‹ Les attitudes du corps comme méthode d'examen de diagnostic ety de pronostic dans les maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 9 sur 29 · III. — Souflle présystolique rendu distinct et dédoublement · texte numérisé non relu

III. — Souflle présystolique rendu distinct et dédoublement

Le malade 13... dit P..., âgé de 58 ans, et couché au lil n° 5 de la salle Larochefoucauld, a Laënnec, présente une double lésion mi ■ traie d'une très grande variabilité d'intensité suivant les époques; au point que lui-même nous dil, avec un cerlain orgueil, avoir servi d'énigme à bien des médecins et à bien des candidats.

La première fois que nous l'examinons, le 17 mai 1892, voici ce que nous constatons :

Demi-couché : bruits assez sourds; à la pointe, souffle syslolique prolongé ; deuxième temps peu nettement dédoublé.

Couché horizontalement : bruits sourds mais mieux frappés ; souffle systolique précédé d'un léger souffle présyslolique; le dedoublement apparaît.

Relevé entièrement : tous les signes précédents sont plus intenses, bien dislincls, bien scandés; on a le ryhlme complet de la double lésion milrale.

Nous avons revu ce malade une seconde fois, le 21 juin. Il venait de rentrera l'hôpital pour une menace d'asystolie. Dès qu'il s'agite vivement, il est pris de battements violents et rapides du cœur et d'étouffements*

Demi-assis : les bruits sont excessivement sourds ; c'est tout au plus si on les perçoit suffisamment un peu en dehors du ma-

melon. Le premier temps semble prolongé et le deuxième parfois dédoublé.

Le malade ne voulant pas se soumettre à l'attitude relevée à cause de son anhélation, nous l'examinons en :

Demi-assis avec bras élevés seulement : bruits tout aussi sourds mais plus nets ; on distingue très bien un souffle présystolique, un souffle systolique et un dédoublement du 29 temps.

L'ne troisième fois nous avons examiné ce même malade le ûiî juin. Le repos ayant amené une diminution marquée des phénomènes d'intolérance cardiaque, il veut bien se mettre en altitude relevée.

Demi-assis: bruits très sourds ; on entend un premier Lemps mal défini et un second temps bref, ayant quelque tendance au dédoublement.

Le malade avant fait plusieurs oscillations avec le tronc, on entend bien le dédoublement et le souffle systolique, mais pas de souffle présystolique distinct.

Relevé, genoux plies : souffle présystolique, souffle systolique et dédoublement bien scandés, bien nets.

IV. — Apparition d'un souflle systolique; souffle présystolique rendu distinct ;

renforcement du dédoublement.

A la Charité, salle Piorry, lit 20, nous examinons, le 10 mai 1886, la malade S. M..., âgée de 17 ans, ayant eu une attaque de rhumatisme il y a quinze jours.

Depuis quelques jours, l'externe entend de lemps a autre un tout petit souffle systolique, oulre les signes du rétrécissement.

Demi-couôhée : à la pointe, ler bruit sourd, prolongé: dédoublement net du r lemps ; souffle présystolique confondu avec le 1er temps. Le dédoublement augmente d'intensité à la base.

Relevée, genouy. pliés, même au bout de cinq minutes : souffle systolique rude continu, souffle présystolique distinct, dédoublement très net. Le cœur s'est ralenti. Deux jours après, le diagnostic d'insuffisance mil raie a été confirmé dans le service.

V. - Renforcement du souflle systolique et du dédoublement ; Apparition du

souffle présystolique.

A Laënnec, salle La Rochefoucauld, lit 1, le 16 avril 189-» nous auscultons le malade V... J.-B., âgé de 44 ans. On a toujours porte chez lui le diagnostic de double lésion mitrale. Mais il arrive

souvent que parle repos el le traitement les signes de celte lésion deviennent peu perceptibles chez lui.

Demi-couché : dédoublement ne l du 2° bruit, souffle systoïiaue très léger. 4

Couché horizontalement : dédoublement encore plus net, souffle systolique doux, souffle présystolique le procédant peut-être, car il y a renforcement systolique du souffle.

Relevé entièrement : petit souffle présystolique, souffle systolique en jet de vapeur mais peu fort, dédoublement très net. Le cœur s'est ralenti. Tous les bruits se sont renforcés.

VI. — Apparition du souffle systolique et du souffle présystolique.

Le malade B..., âgé de 17 ans. couché au lit 16 de la salle Grisolle, à Laënnec, a eu à 15 ans, une attaque de rhumatisme aigu qui a duré deux mois et s'est généralisée à presque toutes les articulations. 11 y a un an, il a ressenti pour la première fois des palpitations. On a trouvé à plusieurs reprises chez lui, les signes d'une double lésion mi traie. Notre examen est du 26 juin 1891.

Couché: à la pointe, le 1er temps est prolongé plutôt que soufflant ; le 2e temps est dédoublé, surtout vers la pulmonaire, où nous n'avons pu retrouver un souffle cardio-pulmonaire m'êso-diastolique que nous avions constaté un mois el demi auparavant.

Relevé, genoux pliés : 1CT temps neltement soufflant avec renforcement systolique faisant percevoir un souffle présystolique très léger: le dédoublement du 2e temps est très nel à la pointe et à la base.

Chez ce malade, les battements réguliers en position couchée, sont deveuus irréguliers au bout d'environ trois minutes en position relevée, en même temps le malade éprouve de la gène respiratoire.

Tels .sont les résultats que l'attitude relevée non- a fournis. Ils montrent que cette manœuvre dégage les bruits anormaux les uns des autres, tant parée que les révolutions cardiaques sont plus lentes que parce que l'intensité de chacun des bruits est augmentée. Le rythme est ainsi plus distinct, plus caractéristique de la lésion, et en outre, elle a eu l'avantage, dans bien des cas, de ne laisser aucun doule sur le souffle présystolique qui est apparu ou s'est renforcé.

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