IV PRÉFACE
nous de 1851 à 1863 par les événements 'politiques, n'a euà subir aucune interruption chez plusieurs des peuples qui nous avoisinent. Aussi sont-ils arrivés à des résultats dont nous sommes encore bien loin. Il m'a semblé qu'il pourrait y avoir quelque utilité à présenter un tableau d'ensemble de ce qui a été fait en Angleterre, en AUem^ne et en France depuis une vingtaine d'années. Je ne parle pas des autres contrées, bien que le mouvement coopératif s'y développe avec une grande intensité', parce que les associations y sont encore trop récentes pour avoir une histoire, et que leurs espérances ne sufGraient pas pour nous instruire de ce que leur réserve l'avenir. Celles d'Angleterre et d'Allemagne au contraire ont déjà derrière elles un passé respectable, et l'épreuve que-leur a fait subir le temps est su^sante pour que nous puissions sans trop de chances d'erreur étudier et apprécier les principes et les moyens qui les ont fait prospérer.
J'ai résumé les faits le plus brièvement et le plus clairement possible en m'appliquanl à ne rien laisser passer d'important, et surtout h distinguer nettement dans chaque organisation les points essentiels et constitutifs deceux qui sont purement locaux et en quelque
1. Voir par esemple, pour ce qui concerne l'ilalie, uue lettre de M. Prancesco Vigano, dans le numéro de décembre 1S64 du Journal l'Aisociation. Le mouvement cocpératit y semble plm prononc é mflmfl qu'en Kraace.
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PRéFACB. V
sorte facultatifs. Une simple exposition n'aurait pasdu tout rempli mon but, qui est, non pas de satisfaire la curiosité de quelques oisifs, mais d'offrir à la population ouvrière un moyen de s'instruire de ce qu'elle peut Eure pour l'amélioration de sa condition physique et morale. Ce travail est spécialement adressé aux ouvriers des villes et des campagnes. Ils y trouveront, non pas des prédîcalions et des conseils, mais la leçon même des faits, et un enseignement dont il ne tient tju'à eux de proûler.D n'y a ici ni fiction, ni utopie; ce livre est avapt tout un livre d'histoire, dont l'intérêt est tout entier dans l'importance des problèmes qu'il touche et dans la diversité des solutions pratiques qu'il expose. Ces problèmes se rapportent tous à l'avenir de la population ouvrière; les solutions se ramènent toutes à une solution unique, qui est l'association. Mais l'avenir de la population ouvrière, c'est l'avenir de la société tout entière, dont tous les membres, directement ou indirectement, sont également intéressés à tout ce qui touche à l'organisation do travail, de l'industrie, du commerce. Quant à l'association, elle est susceptible de bien des formes diverses, puisqu'elle doit naturellement se stibordonner à la diversité des buts à atteindre et h celle des populations et des circonstances au [milieu desquelles elle se produit.
Je ne sais si l'on m'accusera d'optimisme. Hais, je