au plus tard, selon leur choix.

Et, par conséquent, nous ensemble maintenant instant à Orléans, faisons défense à tous compagnons de s'embaucher eux-mêmes sous peine de subir la peine ordonnée par notre ancien Tourangeau et notre parisien surnommé Divertissant, ainsi que tous les autres suivants qui sont : Saumurois, Bien-Aimé, Chartrain, Blois, Bourguignon surnommé le Millord, Langevin ainsi surnommé Mangeur de scorpion (?) et Picard dit La Bonté et Bordelais surnommé La Jeunesse, de déguerpir de la ville.

Nous obligeons par cet acte les maîtres de ne recevoir aucun compagnon, de ne recevoir dans leurs boutiques aucun arrivant sans le consentement desdits compagnons instant à peine que la boutique soit défendue. Par ainsi, tous compagnons qui resteront après ceux qui sont dénommés ci-dessus seront tenus d'exécuter les règlements ci-dessus dénotés (?). Comme aussi que tous compagnons qui seront dans le cas de changer de boutique par quelque mécontentement de leurs maîtres iront trouver ledit rouleur.

Et il lui en coîitera trente sols à l'enlèvement du sac, et il leur sera permis de manger vingt-quatre sols, et les dix autres sols seront, par notre présente ordonnance, mis au profit de la masse de la communauté de compagnonnage.

Nous y joignons aussi à cela que tous compagnons qui seront dans Orléans seront tenus de donner un sol par chaque semaine audit rouleur qui sera en charge.

Ledit rouleur sera obligé de rendre ses comptes au bout du mois, et, tous les mois, il en sera nommé un autre.

Afin d'avoir de quoi répondre au détroit qui pourrait survenir entre nous, c'est-à-dire pour aider à subsister les malades, s'il s'en trouve, ou d'autres que le défaut d'ouvrage à leur arrivée mettra dans l'impuissance de pousser plus loin. Nous trouverons à tout le moins de quoi leur donner pour leur route sans épuiser notre bourse.

pays et de réagir contre leurs grossières habitudes d'ivrognerie. On tient à posséder dans le compagnonnage les meilleurs ouvriers ; il faut que les maîtres n'acceptant des ouvriers que du rouleur y trouvent leur « profit » . Lorsque les lieutenants-généraux poursuivent les associations ouvrières celles-ci font-elles ressortir qu'elles sont établies pour le bien des maîtres autant que pour celui des ouvriers. Elles n'offrent que des bras robustes et des mains habiles. Aussi certains groupements ont-ils des coutumes qu'on ne saurait comprendre si on ne connaissait le souci constant des compagnons de favoriser les meilleurs artisans et de les mettre en vue. Chez les maréchaux on doit citer la cérémonie du fer de gagure.

« Ce morceau de fer pouvait être de la longueur d'environ deux pouces sur lequel étaient marqués en chiffres romains un I, un IX, un VI et un III, que le chiffre I signifie

Comme aussi il ne sera point permis de placer des compagnons dans les boutiques défendues par les compagnons.

Faisons tous profession de ne souffrir aucune lâcheté; et quiconque cherchera des différends dans nos assemblées de tous les mois que nous ferons chez la mère pour recevoir nos comptes de sols seront condamnés par l'ordre de notre ancien à cinq sols d'amende au profit de la masse.

Et même quiconque s'injuriera sera condamné à la même somme.

Sans aucune contrariété ni délai avant d'avoir reçu le compte dudit rouleur et avoir fait l'élection d'un autre ; après tout cela fait, chacun sera libre.

Et ses comptes se rendront chez la mère à huit heures du matin le dimanche.

Faisons ainsi par notre présent règlement. Ceux qui iront au contraire de tout ce qui est limité ci-dessus seront contraints par force de battre aux champs, comme aussi ceux qui ne voudront point subir à notre règlement ni signer cet acte, attendu que nous l'avons tous subi et signé.

Ayant trouvé tous ces règlements à propos, nous avons approuvé cela par nos seings (signatures) ou croix. Par ainsi Tourangeau déclare ne savoir signer, ainsi que Chartrain et Blois, pareillement Langlois et Picard. Tous ces noms déclarent ne savoir signer. Par ainsi j'ai signé :

+ Tourangeau, Parisien Divertissant, + Chartrain Saumurois Le Bien- Aimé, M- Boureau l'Angevin, Picard La Bonté, + Bourguignon Bordelais, Bethune Prêt à Boire, Bethune Prêt à Rire, Picard le Matin, Parisien Bon à Con, Rochellois La Verdure, Picard Francœur, -f Valenciennes La Tourmente, Picard La Russie.

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un crampon qui doit être à rextréraité d'un des bouts d'un fer de devant d'un cheval ; que le IX signifie neuf livres en argent que gagne celui qui a le mieux forgé, à l'effet de quoi il n'y en a que deux qui forgent, celui qui présente le lopin et celui qui le reçoit, lesquels mettent chacun en dépôt entre les mains d'un tiers la somme de neuf livres ; que le chiffre VI signifie que le fer de cheval doit peser six livres ; que le chiffre III signifie qu'il doit être forgé par trois personnes ; pourquoi les deux qui doivent forger prennent, suivant le chiffre marqué pour le nombre des marteaux sur le lopin, chacun de leur côté autant de garçons qu'il est marqué, conviennent du jour et de l'endroit où ils doivent forger; ce qui ne se fait jamais qu'en campagne; que lorsque le fer est forgé, on le porte à un ancien garçon de la ville qui décide celui des deux qui a le mieux forgé et non chez les maîtres de crainte qu'ils ne le portent à la maison de ville *. »

Celui qui a gagné le prix attache le lopin chez le maître où il travaille et c'est d'ailleurs le patron qui fournit les outils nécessaires pour cette opération. Tous les compagnons maréchaux présents dans la ville doivent assister à ce tournoi et si le maître refuse de les laisser partir il risque de subir de mauvais traitements. Maître Lebeau d'Orléans se plaint au Ueutenant général de Police ; il a failU être assassiné pour s'être opposé au départ de ses ouvriers. « On l'a poursuivi à coups de brochoir pour la viande puis porté contre son gré au cabaret un dimanche » . Aussi défend-on « aux compagnons et à tous garçons maréchaux de faire aucunes cabales de se débaucher les uns les autres de s'assembler en plus grand nombre de trois à peine de fouet et d'être bannis et chassez de cette ville etbaiiHeue de Paris, leurs défendons sous les mômes peines de former des fers de gageures et ce conformément à la sentence du 3 mai 1697 ^ ».

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