PREFACE
J'ai tâché , dans cet Ouvrage , non-seulement de peindre les re'sultats de l'athéisme, mais d'offrir au lecteur le développement des erreurs et.des crimes que cette monstrueuse doctrine doit nécessairement produire dans des hommes fougueux et féroces , et même da ns des coeurs nés sensibles , mais subjugués par des passions violentes (i); et c'est un tableau terrible dont,à ma connoissance , nul livre encore n'a tracé l'affreux modèle; je ne crois même pas que l'on puisse citer une simple esquisse dé cette effrayante peinture. Un ouvragé" d'imagination pouvoit seul démontrer ,
(i) Je De parie point, dans cet onrrage, dei sophùmés de l'iinpiéti -, je croîs lei avoir aucz litatés dans mes «nlrei écrits ; d'aiilenn , l'athéisme n'a nul besoin de sopbiimes ; ce blasphème Itii snfCt : Tout meurt avec nous: Les sopbisniea sont très nécessaires à cem quifont profession d» déisme, qui, preifiae toujours, n'est (ji^un athéisme hypocrite, c'tsl-à-dire dissimulé; les caTa(.'Ié[es éqnivoqnet ne sont jamais draicatiqueij je n'ai point mi* ' de déistes dam ces Ménioirci.
Vllj fftÉFAGIi. -
dans tous ses détails , la moralité de cette conception ; et c'est pourquoi j'ai composé mon dernier roman sur ce sujet. La décadence de l'âge , le délabrement d'une santé; défaillante, une imagination prête à s'éteindre, seront les excuses de la foiblesse du plan et de l'exécution de ces Mémoires; j'ajouterai cependant qu'on trouvera une parfaite vérité dans le développement des sensation- et des sentimens; car j'ai eu, pendant vingt ans, l'occasion de pénétrer dans tous les replis du cœur d'un athée , .
qui se faisoit gloire de l'être, mais qui n'étoit ni Sanguinaire , ni méchant ; il ayoit même beaucoup de qualités naturelles, auxquelles il se livroii avec plaisir, quand ses penchans ne les combattoientpas; mais il étoit vindicatif, et je l'ai vu , plusieurs fois , se venger , sans aucun scrupule , d'une manière calomnieuse, qu'il trouvoit piquant de me confier ; il avoit pris pour moi un attachement que" mes remontrances n'ont jamais affoibli; cet homme, élevé " dans l'indifTérence religieuse , fut entier^
PRÉFVCEi ix
nient corrompu par la manie du bel esprit et par les flatteries que Voltaire lui {H-odigttoit sans cesse dans ud commerce de lettres très-suiri. Ce prosélyte infortuné d'un système atroce étoit cité avec éclat pour ses talens militaires et les plus brillantes actions de courage ) et pour une infinité de traits particuliers d'une admirable générosité ; tous ceux qui, avant la révolution ^ alJoient souvent faire leur cour au Palais- Royal ^ reconnoltront aussitôt dans ce portrait le comte de Sch***; dès les premiers excès de la révolution , il abjura avec hra-reur la philosophie qui les prodnisoit; avant de retourner en Saxe, sa patrie, il vint à fiélIe-Cfaasse me demander pardon d'avoir voulu , à mon de'but dans la littérature , m' entraîner dans l'abime d'impiété , dont la lumière de la foudre ( ce fut son expression) lui avoit montré toute la profpn-
deiu-! Il me loua d'avoir résisté aux
avances , aux promesses , aux menaces de son ami d'Alembert et de quelque* autres ; après cette visite d'adieu, qu'il termina en
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