Arch. de la Bastille, 10735. — Arch. du Loiret, B
4. Arch. de la Bastille, 10697. On les incarcère en juillet pour les relâcher le 12 octobre 1720. Voici encore d'autres exemples qui prouvent jusqu'à quel point les querelles entre employeurs et employés peuvent s'envenimer. On emprisonne un nommé « Pierre Garnier âgé de treize ans qui s'est trouvé avec trois compagnons qui en apparence prétendaient faire une taxe
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parfois il y a mort d'homme. Les bayles de la corporation des serruriers Bordelais mandent à leur confrères de Tours « qu'ils ont reçu avec les larmes aux yeux et pénétrés de la plus vive douleur que l'on pourrait exprimer la nouvelle de l'assassinat et massacre qui a été fait sur la personne d'un de vos maîtres et jurés... voilà l'horrible et affreux caprice que ce malheureux devoir a occasionné que ces quatre compagnons possédés du démon abandonnés de Dieu ont commis ». Ils vont faire toute diligence pour rechercher si
aux jurés et se soulever contre leurs maîtres. Il a été arrêté et conduit avec eux au Fort l'Évéque cet événemment est d'autant plus triste que le dit Grenier est un enfant qui vit dans l'innocence et qui était au moment de faire sa première communion. (Arch. de la Bastille, 12,245.) Joseph Potel employé à la volaille, Bénigne Froment employé sur le carreau de la volaille et détenus la première quinzaine de mars pour outrage aux maîtres. [Idem. 11,556-30 janvier 1751.] Deux garçons bouchers Thomas et Denise sont conduits au Fort TÉvêque pour avoir insulté leurs patrons et voulu battre sa femme. Les gardes et jurés demandenl^ qu'on retienne dans « la maison de force les coupables autant que faire se pourra ». [Idem 11,727-28 juin 1761.] Ysambert et Dammerville compagnons doreurs conduits en prison par ordre du roi sur la demande des jurés de la communauté « pour avoir de concert avec deux de leur camarade formé un plan de révolte pour se rendre parla suite maîtres des patrons du temps et de l'ouvrage; ils ont composé une chanson contre les maîtres ». [Idem, 12127.]
Voir encore [Archives nationales F12 1452] De Fréminville, p. .305; arrêt interdisant de chanter des chansons scandaleuses ou ditïamatoires à la porte des maîtres rendu comme suite de l'affaire du « Cruchon », 1739.
« Une mauvaise plaisanterie qui a été seue et connue de tout le monde sous le nom de l'histoire du Cruchon a donné lieu à cette sentence ce serait lui faire trop d'honneur d'en mettre icy le détail...
n Depuis quelque temps il se fait journellement des attroupements considérables et des assemblées tumultueuses et scandaleuses dans le fauxbourg Saint-Antoine composé d'un nombre infini d'ouvriers de gagne deniers et gens sans estât ni profession qui insultent publiquement des marchands du fauxbourg en chantant des chansons devant leur porte et boutiques dans lesquelles lesdits marchands sont désignés et même nommés ; qu'à cette occasion il a été fait et imprimé plusieurs chansons dont quelques-unes sont contraires aux bonnes mœurs qui sont chantées et distribuées publiquement dont il a été remis un exemplaire audit procureur du Roi au bas duquel quoiqu'il soit fait mention qu'il ait été imprimé avec permission cependant ledit procureur du Roi est informé qu'il n'y en a eu aucune d'accordée par nous pour ladite permission... »
Défense est faite de s'assembler de chanter, etc.. et l'on fait une enquête pour retrouver l'imprimeur qui a composé la chanson. Lamoignon, vol. 33, fol. 557.
les coupables iio soiU pas dans leur ville car « Dieu qui sait toutes nos souffrances vengera la mort de cette innocente victime *. Les compagnons employés chez les maîtres œuvres blanches à Orléans les quittent et « au nombre de 17 ou 18 vont chez Michel Menault disant que les maîtres s'allassent faire foutre et qu'ils n'auraient que faire d'eux, faisant des gambades... » Dans les papeteries les excès ne sont pas moins fréquents. Les « régisseurs et fermiers de papeteries appartenant au chapitre de Besançon» sont désolés de l'insubordination des ouvriers ; « on sait qu'elle est générale parmi ceux de cette espèce et il est difficile de les contenir par quelques exemples rares et isolés quelques sévères et éclatants qu'ils soient ^)) En 1772, André Geste et Sauvade maîtres papetiers des environs de Thiers, se plaignent d'avoir été maltraités par leurs ouvriers ; le premier a dû donner, contraint par la violence, un certificat de congé à Jacques Bunel parti sans l'avoir prévenu dans les délais voulus ^ Un des frères Montgolfier dirigeant la papeterie de Rives '' raconte que « le dimanche 25 février 1781, étant à Genève pour fait de mon commerce ; mon épouse téant à souper dans ma fabrique avec les gens les plus distingués du lieu, dans les deux sexes, et un de mes frères propriétaires de la fabrique de Voiron ils furent interrompus dans leur repas par le tapage et l'insolence de deux ouvriers l'un nommé Fougères dit le Homard et l'autre Nourisson dit le Comtois, qui étant arrivés après le souper de leurs camarades jetèrent par bravade les plats qu'on leur présenta et disant des impertinences ; la compagnie troublée voulut en vain leur faire des représentations sur leur conduite ; mais rien ne put appaiser leur fureur ; alors mon frère fut obligé de les mettre dehors pour avoir la paix. Le lendemain ils