‹ Les Attitudes du Corps Comme Méthode d'examen, de diagnostic et de pronostic dans les maladies du cœurChapitre 13 sur 45 · ND · texte numérisé non relu

ND

une région quelconque du tronc doivent aussi ne pas être soumis à l’attitude relevée sans précautions.

En résumé, 1l faut s'inspirer de Pétat du malade, de ses poumons, de son cœur, de ses vaisseaux. Quand l'ét tat de ces différents organes ne s'oppose pas formellement à l'attitude relevée, on doit procéder à celle-ci avec lenteur, eraduellement, comme pour y accoutumer l’organisme du malade, et en évitant d'aller au delà de ce 1e est nécessaire à un bon diagnostic.

Une fois l’attitude donnée, il faut faire l'examen assez rapidement et demander de temps à autre au malade sil n'est pas gêné, s’il n’étouffe pas trop, s’il n’a ni éblouissements, n1 vertiges. D'ailleurs, pendant qu’on ausculte, on se rend facilement compte de l’état de la respiration. Si le malade ne se sent pas bien, que le cœur s’affole trop, que la dyspnée devient asphyxique, on doit l’asseoir aussitôt. Une fois l’exainen terminé, on ramène graduellement lé malade à la position qu’il a d'ordinaire. Il ne faut en aucun cas, lorsqu'on a affaire à un cœur très suscepüble où à un malade dans de mauvaises conditions, établir ou cesser brusquement lattitude relevée. C'est cette brusquerie qui est surtout à craindre. Car, Si on ausculte un cœur pendant les changements d’attitude, on s’apercoit très bien que c’est à ces moments que l’énergie du cœur est la plus grande, que les battements sont les plus tumultueux. Imbu de ces précautions, que la pratique ellemême nous a dictées, il ne nous est arrivé ni incident, ni accident, bien que le nombre des malades que nous ayons vus soit déjà considérable.

Conclusions.

L'étude: de la position relevée, de ses effets, en général, sur les bruits du cœur et sur leur fréquence, de ses imdications, de ses, contre-indications, de ses dangers, nous Aa aux données suivantes :

40 Il est impossible de ne pas admettre que la position relevée accentue les bruits normaux et anormaux du cœur et ralentit le pouls plus que la position couchée dont elle n’est que l’exagération au point de vue de la pesanteur, de même que la position couchée est aussi l’exagéralion de la position assise et debout.

* 2 L’attitude relevée fait apparaître et entendre nettement des bruits anormaux qu’on ne percevait pas en position couchée, assise ou deboul :

30 Elle augmente l'intensité des bruits anormaux.et en fait saisir la netteté plus que les autres positions ;

4 Elle diminue généralement la fréquence du pouls plus que les autres attitudes du malade et permet de mieux savoir à quel moment se produit le bruit anormal.

Si maintenant l’on veut se rappeler d’où proviennent la plupart des difficultés de diagnostic des maladies du cœur, aussi bien pour les médecins qui s’en occupent spécialement que pour ceux qui se livrent-à la grosse clinique, quoiqu’à la vérité le nombre des cas difficiles soit plus grand pour ceux-ci, on reste convaincu que c’est de la faiblesse ou de l’absence des bruits anormaux et de la vitesse des battements du cœur. Après cela, n’est-on pas obligé de conclure qu'un procédé qui augmentera à la fois l'intensité et la lenteur des bruits normaux et anormaux est un procédé de choix pour le diagnostic? C’est cette conclusion qui doit être attribuée à l'attitude relevée, puisqu'elle produit du même coup la plus grande intensité et la plus grande lenteur (1).

(1) Cette conclusion n’est autre que celle de M. le Dr Rigal à propos de l’attitude relevée. Après lavoir expérimentée pendant plus de deux mois, tant à l'hôpital que dans sa clientèle privée, M. le Dr Rigal nous a dit que nous avions trouvé là un excellent procédé d'examen dans les maladies du cœur, permettant en méme temps de faire des diagnostics plus précis que par tout autre moyen. Nous le remercions vivement de son approbation.

Page 1