‹ Les Attitudes du Corps Comme Méthode d'examen, de diagnostic et de pronostic dans les maladies du cœurChapitre 34 sur 45 · INSUFFISANCE AORTIQUE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE AORTIQUE

Deimi-couche

Relevé entièrement. *

Les tracés (1) montrent en outre, comme nous l'avons affirmé, que le cœur peut battre plus vite dans une attilude dans laquelle il aurait dû «se ralentir, tout en battant plus énergiquement, C'est la preuve expérimen- Fi # Nous les devons à l'éxtrème obligeance de notre ami Morax, interne à l’ho-

pital Laennec, qui a mis à notre disposition tous les appareïls du laboratoire de notre regretté maître Damaschino.

tale de l’inexactitude de l’assertion de Sydney Ringer et Cuffer. Mais dans les cœurs normaux et bien compensés, sans hypertrophie extrême des ventricules, les tracés indiquent un ralentissement plus marqué en attitude relevée et des détails plus nombreux et mieux dessinés.

Preuve du renforcement fournie par l’expérience de Marey sur le cœur de tortue.

À cette preuve expérimentale des variations d'intensité des bruits pathologiques et normaux du cœur par les attitudes, nous en ajouterons une autre théorique, fondée sur une célèbre expérience de Marey.

On prend un cœur isolé de tortue terrestre; on relie l'oreillette à l’aide d’un tube de caoutchouc avec un résérvoir de sang défibriné ou de sérum. Ce réservoir qui fournit le sang veineux, peut être placé au niveau du cœur ou plus ou moins au-dessus. A l'aorte est adapté un tube de caoutchouc bifurqué près de son origine. L'une des branches de bifurcation se rend à un manomètre à mercure situé sur le même plan horizontal que le cœur, l’autre sert de conduit de déversement du sang chassé par le ventricule dans un réservoir que l’on place plus ou moins haut au-dessus du cœur. Ainsi les réservoirs de sang veineux et artériel étant mobiles peuvent être déplacés isolément ou ensemble et à différentes hauteurs.

Ces réservoirs étant peu élevés au-dessus du cœur, on constate à chaque systole une élévation du manomètre,

élévation qui est d'autant plus grande que le réservoir

du sang artériel est plus élevé. Dans ces conditions, en élevant à des hauteurs de plus en plus grandes l’orifice

d'écoulement du sang afrtériel, on pourra mesurer le

débit du cœur en un lemps donné et la charge sous laquelle il a versé le sang dans les artères. Le produit du

débit mesuré à l’aide d’une éprouvette graduée par la hauteur de soulèvement du sang artériel, exprime le iravail du cœur. — Voici quelques résultats de ces recherches pour une série :

Débit en Ce Charges en hauteur de sang Travail 40 Om 0 8 0,05 10 7 0,10 70 5,95 045 79 k 0,20 80 1,5 0,25 10 0,25 0,30 8 0 0,35 0

On voit que le travail, nul d’abord avec une pression artérielle égale à O, s'accroît graduellement à mesure que cette pression augmente et qu'après avoir atteint son maximum à 80, il décroît de nouveau. Sous charge trop forte, le cœur ne peut plus se vider, il est forcé, son débit est insignifiant. On voit aussi que le débit du cœur, varie sensiblement en raison inverse de la tension artérielle quand celle-ci entre seule en jeu.

Il n’en est plus de même si en même temps on recherche l'influence de la pression veineuse. Plus le réservoir veineux est élevé, plus le cœur se remplit, et plus ses ondées sont volumineuses. De sorte que l'accroissement de la charge veineuse, quand elle ne dépasse pas le degré maximum de contracthlité fonctionnelle du cœur, est extrêmement favorable à son débit et à son travail. Quant au contraire la charge veineuse dépasse le degré de contractilité maximum du ventricule, celui-ci se distand outre mesure, ne se contracte plus ou à peine, et si Vorifice d'écoulement du sang artériel est un peu plus bas que le réservoir du sang veineux, le cœur ne formant plus qu'une cavité sans aucun jeu valvulaire, sert simplement de raccord aux deux tubes de caoutchouc pour former un siphon.

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