CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
En conclusion du travail qui précède et que nous avons tâché de faire aussi clair, aussi lucide et surtout aussi pratique que possible, disons quelques mots sur notre propre manière de voir la question, et ce qui, d’après nous, et d’après les conseils expérimentés des personnes Honorables qui nous ont aidés de leurs encouragements, devrait être mis en pratique par la Compagnie qui fonderait une de ses Succursales au Canada.
Disons tout d’abord qu’il est essentiel que la Compagnie laisse à ses agents et aux membres du conseil de surveillance et des directeurs, un pouvoir assez grand pour pouvoir régler immédiatement ct d’après le mode suivi jusqu’à ce jour par les Compagnies Anglaises, les sinistres causés soit par les risques du feu, soit par ceux de la vie, soit enfin les sinistres maritimes.
Reconnaiïssons surtout que les risques d'incendie doivent être payés en Canada, et que jamais une Compagnie ne pourra élever la prétention de solder les sinistres à Paris ou en dehors de la Province.
Quant aux risques maritimes, il serait convenu que les règlements, rapports, ete, etc, pourraient être dressés au Canada mais adressés au siège de la Cie. qui ferait tenir son mandat soit à Paris, soit à Londres, soit à Montréal.
Les assurances sur la vie pourraient au besoin être réglées de la même manière.
Mais nous ne saurions trop insister sur la nécessité absolue du règlement sur les lieux mêmes des pertes d'incendie.
Au surplus une Compagnie Française, comptant à la tête de son administration des hommes de premier mérite saura bien qu’un des principaux motifs d’insuccès, serait de froisser les usages reçus et si relisieusement observés par les sociétés Anglaises et Américaines en exercice depuis plus de trente ans dans cette contrée.
Nous le répétons, car nous ne ne saurions trop le dire, nous avons la certitude, qui se trouve partagée par la plus grande partie des hommes les plus honorables et de la plus haute respectabilité de cette contrée, % est indulitable qu'une Compagnie Française doit nécessairement arriver ici @ des résultats inespérés. Mais il faut qu’elle sache écouter les conseils d’hommes désintéressés, viel-
lis dans les affaires et en situation de ne pouvoir jamais induire à erreur la société commerciale qu’ils honoreraient de leur patronage.
À cet égard nous sommes en droit d'affirmer que les noms des hommes marquants inscrits dans les pages qui précèdent, comme devant patroniser la future Compagnie Française, remplissent toutes les conditions requises pour donner à tous, confiance, sécurité et certitude de succès.
Et quant à nous, qu avons employé pour la réussite de cette utile entreprise toute l’énergie dont la Providence nous à doué, nous serons heureux de voir nos efforts récompensés, car nous aurons ainsi rendu service au commerce, à l’industrie, aux riches, aux pauvres, et en général à tous ceux qui cherchent pour leur pays soit d’origine, soit d’adoption, le progrès, la civilisation et la prospérité.