‹ Les AudranChapitre 19 sur 28 · BENOIT II AUDRAN. L AMOUR DESARME · texte numérisé non relu

BENOIT II AUDRAN. L AMOUR DESARME

d'après Antoine Watteau.

Cars, Nicolas Cochin, Michel Aubert, Nicolas de Larmessin, J. Ph. Lebas, L. Surugue, H. S. Thomassin, L. Desplaces, B. Lépicié, et Benoît Audran ; ils avaient tous un égal respect pour les œuvres du maître, un égal souci de sa gloire, ils avaient en outre une manière assez semblable de travailler ; comme leur maître Gérard Audran, ils avançaient beaucoup leur travail à l'aide de la pointe et de l'eau-forte, et ils n'appelaient à leur secours le burin que pour accentuer les parties de la planche qui avaient besoin d'être particulièrement accusées. Telles eaux-fortes de ces artistes étaient déjà des œuvres charmantes et le burin très discrètement utilisé ne jouait qu'un rôle fort secondaire.

Il n'y a pas lieu ici de passer en revue tous les ouvrages de ces artistes qui, bien que formés à une même école, surent encore accuser çà et là leur personnalité ; mais il est à propos de dire que Benoît Audran occupe, parmi eux, un rang fort honorable.

Né à Paris le 17 février 1698, Benoît II Audran était fils de Jean Audran. Son père, qui avait appris de Gérard Audran les élémen ts de son art, transmit à Benoît les leçons qu'il avait reçues; il inculqua au jeune artiste le goût du dessin et ne le laissa se livrer à la gravure que lorsqu'il le vit en mesure d'interpréter avec intelligence les peintures qui lui seraient soumises. Jean Audran, qui avait en lui de véritables instincts de coloriste, dirigea son fils dans la voie qu'il avait lui-même suivie et dans laquelle il avait obtenu de légitimes succès. Dans le Cabinet Cro\at, Benoît 1 1 Audran grava d'après Michel-Ange de Caravage une Bohémienne disant la bonne aventure et, d'après Paul VévontsQ,Loth et ses filles sortant de Sodome et le Dégoût; plus tard Antoine Watteau l'occupa presque uniquement ; il grava successivement d'après ce maître : Y Amour désarmé, le Retour de la chasse, le Concert champêtre, la Danse paysanne, les Amusements champêtres, le Passe-temps, Me^etin et la Surprise, et, d'après Nicolas Lancret, le Printemps et le Feu. Tous ces ouvrages se distinguent par une rare aisance dans le travail et par une entente de l'effet également rare. La planche n'est pas surchargée de tailles; la lumière est formée par le blanc du papier qu'accompagnent quelques points habilement disposés reliant les parties sombres aux parties claires; le burin, employé avec sobriété, vient à propos accentuer certains contours que la pointe a insuffisamment accusés et aider au modelé que l'eau-forte a pu négliger; ces deux outils, se prêtant un mutuel secours, venaient, comme les différents tons, sous le pinceau du peintre, se compléter l'un par l'autre.

BENOIT II AUDRAN. — LE CONCERT CHAMPÊTRE, d'après Antoine Watteau.

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