CLAUDE III AUDRAN. — PANNEAUX D'ORNEMENT
petit désir de revoir Valenciennes, le déterminèrent totalement. Le prétexte d'aller voir ses parens lui servit de moyen honnête » (Catalogue
de Quentin de Lorangère, 1744, p. 176.)
Quelle qu'ait été la situation de Watteau vis-à-vis d'Audran, il n'en est pas moins certain que le maître eut sur le talent de son disciple une salutaire influence. Les leçons de Claude Gillot et de Claude Audran turent très profitables à Watteau qui sut, à un moment donné, se créer une manière personnelle, mais qui eut pour ancêtres directs les deux artistes auxquels il avait été tout d'abord demander conseil et protection. Si Gersaint semble faire entendre que Watteau fut en plusieurs circonstances fort utile à Claude Audran, Pierre-Jean Mariette, qui ne cherche pas à faire un éloge, reconnaît volontiers que Claude Audran est un artiste de très réelle valeur qui pouvait parfaitement à lui seul acquérir la célébrité ; il s'exprime ainsi au sujet de Claude Audran dans les notes qui accompagnent l'édition de 17 5 2 de la Description de Paris de Germain Brice (tome III, p. 404, 405) : Claude Audran, concierge du Palais du Luxembourg, « est regardé avec justice comme un des premiers dessinateurs qui aient jamais paru pour les Arabesques et les grotesques. Ce sont des compositions d'ornements légers et agréablement distribués, qui étoient en usage chez les Anciens et qui ont été renouvelés par le fameux Raphaël. Ils sont devenus fort en vogue; on en orne les lambris et les plafonds des plus petites pièces et ils produisent un effet charmant lorsqu'ils sont imaginés avec goût et qu'ils sont exécutés avec autant de soin que tout ce qui l'a été en ce genre par Claude Audran. On en peut juger par plusieurs de ses ouvrages qui sont répandus en différents endroits particulièrement dans le château de Meudon, dans celui d'Anet, dans la ménagerie de Versailles et dans le château de la Muette, où il a fait des choses dignes d'admiration, plus belles et plus ingénieuses que tout ce qui s'était encore vu jusqu'ici en France dans ce genre singulier. Il a aussi inventé une nouvelle fabrique de tapisserie dont le plafond est une toile cirée préparée, sur laquelle on applique des laines hachées ou broiées, de différentes nuances et couleurs, selon que le sujet le demande. Ces tapisseries ; ont été bien reçues; la beauté des dessins a beaucoup contribué à en relever le mérite. »
Cette manufacture de tapisseries, nous la trouvons mentionnée également dans Séjour à Paris, par J. C. Nemeitz (Leyde, 1 727, p. 379), mais nous ne savons pas quel fut son sort. Les historiens modernes de la