‹ Les Auto-intoxications de la grossesseChapitre 26 sur 32 · CONSÉQUENCES CLINIQUES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES CLINIQUES

siologique habituelle. Du reste, le chloral aurait sur les organes urinaires une action plus dangereuse que le chloroforme.

Le chloroforme à dose anesthésique et le chloral à dose massive, tels que les conseille M. Pinard, s'ils ne peuvent épurer le sang des malades, auront pour résultat de supprimer les phénomènes convulsifs qui sont souvent secondairement la cause de la mort, par augmentation de pression, comme pour Thémorragie cérébrale ou méningée ou l'inondation péritonéale par hémorragie du foie, ayant rompu la capsule de Glisson.

CONCLUSIONS

On le voit par celte étude, c'est & chaque pas que j'ai H6, arrêté par un obstacle dans le chemin des faits, c'est à chaque page qu'il m'a fallu conclure par analogie, en me basant sur ce que l'on voit en pathologie; je n'ai donc en aucune façon la prétention de considérer la discussion comme épuisée. Au contraire, je n'ai eu pour but, ici, que d'exposer des faits très intéressants, dont l'étude est à Tordre du jour, et je me garderai d'énoncer des conclusions trop précises.

Je finirais volontiers ce travail, comme Ilanot, quand il disait :

« J'ai reproduit peut-être sans assez choisir beaucoup de documents. Lorsqu'on est en possession d'une conclusion ferme et définitive, il suffit de retracer les arguments décisifs; mais si la question est encore pendante, il est préférable de s'en lenir à l'exposé pur et simple des pièces du procès, pour permettre ii chacun d'en déduire la solution qui lui semble la plus acceptable, d'être juge lui-même delà cause. »

Cependant, je ne puis résister à la tentation de faire, si l'expression m'est permise, le bilan des auto-intoxications gravidiques.

CONCLUSIONS

Les auto-intoxications qui existent k l'état normal chez tout individu sain, ne deviennent apparentes et ne donnent lieu à des phénomènes morbides que quand les organes de défense sont i nsuf lisants ; le foie pour transformer ou fixer certains poisons, les reins pour éliminer le reste.

Ces auto-intoxications qui existent aussi pendant la grossesse, sont augmentées, du fait de cette grossesse, pour des causes multiples. 11 existe môme peut-être certains poisons spéciaux fi la femme enceinte, ce qui expliquerait les accidents tout à fait particuliers qu'elle présente.

Mais ces accidents ne peuvent survenir que si les organes de défense fonctionnent insuflisamment. Le foie paraît avoir une action prépondérante, et son action peut être entravée par un état antérieurde maladie, par une maladie chronique des reins, ou par une affection accidentelle, telle qu'un simple embarras gastrique, une fièvre légère qui, nuisant à son pouvoir glycogénique, le rend insuflisant. Du moment où l'équilibre est rompu, môme de très peu, le cercle vicieux est établi, et l'organe peut difficilement rattraper le chemin perdu.

Le rein a une action généralement très grande, mais néanmoins secondaire à l'état du foie. Si son insuffisance est primitive, elle n'a servi qu'à augmenter le surmenage de la cellule hépatique. Mais si le foie reste suffisant, la malade ne pourra présenter les accidents que

CONCLUSIONS j'ai décrits, tout en restant exposée aux phénomènes particuliers de l'urémie vulgaire.

Au contraire, les accidents peuvent se produire, môme si !e rein reste sain et suffisant; à plus forte raison s'il devient insuffisant.

Les poisons retenus ainsi dans le sérum sanguin sont probablement multiples ou se comportent différemment suivant les individus et suivant les dispositions spéciales des cellules des individus, puisque Ton peut remarquer des manifestations aussi différentes que le sont la céphalalgie et le ptyalisme, les vomissements incoercibles et les accès éclamptiques; puisque ceux-ci eux-mômes ne se ressemblent pas toujours.

Il est à remarquer que le traitement rationnel des auto-intoxications, qui consiste à laisser entrer le moins de poisons possible et à en soustraire le plus possible, a l'action la plus nette sur toutes les mani l'es talions décrites.

Toutes ces manifestations se retrouvent dans le tableau symptomatique de l'bépatotoxhémie des maladies du foie.

Enfin, le point qui me parait le plus utile et le plus intéressant est le diagnostic de cette insuffisance, qu'il faut faire le plus vite possible. Je croîs qu'il l'heure actuelle nous sommes suffisamment armés; je crois que chacun des éléments de ce diagnostic n'est peut-être pas à lui seul suflisant, comme Achard ^l; et Castaigne ie alimeiilaïrc. Causer

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l'ont montré pour la glycosurie alimentaire, mais pris ensemble ils forment un solide faisceau.

J'ai, dans le cours de ces lignes, énuméré beaucoup de faits et d'arguments : quelques-uns d'entre eux appellent la discussion et Texpérimentation. Mais, je le répète, il me suffit pour être satisfait d'avoir posé les données d'un problème intéressant, aussi nombreuses qu'il se peut, afin que tous puissent voir le fort et le faible de ces idées. La théorie que je viens d'exposer possède un avantage sur toutes les autres, c'est d'expliquer plus de faits; elle né peut encore les expliquer tous, mais le plan de l'énorme édifice est fait; il commence à se profiler; à chacun de lui apporter la pierre de ses observations quotidiennes.

Introduction 5

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