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INSPEC'PION MÉDICALE DES ECOLES ET TUBERCULOSE

Pour le dépistage, l’âge scolaire assure la très précieuse possibilité de permettre un examen systématique de tous les sujets arrivés à cette période de la vie, grâce à la fréquentation de l’école. Cet exsmen serait l’esquisse des examens périodiques de santé dont nous avons déjà montré l'importance en étudiant l’armement antituberculeux des Etats-Unis. Il est pratiqué à l’école dans de nombreux pays et ses avantages sont indéniables.

Nous avons insisté par exemple, sur le fonctionnement de l’inspection médicale des écoles à Cologne, et montré quel appoint apportait cette inspection parfaitement organisée, à la lutte contre la tuberculose, grâce surtout à sa liaison avec les dispensaires.

En France, l'inspection médicale des écoles n'existe que grâce à l'initiative de quelques municipalité. Nous espérons qu’un projet de loi en instance devant les Chambres, permettra bientôt de généraliser cette mesure

bienfaisante. Dans ce cas, elle permettra d'orienter les.

enfants suspects vers les dispensaires, et ces enfants seront placés, s’il y a lieu, en préventorium ou en sanatorium grâce aux caisses-maladie.

LE PREVENTORIUM

Le placement en préventorium est une méthode prophylactique dont la valeur n’est plus à démontrer. Aussi cette catégorie d'établissements -s’est-elle largement développée en France, puisque notre armement comprend

actuellement 154 preventoriums dont 107 de plaine, 34 maritimes et 13 d’altitude avec 12.900 lits ; il faut considérer en outre que sur les 12.690 lits appartenant aux 58 sanatoriums marins un certain nombre sont en fait occupés par des enfants de même catégorie.

Et cependant des difficultés ont apparu dans le placement des enfants dans ces stations préventives, par suite de l’absence de définition légale précise du préventorium. Et ces difficultés menacent de s’accroitre à l'application des Assurances sociales.

Le préventorium a un double but : préserver d'une part les enfants de la contagion lorsque la tuberculose existe au foyer familial, prévenir d’autre part le réveil d’une tuberculose latente ou bénigne, ancienne où guérie, en tous cas non contagieuse.

L’isolement se fait soit en placement familial et c’est l'œuvre GRANCHER dont nous avons indiqué les excellents résultats, soit en internat médical surveillé, c’est-à-dire en préventorium.

Or, cet établissement est ignoré par la loi. Si bien que, si l’on s’attachait à la lettre des textes, on serait dans l'impossibilité de soigner à temps dans un établissement à faible prix de journée, et pendant quelques mois, un enfant qui quelques mois plus tard, devenu tuberculeux avéré, pourrait être soigné à grand frais soit au sanatorium soit à l’hôpital.

Le fait pour les préventoriums de n'être pas admis à bénéficier des mêmes avantages que ceux aecordés ‘aux sanatoriums par la loi du 7 septembre 1919, risque donc d’entrainer des conséquences sociales et financières désastreuses.

Plusieurs départements, par délibération du Conseil général, ont pris l'initiative de faire entrer le préventorium dans le cadre des lois d’assistance. Cette décision

a permis un essor incomparable de l'armement antituberculeux, et sa nécessité s’est tellement fait sentir, que M. le Ministre du Travail Durafour, par une circulaire du 20 avril 1926, justifiait et encourageait cette manière d'agir.

Le texte de ce décret rappelle, en effet, que conformément à la définition de la Commission permanente de défense contre la Tuberculose, le préventorium antituberculeux est destiné aux enfants de moins de seize ans, non fébricitants, atteints de formes initiales latentes et curables de tuberculose, d’adénopathies bronchiques tuberculeuses et de tuberculoses externes légères non suppurées ne relevant pas d’un traitement chirurgical.

« Ainsi défini », ajoute la circulaire, « le préventorium apparaît comme un véritable établissement de cure, destiné à des enfants atteints de certaines formes curables de la tuberculose, c’est-à-dire à de véritables malades. Ce qu’il prévient, ce n’est pas la contagion initiale qui est déjà un fait accompli, mais l’évolution et l'extension de la maladie, ainsi que les réinfections auxquelles l’enfant est exposé du fait de la cohabitation permanente avec des tuberculeux contagieux.

Rien ne s'oppose, en conséquence, à ce que les préventoriums antituberculeux, comme les hôpitaux ordinaires, reçoivent des enfants inscrits à l’assistance médicale gratuite, si le recrutement en est effectué d’après les principes ci-dessus. »

Le problème, admirablement posé par cette circulaire, n'est pas résolu: Peu ou mal appliquée dans nombre de départements, il lui manque l’autorité que confère seul un texte de loi.

Il est à craindre qu’il en soit pour les administrateurs des caisses, comme pour les autorités départementales. C’est pourquoi il est extrêmement urgent de faire béné-

ficier les préventoriums des mêmes avantages financiers que les sanatoriums et d’étendre à ces établissements les dispositions de la loi du 7 septembre 1919.

Un projet de loi en instance devant les Chambres, tendant à rendre applicable aux préventoriums, les dispositions de la loi du 7 septembre 1919 sur les sanatoriums, doit être prochainement voté.

Ce texte précise les conditions d'admission et de recrutement des malades, les conditions générales d’organisation et de direction, les conditions techniques et hygiéniques d'installation et de fonctionnement des préventoriums publics et privés.

Les départements qui ne possèdent pas encore de préventoriums seront tenus, dans un délai de cinq ans, d'assurer l’hospitalisation des enfants tuberculeux dans les conditions prévues, en passant un traité avec un préventorium public ou privé.

Souhaitons que le vote prochain de cette loi, donne un nouvel essor au développement des préventoriums en France, et favorise ainsi la protection de l’enfance contre la Tuberculose.

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