COUP D'ŒIL HISTORIQUE
L'idée et le principe des Assurances Sociales graduellement introduites dans tous les Etats modernes prirent naissance en France, quand, lors de la prise de la Bastille, trompha la devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Mais c’est le Ministre français Colbert qui créa la première organisation d'assurances sociales, en fondant, au cours de l’année 1687, la Caisse des Invalides de la Marine qui existe encore aujourd'hui et qu'ali- . mentent les cotisation des employeurs et des employés ainsi que les subventions de l'Etat. Dès le début du XVIIE siècle, dans le Haut-Rhin, différents fabricants constituèrent des Caisses d'assurances. Après 1870, Bismarck étudia le fonctionnement de ces caisses et c'est sur elles qu'il prit modèle pour toute la future législation sociale de l'Allemagne quand le cours de la politique intérieure le contraignit à se préoccuper d'organiser la protection de la classe ouvrière. Nous voyons
ainsi que la France avait devancé l'Allemagne dans l'initiative de l’organisation des Assurances Sociales, comme dans beaucoup d'autres domaines de la civilation et du progrès.
En Pologne aussi, on pensait à l'amélioration du sort des travailleurs, déjà au moment où dans l'Etat des Hohenzollern, des décrets du roi Frédéric II ordonnaient de fouetter les écrivains accusés d’avoir excité les paysans à la révolte (Die Scribenten welche das Volk aufwiegeln sollen Spitzruten laufen) car pour le philosophe de Sans-Souci, on ne peut mater le paysan que par la poigne. Pendant la seconde moitié du XVIII siècle, c'est dans les spacieux domaines. de Siemiatycze ‘appartenant à la Princesse Anne Jablonowska et administrés par elle que nous trouvons des réformes sociales qui sont moins inspirées par la miséricorde que par la compréhension parfaite d'un double intérêt matériel.
L'idée d'ensemble de ces réformes a été rassemblée dans un livre édité en 1786 sous le titre (Prescriptions pour les Administrateurs de mes Biens». Dans cet ouvrage, entre autres, 1l faut relever la question sociale qui, à celte époque, ne pouvait être résolue en s’appuyant sur aucun exemple ni aucune application pratique ; on devait tout créer de rien.
Le premier groupe de réformes se rapportait à la création, dans les villes et les villages, de magasins de blé et de caisses de prêt. Ceux-là avaient pour but de conjurer la famine dans les années de mauvaise récolte ; ceux-ci étaient destinés à venir en aide aux petits cultivateurs en cas d'incendie ou d’autres