‹ Les Attitudes du Corps Comme Méthode d'examen, de diagnostic et de pronostic dans les maladies du cœurChapitre 12 sur 45 · LENS · texte numérisé non relu

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en attitude relevée, était qu'il n'y avait nulle compensation de la lésion valvulaire de cette malade ; que celleci devait être continuellement sous la menace d’asystolie.

M. Chauffard, frappé des effets violents de l’atuitude relevée, et craignant qu'il n'en fût peut-être ainsi même chez les individus sains, essaya la manœuvre chez une jeune fille saine de cœur. Elle n’accusa pas la moindre gêne, pas le moindre étouffement, pas de palpitation et cependant elle resta dans cette attitude relevée plus de cinq minutes. Ces deux observalions montrent bien que l'attitude relevée n’agit pas défavorablement sur un cœur normal ou compensé, tandis qu'elle trouble profondément un cœur forcé, débile, et qu'elle provoque pour un moment une véritable attaque d'asystolie.

A Saint-Antoine, chez M. Hanot, qui voulait essayer avec nous la manœuvre, même fait se produisit. Le malade étail un cardiaque emphysémateux que nous trouvons demi-couché. Au bout de une ou deux minutes d’attitude relevée avec genoux pliés, on voit le malade haleter de plus en plus ; la partie supérieure de sa poitrine et la face se cyanosaient, les yeux étaient proéminents. On cessa l'attitude et le malade fut pris d’une violente quinte de toux.

A l'hôpital Laënnec, chez M. Landouzy, une femme a:teinte de rétrécissement mitral pur type Durozier, assise continuellement dans son lit parce qu'elle étouffe aussitôt couchée; ne put pas supporter, même une minute, l'élévation des bras bien que ce fût sans efforts de sa part.

En opposition avec ces faits, nous avons pu maintenir en attitude relevée avec membres inférieurs élevés pendant plus de 40 et 145 minutes, des malades atteints d’insuffisance aortique, d'insuffisance mitrale, de rétrécissement mitral, pour les recherches cardiographiques, sans qu’il en résultàt le moindre trouble. Il en fut de même

pour un individu sain qui put être maintenu plus d’une demi-heure dans l'attitude relevée.

Les dangers æt les contre-indications de l'attitude relevée.

Quelles conclusions avons-nous le droit de tirer des faits précédents ? N’est-il pas certain qu’on ne doit pas employer l'attitude relevée, du moins dans son entier, dans les cas où ie crur est peu tolérant ? Que cette intolérance soit due à ce que le malade est en asystolie, sous la menace ou au déclin d’une attaque de ce syndrome, où qu'il existe une maladie des poumons concomitante ou surajoutée à la lésion cardiaque. À moins que, Connaissant les effets de l'attitude relevée dans ces circonstances, on ne l’effectue sciemment pour éprouver l’état du cœur et de la circulation pulmonaire. Nous croyons de même qu’une sage prudence devra présider à l'examen par cette attitude, des malades atteints d’endocardite aiguë, d’endocardite ulcéreuse, de dégénérescence graisseuse du cœur. À cause de l'énergie de la systole cardiaque, de la dilatalion des ventricules, il pourrait survenir, suivant le cas, des embolies dangereuses, des ruptures du cœur. On usera de la même circonspection dans l'examen des vieillards très athéromateux, et c'est chez eux surtout qu'il faut veiller à ce que la tête soit bien redressée par le traversin et non déclive ;: dans l'examen des individus atteints d’anévrysme de l'aorte à poche peu résistante, quand on peut le présumer. On comprend très bien que chez ces malades, la pulsation cardiaque étant très vive, les parois des artérioles cérébrales pourraient céder et amener une hémorrhagie fatale à brève ou longue échéance. Quant à la rupture d’un anévrysme, on sait que la mort en est la suite inévitable. Les individus qui ont des hémoptysies, des épistaxis, des hémorrhagies dans

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