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SCÈNE DEUXIÈME

lever du rideau, un cordon de troupes à cheval, barre la porte )idomagne. Les soldats travaillent à faire sauter les ponts :uve. Sur les talus et les remparts, des patrouilles montent la Un général inspecte l'horizon, sa lunette à la main. Il ille ce qui se passe, tandis qu'une estafette accourt remettre à ier, qui commande les cavaliers, un ordre.

L'OFFICIER (lisant)

Ordre est donné de ne laisser pénétrer dans la ville, onne ; sauf le tribun Jacques Hérénien. Il importe [ comprenne la faveur qu'on lui fait. On lui résistera r la forme. »

(Signé) La régence d^Oppidomagne.

lÎKRÉNiEN débouche par la grande route, suivi de la multitude des loqueteux, des femmes, des ouvriers, des

fermiers et des vieillards. Apres s'être rendu com\ qu'entrer dans la ville lui sera difiîcile, il s'avance se vers i'ofilîcier.

HKRÉNIEN"

Je suis de ceux que l'on écoute. Oppidomagne est ville où j'ai grandi, souffert, combattu pour mes idées q sont les plus belles qu'un homme puisse porter dans tête. J'aimais Oppidomagne quand elle semblait invincib Aujourd'hui, je veux ma place au rang de ceux q meurent pour elle. Et je la veux pour tous ceux qui se là, pour tous ceux que j'ai croisés sur ma route. C'est n qui leur ai crié de me suivre. J'ai refoulé vers le courage flot qui dévalait vers les lâchetés.

L'OFFICIER

Je sais qui vous êtes, mais ne puis changer les ord reçus.

HÉRÉNIEX

Quels sont ces ordres ?

L'OFFICIER

Tenir cette barrière fermée.

Il désigne la porte de la ville.

HÉRÉNIEN

Ainsi, il se fera qu'Oppidomagne,

A l'heure, où des montagnes

De deuil et de terreur croulent sur son orgueil,

Avec les quelques pauvres mots qui sont un ordr

Barre son seuil,

Barre ses portes,

A ceux qui lui apportent

Leur sang, leur cœur

Et les flammes violentes de leur ferveur !

Moi qui, jadis, le soir, sur les môles du port,

Ai vu les mers

Pousser et disperser en elle

Le formidable et libre univers.

Moi qui Taime, sublime ou criminelle

Et si étrangement, et si éperduement.

Que je lui suis un fils, aussi fou qu'un amant,

Je devrais m'en aller, comme une bête traquée î

Un ordre ! Mais ce sont de pareils ordres qui ruinent un peuple I Calcule-t-on le nombre des défenseurs quand le deuil est infini ? Sépare-t-on pour la mort ceux qu'unit le même danger? J'exige que vous lassiez place à tous.

L'OFFICIER

Je ne puis.

IlÉRÉNiEN s'approche du cadavre de son père et lui découvre le visage et le torse.

HÉRÉXIFN

Pendant vingt ans, celui-ci fut soldat.

11 a suivi vos chefs au bout du monde. Il s'est battu sous les pôles, dans le désert et sur la mer. Trois fois, il traversa l'Europe entière, En une effrayante tempête

De drapeaux fous et d'aigles d'or et de lumières ! Est-ce à lui qu'on refuse l'entrée d'Oppidomagne ?

L'OFFICIER

A tous ceux qui vous suivent.

Alors, sachez que c'est au nom de la loi la plus claire, la plus simple et la plus fixe que je m'adresse à votre honneur d'homme. Dans peu de jours, cette plaine sera ruine, pourriture et sang. Vous n'avez qu'un mot à dire pour que la vie, à laquelle tous nous avons droit, nous soit conservée. L'assistance que les hommes doivent aux hommes, vous qui portez des armes, vous, le premier, vous la devez à nous tous. Ce devoir etîace tous les autres. Il existait qu'on ignorait encore le nom d'armée et le nom de consigne.

LOFFICIER

Dispersez-vous, dispersez-vous.

HÉRÉNIEN

Il regarde la foule qui le suit, énorme, compte du regard les soldats et se dirige d'abord vers son père mort.

Je demande pardon à ce mort d'ensanglanter ses funérailles.

A ce moment, le général qui observe la scène du haut du rempart accourt vers l'officier.

HÉRÉXIILX (s ad ressaut à la foule)

J'ai épuisé tous les moyens, il n'en reste qu'un. Vou le devinez tous... Nous sommes mille, et ceux-ki quelques-uns (désignant les soldats). Il en est d'entre eux qi comptent des pères et des enfants parmi vous. Ils soi nôtres; ils laisseront passer... Que les femmes se mettei devant : ils ne tireront pas.

S'avançant seul, pendant (iiie la foule se masse. Aux soldat

Celui qui vous commande vous ordonne un crim Désobéissez. Vous en avez le droit...

Mais déjà le général a rejoint lofficiei ciu il léprimand On entend les mots « maladresse » « folie ». Le généi s'avance rapidement vers IIérénien et le salue.

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