NOUVELLES PERSPECTIVES À LA PROTECTION DE L'ENFANCE
La coordination des efforts des caisses avec les divers organismes sanitaires et en particulier les dispensaires dont nous avons montré l'intérêt tout au cours de ce travail, permettrait en outre d'ouvrir des perspectives nouvelles à la protection de la mère et de l'enfant contre la tuberculose.
C’est ainsi que la loi française prévoit l’assistance de la femme enceinte durant la grossesse et pendant les six mois qui suivent l’accouchement. Elle permet à l’assurée de jouir six semaines avant l’accouchement et six semaines après, de l’indemnité journalière de maladie, égale à la moitié du salaire de base de la catégorie correspondante.
L’assurée qui allaite son enfant a droit, pendant neuf mois, à une allocation mensuelle de 150 francs pendant les quatre premiers mois, de 100 francs durant le cinquième et le sixième, et de 50 francs du septième au neuvième.
L’assurée qui, par suite d’incapacité physique ou de maladie, est dans l'impossibilité constatée par le médecin d’allaiter complètement son enfant, peut, si l'enfant est élevé chez elle, recevoir des bons de lait dont la valeur
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n’excédera en aucun cas les deux tiers de la prime d’allaitement.
Enfin, une disposition extrêmement importante, sur laquelle nous avons déjà insisté, précise que le payement des allocations précédentes est subordonnée à l’observation par la bénéficiaire des prescriptions faites par les caisses d’assurances, notamment en ce qui concerne les examens médicaux périodiques et la fréquentation régulière des consultations maternelles et des consultations de nourrissons.
C’est mettre l’assuré sous surveillance médicale durant cette période de la vie de la femme, que le professeur Couvelaire a si justement définie « une symbiose physiologique entre la mère et l'enfant, qui va de la conception au sevrage ». Cette disposition permet en effet d'organiser d’une façon rationnelle la prophylaxie anténatale et d’avoir une très heureuse influence sur les mortalités foetale et infantile. Les accoucheurs insistent en effet, à juste titre, sur l'importance de l'examen périodique systématique des femmes enceintes. Que de dystocies décelées par un examen précoce et contre lesquelles on saura se prémunir à temps ; que de syphilis qui, traitées précocement, permettent de conduire à bien une grossesse ; que d’éclampsies puerpuérales évitées grâce aux analyses répétées d’urines |! Après la naissance, il en est de même, et les examens fréquents des enfants permettent souvent de prévenir des rachitismes ou des athrepsies, des hérédo-syphilis qui pourraient de- ‘ venir rapidement #rès graves en l’absence de tout traitement judicieux.
Mais, pour nous limiter à la seule tuberculose pulmonaire, les avantages ne sont pas moindres. Nous avons pu, à la clinique Baudelocque, dans le service du professeur Couvelaire. nous persuader par notre propre
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expérience de la valeur des examens généraux pratiqués au début de la gestation. Nous avons constaté, maintes fois, que de jeunes malades dont la tuberculose avait été stabilisée par un pneumothorax, parfois même bilalatéral, menaient à terme leur grossesse, sans dommages, ni pour la mère, ni pour l'enfant. Dans d’autres cas, c’est un avortement thérapeutique, dont les indications avaient été mûrement pesées pour chaque cas particulier, qui permettait d'éviter une évolution ultérieure fâcheuse.
Les dirigeants des caisses ne sauraient sous estimer ces avantages des examens périodiqués des femmes enceintes, et ils auront tout intérêt, en vue de l’application de ces principes, à passer des conventions adéquates, soit avec les médecins praticiens, soit avec les consultations des maternités.
Enfin, la loi autorisant formellement les assurés à bénéficier des soins préventifs dans les conditions fixées par la caisse, il y a tout lieu de souhaiter que cette disposition permette l’immunisation préventive du nouveau-né par la méthode de Calmette. L’inocuité de la méthode a été presque universellement admise au dernier Congrès International de la Tuberculose d’Oslo et la découverte du B. C. G. constitue un grand progrès scientifique et social, dont il y a intérêt à faire profiter le plus grand nombre d’enfants possible.
Cependant l'application correcte de la vaccination par le B. C. G., nécessite deux conditions, l’une primordiale qui est l’isolement du nouveau-né vacciné pendant six semaines, afin que l’immunisation ait eu le temps de se produire ; et l’autre, souhaitable, qui est l'isolement
permanent de l’enfant plus âgé, même vacciné, du foyer infectant.