C. E. BELLE, inspecteur des Bois de lu Couronne
A. ROY, de la maison Adolphe Roy & Cie.,
J. SINCENNES, président de la Compagnie du Richelieu,
W. MoNAUGIHTON, de la maison Sincennes & McNaughton,
J. BARSALOU, de la maison Benning & Barsalou,
L'Hox. G. R.S. pe BEAUJEU, membre du Conseil Législatif,
A. DELISLE, propriétaire rentier,
A PR 4 ARTE ANA do à eu CL CIS MOTTE
HUBERT PARE, négociant,
PAUL HUA, de la maison Hua et Richardson,
Hox. L. V. SICOTTE, juge, ancien premier ministre du Bas-Canada, O0. BERTHELET, rentier,
A. PINSONNAULT, rentier,
T. DOUCET, vice-consul de France, notaire,
JULES FOURNIER, de la maison Jules Fournier,
Hox. L. RENAUD, de la maison Renaud & frère, membre du Conseil Législatif, Son Honneur le Juge COURSOL,
L'Hox. QUESNEL, membre du Conseil Législatif,
L'Hox. CHAUVEAU, surintendant de l'Education,
Dr. HINGSTON, professeur & l’Université,
NARCISSE VALOIS, propriétaire,
Ces noms qui représentent l’élite de la société et du haut commerce canadiens et sur lesquels il sera facile à la Compagnie Française qui fonderait une Succursale d’avoir des renseignements incontestables d’honorabilité, sont une garantie suffisante pour offrir aux assurés la sécurité indispensable à toute entreprise de ce genre.
Un Conseil de Surveillance, composé de 20 membres, nommerait cinq directeurs et censeurs, qui seraient chargés de contrôler et de vérifier à tour de rôle les opérations de la Société.
Il en serait de même dans toute ville où serait créée une agence.
Par exemple à Québec, où il sera facile de trouver encore 20 noms d'hommes aussi honorables, aussi respectables, et qui seront heureux d'offrir leurs services à la Compagnie qui fonderait une agence dans cette ville, dont les sentiments et les sympathies pour la France sont aussi vivaces et aussi sincères qu’à Montréal.
Il est en effet remarquable de voir combien sont restés attachés aux vieilles traditions Françaises les populations canadiennes. Et le seul titre de nationalité d’une Compagnie d'Assurance Française serait déjà un élément de succès, succès d’autant plus aisé à obtenir que depuis longtemps déjà l'établissement d’une agence de ce genre est sollicité par la grande majorité du comr-erce et des capitalistes canadiens.
Bicu des années se sont écoulées depuis l’occupation du Canada par la France. Et malgré l’ingratitude du gouvernement Français d'alors, qui vendit aux Anglais les sentiments si purs de patriotisme de ses enfants, les Canadiens Français se sont fait honneur et gloire
de conserver intacts et leur langage national et leur religion catholique, qui, la première, porta dans ces parages, le flambeau de la civilisation et du progrès.
La religion catholique dirigée par des hommes de dévouement, de mérite, et de talents hors ligne, fait l'honneur et la gloire du Canada.
Le clergé catholique, propriétaire d'immenses domaines et de splendides établissements, sera le premier à donner l’exemple aux populations Canadiennes en souscrivant des assurances dont le montant sera considérable.
Nous pouvons nous dire autorisés à écrire ce qui précède par les affirmations et les encouragements que nous avons reçus de la part des Evêques et du haut clergé catholique du Canada, dont nous avons déjà su apprécier depuis longtemps par les relations d’affaires qui nous ont mis maintes fois en rapport avec ses membres, les excellentes dispositions dont il est animé envers les établissements
S Français dignes de quelun® considération.
: Le clergé catholique du Canada est essentiellement Français et Canadien.
L'ordre des Sulpiciens, composé pour le plus grand nombre de prêtres envoyés de France, celui des Jésuites, celui des Oblats 4 et des Frères des Ecoles Chrétiennes, ont élevés des établissements ) qui ne dépareraient certainement pas les principales villes de t France, si riches en magnificences religieuses ! e Nous serions donc certains d’un concours actif et influent de ce r | côté ; les membres du clergé Canadien ne nous feraient pas défaut à non plus, car si les premiers sont Français par la naissance, les 8 à seconds sont aussi Français qu’eux par le cœur. : LE VIIL.
5 | Nous avons parlé jusqu’à présent des considérations générales e qui militent en faveur du projet d'établir une agence d'Assurance = Française au Canada, mais nous ne sommes entrés dans aucun détail de chiffres qui prouve l'évidence de nos assertions.
Nous tenons d’abord à constater que les risques du feu ne sont pas ici plus dangereux qu’en France. Il est même des villes où l’organisation des pompes est si admirablement établie, qu’il n’est
pas en Europe de système qui puisse être comparé à celui qui est
LA
en vigueur à Montréal par exemple. Et comme ce système va être appliqué bientôt à Québec et dans quelques autres grandes villes des deux Canadas, il nous semble nécessaire d’en dire ici quelques mots.
Montréal est une ville, d’après le dernier recensement, de 110,000 habitants, mais dont le progrès est tellement rapide que, depuis dix ans, le nombre en a doublé, car le recensement de 1855 donnait une moyenne de 54,000 mes seulement.
Depuis dix années, il s'élève de toute part des constructions si considérables que des quartiers tout entiers, apparaissent là où, il y a trois ou quatre ans, on voyait à peine quelques rares maisonnettes eu bois.
Pour donner une idée de ce rapide progrès, il est bon de dire que depuis dix ans, il s’est élevé à Montréal seulement, plus de 0,000 maisons neuves et dont la valeur dépasse la somme de 534,000,000.00 répartis dans les divers quartiers! Nous croyons que ce chiffre est plus éloquent que tout ce qu’il serait possible d'écrire pour prouver le progrès matériel d’une ville !
En 1852, un incendie terrible détruisit une grande partie du nord de la ville de Montréal, alors presque toute construite en maisons de bois ; mais par un arrêté digne du plus grand éloge, la Corporation de la ville de Montréal a décidé, et une loi sanctionnée par le parlement provincial a établi, qu’une règle uniforme de construction serait dorénavant adoptée, et qu’il ne serait plus permis de bâtir dans la ville que des maisons en briques et en pierres.
Malgré cette sage précaution, les incendies se renouvelaient fréquemment et le service des pompes ne suffisait pas souvent à arrêter les dévastations considérables dont parfois devenaient encore victimes les propriétaires des rares maisons en bois d’un certain quartier dont l’incendie aurait facilement pu s'étendre à la partie neuve cle la ville.
La Corporation s’est alors entendue avec une compagnie qui, moyennant la somme de cent mille francs, a élevé une barrière définitive au torrent dévastateur.
Un télégraphe électrique, par une combinaison aussi ingénieuse que simple, donne le signal d’alarme à chaque station du feu, et depuis cette admirable institution, il n’est plus un feu qui ne soit arrêté presque aussitôt sa naissance. Et nous avons vu souvent
des établissements d’huile de pétrole, de vernis, et des manufactures de toutes sortes, qui auraient du, non-seulement être consommés en entier, mais encore atteindre les maisons voisines, être garantis du feu qui venait à éclater tantôt dans les caves, tantôt dans les combles, ta: au ler et au 2e étage.
Les frais «:casionnés par l’établissement de ce télégraphe se sont élevés à la somme relativement modique de 100,000 frs. payables par la ville de Montréal en vingt années : cette somme de 100,000 frs. se divise comme suit:
Coût du télégraphe avec 50 boîtes de signaux d’alarme, correspondant aux stations du feu et aux cloches de l'Eglise Métropolitaine :
Premier point d’où part l’indication du lieu du sinistre... .816,000
Signaux 414 DOCS dun annees re .... 2,000 Signaux au réservoir des eaux,..........,...,......... 2,000 os ss ruine 820,000
Ou 100,00 frs.
Les employés de cette sage et prévoyante institution, au nombre de 27 seulement, qui suffisent grandement au service des pompes ou plutôt des clés d'eaux placées à intervalles réguliers dans toute la ville, et recevant les eaux du réservoir général, jouissent des aslaires suivants :
l'O sd de #1,000.00
1 Sous-chef,.............,.... 600.00
8 Gardiens,...$365.00 chaque, ....... 2,920.00
9 Assistans, .. 812.25 € ,,..... 2,7192.25
T Conducteurs, 292.00 4 ,.,..... 2,044.00
1 Fabricant de tuyaux,.........,,.,... 400.00
Lois 89,756.25 En outre, il y a 8 compagnies de volontaires : 1 Capitaine qui reçoit,......., #00.00
2 Lieutenants, 840.00 chaque,. 80.00 36 Hommes,... 20.00 ‘ . 720.00
Éotabsrheneran 8850.00 850.00 Ensemble... ....810,606.25
Soit cinquante-trois milles francs par an, à la charge de la Corporation de la ville.
Et pour qu’on saisisse bien l’importance de ce télégraphe et des résultats obtenus depuis sa création, nous allons dresser un tableau des incendies qui ont eu lieu depuis 1855, de la valeur des dommages plus élevés dans certaines années que dans d’autres, et nous prouverons, jusqu’à la dernière évidence, que les Compagnies n’ont aucun motif pour prélever des primes d’assurances aussi élevées et qu’il n’est pas en France une ville de quelque importance, manufacturière ou non, qui n'offre plus de chances de pertes pour les Compagnies que la ville de Montréal.
Ce tableau que nous devons à la bienveillante obligeance du département du feu de cette ville sera la meilleure preuve de ce que nous avançons :