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Ainsi, quand on soumet le cœur d’une tortue à des charges veineuses et artérielles croïssantes, il reçoït plus de sang, se distend plus, effectue un travail plus grand, el des systoles plus volumineuses. Outre ces résultats, le cœur se ralentit, et cela explique aussi pourquoi il se remplit plus et se vide mieux, tandis que lorsqu'il bat vite, ses ondées sont moins copieuses, il se contracte moins et se distend moins.
Nous pouvons analyser davantage le travail du cœur. Pour cela, tandis que les réservoirs veineux el artériels sont peu élevés au dessus du cœur, comprimons le tube artériel en aval du manomètre. On voit alors le mercure s'élever à une hauteur double ou triple de celle qui correspond à l'effort fonctionnel du cœur à Tétat ordinaire. Cet effort varie suivant les instants où on le mesure, et en règle, plus le cœur est plein, plus 11 fait d'effort. Car par exemple au début de la systole son effort qui est maximum équivaut à 0°,14, tandis qu'à la fin quand il est vide ou presque il n’est que de Om,02.
Ainsi, le ventricule agit comme les autres muscles; comme eux son effort est maximum quand ses fibres sont allongées, et diminue à mesure que ses fibres se raccour-" cissent, c'est-à-dire que sa systole est énergique surtout: au début, et qu’elle l'est d'autant plus qu’il est plus plein, plus didiendn, De tous ces faits expérimentaux, il découle ceci : Pour lutter contre uue tension artérielle plus forte que d'ordinairé ou contre un obstacle à la circulation artérielle le ventricule se ralentit, se remplit davantage, se contracte avec bien plus de force surtout au début, et lance de petites ondées sanguines. Si en outre le sang veineux arrive au cœur facilement ou sous pression, il se ralenüt, se remplit, se distend même, se contracte encore davantage. ef lance des ondées de vi volumineuses.
Application des données de l'expérience de Marey au cœur de l'homme sain et suivant les attitudes.
Si nous voulons appliquer ces données fournies par l’action de la pesanteur à l’homme, en ayant égard aux attitudes c’est-à-dire à l'influence de la pesanteur sur son système circulatoire il faut tout d’abord déterminer quelles sont les charges artérielles et veineuses sur le cœur dans ces diverses attitudes.
En moyenne le cœur est à l’union du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de l'individu. Cela veut dire qu'en station debout sur les pieds, la tension sanguine est du fait seul de la pesanteur soumise au niveau des pieds à la pression d’une colonne égale à la hauteur de l'individu; au niveau du cœur la pression de cette colonne n’est plus que d’un tiers, aux aines elle est d’un demi. Ces charges artérielles et veireuses dépendent essentiellemeni de la place occupée par le cœur chez l’individu par rapport à la direction et à l'intensité de Ja pesanteur. Pourtant cela ne suffit pas encore, car l’action de la pesanteur doit être estimée non seulement par la hauteur des colonnes liquides, mais aussi par le volume du sang qu’elles ‘contiennent. En effet, c’est la quantité de sang dont la circulation est, favorisée ou entravée par la pesanteur qui modifie la tension sanguine et par suite le travail du cœur. Aussi il est certain que l’on commet. une erreur, si chez l’homme debout on estime d’après la, hauteur des colonnes le travail du cœur come favorisé dans ses deux tiers inférieurs et entravés dans son tiers supérieur & puisque, aux deux tiers inférieurs du corps correspondent au moins les trois quarts de la masse du sang artériel et au tiers supérieur tout au plus un quart de cette masse. ns
C’est donc d’après la quantité de sang, entravé ou favo-