‹ Les Auras dans l'ÉpilepsieChapitre 6 sur 55 · AIT · texte numérisé non relu

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amnésie rétrograde, lorsque nous chercherons à -établir une statistique des auras, mais dans les cas qui sont maintenant en question, le caractère général des accidents montre bien qu’il s’agit de ce que l’on à désigné sous l’heureuse dénomination d’équivalents épileptiques. La preuve en est que des troubles tout à fait analogues à ceux qui nous occupent ici, sont souvent précédés d'une aura consciente. Voilà encore une erreur qu'il était nécessaire de faire ressortir.

Nous devons maintenant examiner une classe de faits qui constitue la grosse portion des auras dites intellectuelles. Les observations sont nombreuses de malades qui sont prévenus de leur attaque par l'apparition d’une personne qu’ils ont connue ou d’une scène à laquelle ils ont assisté autrefois. Est-il vraiment logique de séparer ces faits des hallucinations qui jouent si souvent le rôle d’auras et qu’on - trouvera décrites plus loin ? Sans doute, pour le psychologue, il y aura une distinction à établir suivant la nature des éléments constitutifs de l’image apparue, mais pour le médecin, que cette image ait été ou non antérieurement perçue dans son ensemble, il importe peu et ce ne sont que des faits pathologiques de même ordre. Dès lors, nous n’hésitons pas à faire rentrer les fâits de ce genre dans le groupe des hallucinations qui peuvent précéder immédiatement l'attaque épileptique, à en faire par conséquent des auras sensorielles.

Restent quelques observations où le phénomène Durand 3

qui constitue l’aura semble bien purement intellectuel. Plusieurs d’entre elles sont rédigées avec assez peu de précision, pour qu'il soit impossible d’analyser exactement leur contenu, mais ce reproche ne s'adresse pas à toutes. Il y a en particulier à retenir une belle observation de M. Féré, publiée sous ce titre : Aura intellectuelle. Doute métaphysique relatif à l'existence de Dieu. Il s’agit d'un épileptique chez lequel les paroxysmes étaient annoncés par une sensation d'angoisse et dont l'esprit au moment de la crise, était saisi constamment par ce doute pénible. Il importe de remarquer que ce malade, d'après l’analyse complète de son état physique et mental, ainsi que de son histoire, doit être rangé dans la grande classe des dégénérés héréditaires. Cest un malade complexe qui présentait entre ses accès convulsifs, des accidents constitués par des étourdissements sans perte de connaissance et des accès d’excitation maniaque, tous annoncés par la: même idée de doute. Cette idée en elle-même, apparait bien comme une de ces obsessions si tréquentes chez les dégénérés héréditaires ; il est dès lors bien difficile d'en faire une variété d’aura, variété qui, remarquons-le, serait spéciale à une classe particulière d’épileptiques.

Enfin, même si l’on s'arrête à cette manière de voir, l’idée en question reste intimement liée à la sensation générale d'angoisse à laquelle elle s’ajoute et l’en séparer serait par conséquent créer une division toute artificielle. Elle n’est, pour ainsi dire, qu’un

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‘épiphénomène et le trouble de la sensibilité qu’elle accompagne reste le fait principal.

En somme l’observation qui vient d’être analysée et celles du même genre qui peuvent être publiées ne nous semblent nullement nécessiter la création d’une classe spéciale d’auras psychiques. Nous dirons seulement que chez les dégénérés certaines auras - sensorielles peuvent se compliquer d'obsession mentale.

Avant de clore cette discussion sur la classification des auras, rappelons que certains auteurs ont cru devoir accorder une importance spéciale à de simples variétés : ainsi, on a décrit une aura hystéroïde comprenant d'une part les sensations douloureuses qui aboutissent à la strangulation laryngée, d'autre part les bourdonnements d'oreilles et les sifflements, l’obnubilation de la vue et les battements dans les tempes réunis par Charcot dans sa deseription clinique de l’hystérie sous le nom d'aura céphalique. Certes le rapprochement s'impose entre les symptômes analogues que peuvent offrir deux affections comme l'hystérie et l’épilepsie ; mais, de [à à créer une division dans un groupe naturel, il y a loin et si la dénomination d’aura hystéroïde peut avoir sa valeur dans une description clinique, elle n’est plus, introduite dans une classification générale, qu’une complication inutile.

Par cet exposé nous croyons avoir démontré l'insuffisance des divisions généralement adoptées. La classification de Delasiauve, bien qu'on y ait

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ajouté certains groupes nouveaux, celui des auras vaso-motrices, celui des auras thermiques par exemple, n'offre cependant pas ainsi modifiée la netteté et la généralité qu'on est en droit d'exiger de toute elassification. Nous sommes donc amenés à proposer la division suivante des auras, division qui partant de l'étude analytique de la sensibilité et de la motricité offre, étant donné l’état actuel de la question, l’avantage d’être aussi complète et aussi précise que possible.

Cette classification peut être établie sous la forme

suivante :

| a) Affective | Sensations douloureuses.

! Sensations visuelles.

A.— Auras : :

Sensations olfactives.

de la

M st .… | Sensations gustatives.

sensibilité | t)/ Perceptive 52 Sensations kynesthésiques.

Sensations thermiques.

Sensations tactiles.

Sensations cænésthésiques

| Contractions spasmodiq“es

a) de la mo-| Contraclures.

tricité VParésies.

Pape proprement | Paralysies.

de la dite | Tremblements.

motricité

Sensations auditives.

Impulsions motrices.

D ) De la vaso-{ Vaso-dilatations.

motricité { Vaso-constrictions.

sr —

Dans ce tableau ne rentrentfévidemment, que les auras simples. Mais parmi les auras complexes un grand nombre pourront, grâce à la’ prédominance évidente d'un de leurs éléments être rattachées à l’une des classes qui viennent d’étreJlétablies. Les autres, apparaissant comme une simplefsérie de phénomènes indépendants, exigeront fune description spéciale. En tout cas, cette division? permettra de classer les éléments constitutifs des auras les moins homogènes en apparence ; c’est là un précieux avantage pour l’observateur.,

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Symptomatologie

Il est nécessaire, avant d'entreprendre la description d'un symptôme essentiellement polymorphe, de bien préciser le moment où se manifeste ce symptôme et les circonstances qui l’accompagnent. Rappelons donc en quelques lignes l’état de l'épileptique au moment où va éclater l'attaque, en choisissant, bien entendu, le cas le plus général.

Le malade que nous prendrons pour exemple présente depuis quelques heures, depuis un ou deux jours peut-être, des troubles de différente nature qui lui font prévoir la crise. Il à des bourdonnements : d'oreilles, de l’obnubilation intermittente de la vue, de la céphalée ; ses digestions sont pénibles, son caractère a changé; il est devenu maladroit et se sent en proie à un malaise indéfinissable. Ces troubles indiquent que la décharge nerveuse est proche, l'accès va éclater.

A ce moment si, comme l’a fait M. Voisin, on examine le pouls du malade, on le trouve petit et rapide : le sphygmographe confirme cette impression. Certains auteurs ont noté aussi une forte élévation de la température centrale, mais M. Féré n'a Jamais pu constater qu'une élévation légère ne dépassant pas 1°, 2/10. Enfin M. J. Voisin en examinant la composition des urines, a noté une hypo-

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