CHAPITRE II
ACTION DES DIFFÉRENTES. ATTITUDES SUR LES: BRUITS DU CŒUR: ET LE POULS EN GÉNÉRAL.
Effets des attitudes debout, assise et couchée, de la marche, de l’agitation du malade, sur l’intensité des bruits pathologiques du cœur en général et sur la fréquence du: pouls.
L'attitude relevée. Sa-pratique. L’accroissement d'intensité des bruits anormaux et la diminution de fréquence du pouls:qu’elle provoque, dans les maladies du: cœur en général. Ses effets: sur la:respiration chez les cardiaques. Ses dangers et ses contre-indications. Conclusions.
Effets des attitudes debout, assise et couchée sur l'intensité des bruits pathologiques du cœur en général et sur la fréquence du pouls.
Ainsi les cliniciens n’ont employé. pour l'examen. des malades que trois attitudes, debout, assise et. couchée. Les:effets de ces attitudes sur l'intensité des bruits patho-
logiques et la fréquence des battements.du cœur, peuvent se résumer. ainsi :
Dans la station. debout,.les bruits sont nuls ou.les plus faibles possibles, ce. qui ne-veut pas dire qu'ils ne soient encore très forts chez bien des malades. Les battements du cœur sont rapides.
Dans la position assise, les bruits pathologiques peuvent ne pas exister; ceux qui étaient nuls peuvent apparaître; les bruits qui étaient faibles .se renforcent; . ceux qui
étaient intenses s’accentuent davantage. Le cœur bat moins rapidement.
= Dans la position couchée, en réalité demi-couchée, on peut ne rien entendre d’anormal et cependant l'individu examiné présente des symptômes fonctionnels certains d’unelésion cardiaque. Les bruits nuls en position assise, deviennent manifestes, mais sont faibles, peu perceptibles à une oreille ordinaire. Les bruits faibles et forts prennent une énergie plus grande. En même temps, les pulsations cardiaques sont pluslentes.
Nous devons ajouter que les effets de ces attitudes sont eux-mêmes modifiés suivant qu'on examine le malade au repos ou après l'avoir agité. Cette agitation, que l’on obtient en faisant faire au malade un exercice quelconque un peu rapide (1) a pour but de rendre les bruits anormaux plus apparents ou même de provoquer un bruit anormal entendu auparavant, mais qui ne s'entend plus. Malheureusement, si d'une part, les bruits anormaux prennent une intensité plus grande, d'autre part, les bruits du cœur s’accélèrent, et très souvent après cette agitation il est impossible, à cause de la vitesse des battements, de se prononcer sur la nature et la place dans la révolution cardiaque du bruit pathologique entendu.
Quoi qu'il en soit de ce supplément de manœuvre dans l’auscultation du cœur, il reste certain que, jusqu'à présent, on n’a employé que les trois attitudes, debout, assise et couchée, et que mème dans cette dernière attitude où les lésions cardiaques sont les plus évidentes, il en reste un grand nombre dont le diagnostic est difficile ou impossible à cause de la faiblesse des bruits anormaux ou de leur absence. |
(1) Marche, montée d’escaliers, mouvements des bras, mouvements de salutation du tronc plusieurs fois répétés.
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L'attitude relevée. Sa pratique. L’accroissement d'intensité des bruits anormaux et la diminution de fréquence du pouls qu’elle provoque dans les maladies du cœur en général.
N'est-il donc pas possible -d’aller au delà des attitudes employées et des résultats fournis par elle? Ne peut-on trouver et appliquer une attitude qui soit compatible avec la nature de l’homme, avec les exigences du malade et du médecin, et qui, en même temps, donne des résultats plus complets, des diagnostics plus précis et plus faciles, et des constatations plus fréquentes des lésions du cœur que la position couchée ? Cette attitude ne pourrait-elle pas être celle qui consisterait après avoir enlevé les oreillers à :
4° Placer le malade le plus horizontalement possible ;
20 Relever fortement la tête, /a tele seule, sans les épaules, avec un traversin seulement, de façon que le menton soit proche de la poignée du sternum ;
3 Faire relever verticalement les bras par un aide, sans le moindre effort de la part du malade;
4 Mettre un ou deux coussins sous le siège pour placer celui-ci à un niveau supérieur à la région cardiaque :
5 Faire relever par un aide soutenant les talons, par une chaise placée sur le lit, par une sangle fixée en un point supérieur et passant sous les talons ou partout autre moyen disponible et le plus haut possible à 40°, 500, 6° et plus, les membres inférieurs étendus, et toujours sans que le malade fasse d'effort pour lessoulever ou les maintenir lui-même élevés.
S1 on veut se rendre compté de l'aspect d'un individu dans cette attitude, on verra que ses bras-et sa tête repré- sente la petite branche d’un U, ses jambes, la grande bran- che et le tronc, etc., la Café inférieure de l’'U.
En réalité, nous n'employons cette position excessive que
dans des cas exceptionnels, ou pour faire l’ SPEEUNE du cœur. MAR EU 3
ET D 'eE
L'altitude qne nous employons couramment, parce qu'elle est pratique, rapide, qu'elle ne choque mi les malades, même quand c’est une femme, ni l'entourage, ni le médecin lui-même qui l’emploie, se rapproche beaucoup de celle du toucher vaginal couché :
19 Après avoir enlevé lout oreiller, et mis le traversin tout contre le chevet du lit, placer le malade le plus horizontalement possible ;
20 fielever fortement la lêle, la tête seule sans les épaules, avec le traversin, de sorte que le menton se rapproche du sternum ;
3° Le malade doit élever lui-même, mais doucement, avec le moins d'effort, ses bras étendus, el les porter ainsi en arrière, contre le chevel du lit où il les maintiendra appuyés ou fixés aux barreaux où aw bord supérieur du chevel suivant les circonstances ;
4 Faire placer les genoux de facon que les pieds reposantsur le lit, les talons sorent aussi près que possible des ischions. Les genoux doivent se toucher.
Cette position que désormais nous appellerons relevée‘ n’a rien de bien extraordinaire. Nous l'avons faite devant des médecins sans qu'ils aient remarqué que nous examinions les malades dans une position nouvelle.
Cependant pour en tirer tous les avantages que nous énumérerons au fur et à mesure de notre travail, il faut observer les précautions suivantes :
4° Le malade doil effectuer les mouvements qui l’amènent à l'attitude relevée doucement et sans effort brusque;
2% Une fois dans l’attilude relevée, il doit détendre tous ses muscles el ne faire désormais aucun effort, et de plus il ne doit être gêné par rien;
3° Il faut attendre À à 2 minutes avant de pratiquer l'examen, afin de laisser le calme se rétablir dans le cœur agité par les mouvements du malade.