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en principe, que des malades qui peuvent récupérer leur capacité fonctionnelle et sociale.
Pour répondre à ce but, le sanatorium doit être avant tout, un établissement de cure précoce et d'éducation des malades. Il recevra, certes, beaucoup de tuberculeux averés, mais aussi nombre de prétuberculeux : travailleurs présentant des sommets suspects ou des tractus hilaires anormaux et qui subissent un léger fléchissement de leur état général, femmes ayant eu jadis une atteinte pulmonaire et qui sont fatiguées par un ou plusieurs accouchements consécutifs, adolescents à la période de la puberté, etc. Après trois mois de repos, ces sujets sont lancés à nouveau dans la circulation.
Quant à ceux que l’école française considère comme
des vrais tuberculeux, c'est-à-dire des sujets présentant une lésion nette d’un ou des deux poumons, avec bacilles dans les crachats, ils sont envoyés au sanatorium dès le début, un pneumothorax est immédiatement tenté, souvent bilatéral d'emblée. Lorsque cette intervention réussit sans complications, le malade est renvoyé chez lui, éduqué. I bénéficie encore, pendant plusieurs semaines, des prestations de l’assurance et peut reprendre son travail, après une interruption de six à douze mois, dont trois passés en sanatorium.
Lorsque le pneumothorax, par contre, ne donne pas l'amélioration désirée, on procède, sans retard, à des opérations plus complexes, section de brides ou thoracoplastie. Si, dans un délai de six mois, le résultat est ‘médiocre ou mauvais, le malade est considéré comme perdu pour la société : c’est un invalide ; il est renvoyé chez lui ou à l’hôpital et touchera, jusqu’à la fin de ses jours, les subsides de l’Assurance-invalidité.
Telle est la conception des dirigeants des Assurances Sociales et des milieux médicaux allemands. Conception
LT Ale.
éminemment utilitaire, on le voit, qui sacrifie systématiquement les incurables, et ne vise qu’à éviter l’invalidité définitive des assurés frappés de tuberculose. Il faut reconnaître, en toute justice, que cette conception a donné d’indiscutables résultats. Non pas tant, d’ailleurs, parce que la récupération de la capacité de travail, même à grands frais, réalise une économie bien comprise pour les Instituts d'assurances, que parce que ce système permet l'éducation et le traitement très précoce d’un grand nombre de malades. Nous aurons, du reste, à approfondir cette question, en traitant de l’armement alsacien-lorrain. Quoiqu'il en soit, il est juste d’ajouter qu’en raison du nombre des lits, une tendance se dégage actuellement de garder de plus en plus longtemps les malades, et qu’enfin, des sanatoriums-hôpitaux, nouvellement construits, s'efforcent de recueillir les incurables en grand nombre, afin de tarir les sources de contagion.