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CHAPITRE I

Les Poisons gastro-intestinaux. — Simple aperçu.

‘Le tube digestif, a-ton dit, est un laboratoire rempli de poisons, et cela n’a rien de surprenant pour qui examine de près la quantité innombrable de produits qu’il renferme. Ces toxiques, d'origines diverses, sécrétions glandulaires, produits des fermentations diastasiques ou microbiennes, résidus des putréfactions intestinales, ont été bien étudiés par de nombreux auteurs, etnous ne saurions mieux faire que de renvoyer pour leur étude, à louvrage du Professeur Charrin sur les « Poisons du tube digestif ». Nous nous contenterons donc d’énumérer ici les principales de ces substances nocives. Chacun sait que la salive, et notamment son fervent diastasique la ptyaline, ont été considérés comme nuisibles, comme capables en particulier de produire de la somnolence et de la dépression. (Sanarelli, Hugenschmidt). Les autres diastases, pep-

sine, trypsine, érepsine, etc..., engendrent si on les

es TO —

fait pénétrer dans la circulation, toute une série de désordres : hyperhémies, hémorrhagies, nécrose &k digestion des tissus. En 1902, Drücbert et Dehon ont reconnu et mesuré la toxicité des extraits de muqueuse intestinale, Il ont obtenu surtout des coagulations sanguines intra-vasculaires.

Sur toute la longueur des voies alimentaires on rencontre du mucus, substance qui affaiblit la vitalité des organismes unicellulaires et qui dans certaines conditions produit des coagulations sanguines.

La cavité gastrique renferme de lacide chlorhydrique qui dilué, tue à la dose de o gr. o4 par kilogramme de matière vivante. D'autres acides (lactique, butyrique, etc.), existent également soit dans cette cavité, soit dans le canal intestinal.

Dans le nombre des sécrétions glandulaires toxiques prennent encore place, les éléments de la bile, dont les plus importants au point de vue qui nous occupe ne sont autres que les sels, les acides, les matières colorantes. Il suffit de quelques centigrammes de bilirubine pour amener la mort d’un lapin d'un kilog. Quant aux sels biliaires, ils dissolventles : globules sanguins, et les éléments cellulaires, au niveau des muscles principalement.

A côté de ces diastases, de ce muücus, de ces acides et de ces principes biliaires, viennent se ranger toute une série de produits dérivés, les uns des sécrétons glandulaires où muqueuses, les autres de la digestion et des fermentations ou des putréfactions microbiennes, ù

Ce sont des peptones, des bases xanthiques, des toxalbumines, des nucléines, des ptomaïnes, des éléments aromatiques : iudol, phénol, scatol, des composés ammoniacaux, des dérivés de la putréfaction, des gaz, etc... |

S'il en est (neuridine, cadavérine, saprine, putrescine, guanidine, choline) qui paraissent sensiblement dépourvues d'action sur l'organisme, d’autres provoquent la sécrétion des larmes (mydaléine), des convulsions (parvoline), des désordres mortels (muscarine, hydrocollidine), Quelques-uns de ees poisons paraissent jouir des mêmes propriétés que la digitale, le curare ou la vératrine; d’autres agissent comme la conicine. La plupart se révèlent propres à modifier le fonctionnement du système nerveux ou à troubler la circulation.

Il est évident que l'alimentation, la température, loxygénation, la constipation etc..., une foule de conditions sont aptes à faire varier et la quantité et la qualité de ces produits.

Les fermentations microbiennes sont parmi celles de ces conditions qui font varier le plus la toxicité du contenu digestif. La flore microbienne, si variable en quantité comme en qualité, à été étudiée par un certain nombre d'auteurs. Les travaux de MM. Gilbert, Lyon et Dominici, notamment, nous ont fait connaitre l’abondance des micro-organismes dans les différents segments du tube digestif. Le contenu stomacalen renferme enmoyenne 50.000 par milligramme ; cette proportion baisse dans le duodénum

a LOS

(30.000), pour remonter dans le jéjunum (60.000) et l’iléon (100.000) et s’abaisser enfin définitivement

dans le gros intestin et le rectum (30.000). Le plus

important de ces fermentsfigurés, le coli-bacille, ainsi

que ses dérivés, les paracoli-bacilles, tous hôtes nor-

maux de l'intestin, sécrètent des toxines très nocives

dont l’action a été bien étudiée par M. Gilbert.

Parmi les auteurs qui se sont le plus récemment

occupé de cette question, citons Finkelstein qui a

rencontré constamment des germes acidophiles dans les selles des nourrissons, et Hawtorn qui, dans sa

thèse, étudie les variations de la flore intestinale

dans les infections digestives des nourrissons.

Il serait aisé d’allonger cette liste. Toutefois cette simple énumération suflit à faire entrevoir quelle multiplicité et quelle diversité de substances nuisibles existent dans le conduit gastro-intestinal. Dans ces conditions on doit s'attendre à les voir provoquer toute une série de symptômes morbides. C’est en effet ce que démontre la clinique.

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