L. ALLISON & Ci0 2g, cité d'antin
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« La famille des Audran, si féconde en habiles graveurs, doit en quelque façon son établissement et le commencement de sa réputation à celuy de qui on a rassemblé icy les ouvrages. Ce fut luy qui le premier embrassa la graveure et qui, s'y étant distingué, détermina son frère et ses neveux, par son exemple, à suivre une profession, où Gérard Audran, l'un de ses neveux, a paru depuis avec tant d'éclat; mais c'est moins par cet endroit que par sa propre capacité que Charles Audran mérite des éloges. Il étoit bon dessinateur et sa manière de graver des plus artistes : il ne lui a manqué que d'avoir rencontré plus d'occasions d'exercer ses talens dans toute leur étendue. Presque toujours occupé à des ouvrages, la plus part de peu d'importance et d'après des maîtres peu habiles, s'il se négligeoit quelquefois, il faisoit connaître ce qu'il valloit lorsqu'il étoit assez heureux pour rencontrer d'excellents dessins. Ce qu'il a gravé en Italie d'après Piètre de Cortone, André Sacchi et Jacques Stella en est une excellente preuve. L'on ne doit donc pas l'accuser s'il se trouve dans son œuvre quelques pièces inférieures à d'autres ; c'est moins sa faute que celle des peintres parmy lesquels il vivoit et de ceux par qui il étoit employé et dont il étoit obligé de suivre les idées1. »
L'indulgence de Pierre-Jean Mariette, qui parle ainsi de Charles Audran dans son Abecedario, nous paraît grande ; nous avons même quelque peine à nous expliquer ce jugement sous la plume d'un des
i. Mariette, Abecedario, t. I«r, p. 35, 36.
hommes les plus compétents en pareille matière. Que l'on fasse un mérite à Charles Audran d'avoir fondé une dynastie de graveurs, rien de plus juste, mais que l'on trouve sa manière de graver « des plus
CHAULES AUDRAN.