VIII. — Piaulement irrégulier devenu constant
A la salle Chomel, à Laënnec, au lit 9, nous examinons une vieille cardiaque, D... J..., âgée de 72 ans. La maladie du cœur remonterait à 1870. Depuis cette époque la malade a des palpitations, de l’essoufflement à l'effort, de l’œdème des membres inferieurs et même d'une plus grande partie du corps. On a toujours diagnostiqué chez elle l'insuffisance mitrale type. |
Debout : on entend à la pointe et au 1° temps un souffle intense, piaulant au moment des fortes contractions, car il y a arythmie. Ce piaulement n'apparait du reste qu’une fois sur dix ou douze systoles.
Faisant élever les bras verticalement, le souffle est toujours aussi intense (on ne peut établir uue différence d'intensité quand les bruits sont déjà tres forts), mais le piaulement est plus aigu, on l'entend une fois sur deux ou trois systoles ; l’arythmie est exagérée. La malade étouffe vite dans cette attitude.
Demi-assise dans son lit: il y a ralentissement du pouls. — Le souffle possède à peu près la même intensité qu’en station debout, il est très prolongé. Le piaulement est continu, mais faible.
Nous lui faisons relever les bras et plier les genoux dans cette position demi assise. Le piaulement reste continu, mais devient plus fort, il s'entend jusqu’à la pulmonaire.
Cette malade aime mieux être debout dans la journée. Quand elle se couche, elle s'endort en position demi-assise. Elle craint beaucoup l’elévation des bras qui lui amène des palpitations et de la dyspnee ; aussi évite-t-elle de les tenir élevés pendant un certain temps.