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GERMAIN AUDRAN. — PORTRAIT DE CAMILLE DE NEUVILLE

ï6 LES ARTISTES CÉLÈBRES

main-en-Laye. Claude Audran s'acquitta de ces différentes tâches à la satisfaction du maître tout puissant alors, qui l'attira auprès de lui aux Gobelins et l'attacha pour ainsi dire à sa personne. Lorsqu'il avait arrêté une composition, et lorsqu'il avait tracé d'une façon bien précise ce qu'il entendait exprimer, Charles Le Brun remettait son dessin à Audran qui devait le grandir, le transporter sur la muraille ou sur la toile et l'ébaucher assez complètement pour que le maître n'eût plus en reprenant le travail qu'à le parfaire. Claude Audran exécuta de cette façon un grand nombre de peintures tant dans la galerie d'Apollon au Louvre, que dans les appartements du château de Versailles. La plupart de ces peintures n'ont jamais porté le nom d' Audran qui ne jouait dans tous ses travaux qu'un rôle de praticien, mais en exerçant sa main, en mettant son talent au service d'autrui, il ne tarda pas à acquérir une expérience du métier qui, dans la suite, lui fut très profitable.

Guillet de Saint-Georges, dans la notice consacrée à Claude Audran, énumère la plupart des tableaux de cet artiste et indique le nom des monuments qui les renfermaient de son temps ou des personnes qui les avaient commandées. Nous ferons plus loin un extrait de cette notice qui permettra de se rendre compte des travaux considérables exécutés par Claude Audran.

Le 27 mars i6"5, Claude Audran fut reçu membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture sur le tableau de la Cène; l'année suivante, le 3 juillet 1676, il était nommé adjoint à professeur; le 29 novembre 1681, il devenait professeur, et, le jour même où lui fut conféré ce titre, son plus jeune frère Gérard Audran obtenait le grade de conseiller de l'Académie, récompense la plus haute à laquelle pût prétendre un graveur dans la docte assemblée. « Pour lui, dit Guillet de Saint-Georges, en parlant de Claude Audran, pendant ces différentes situations, il attira l'estime et l'amitié de tout le corps par son humeur douce et traitable et par son assiduité à remplir ses devoirs avec exactitude. »

Claude Audran mourut le 4 janvier 1684, au moment où il venait de terminer pour les Chartreux de Paris le Miracle des cinq pains. Guillet de Saint-Georges se trompe, lorsqu'il nous dit que sa mort arriva en i683; le billet de faire part suivant, publié par M. O. Fidière, nous renseigne à ce propos d'une façon précise :

« Vous estes priez d'assister au convoy, service et enterrement de def-

LES AUDRAN i?

funt Monsieur Audran, peintre ordinaire du Roy et professeur en l'Académie royale de peinture et sculpture, décédé en sa maison, rue d'Orsi, qui se fera le jeudy sixiesme jour de janvier 1684, à dix heures précises du matin, en l'église Saint-Roch, sa paroisse, lieu de la sépulture, où Messieurs et dames se trouveront s'il leur plaist. »

Claude Audran ne fut pas marié, et Jal, dans son précieux dictionnaire, a fait erreur, lorsqu'il dit qu'il épousa Jeanne Chéron ou Cizeron, qui était la femme de Germain, le frère aîné de ce Claude.

Le nom de Claude Audran se lit fréquemment dans les Comptes des bâtiments du Roi, publiés par M. J. Guiffrey, mais il n'apparaît que pour des acomptes qui lui sont payés à des époques indéterminées, à la suite de travaux pour Versailles et pour les Tuileries signalés plus loin ; nous n'avons donc pas cru utile de reproduire ici ces mentions, que l'on sera toujours à même de consulter dans la collection des Documents inédits.

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