OBSERVATION XIV
Autodénonciàtion délirante, récidivante : la première fois de l'explosion criminelle anarchiste du restaurant Véry; la seconde fois ‘six mois après), de l'assassinat d'un commissaire de police; par un déséquilibré alcoolique, sous l'influence d'accès temporaires d'ivresse psychique.
Pas d’internement. — Guérison. — Mise en liberté.
(P. Garnier. — Notes inédites. — Observation rapportée par Dupré.)
[ s’agit d’un alcoolique de 43 ans, nommé G....., qui fut amené à l’infirmerie spéciale, le 3 mai 1892, après avoir été se dénoncer au commissaire de police du passage du Désir, comme l’auteur de l'explosion anarchiste du restaurant Véry, boulevard Magenta. Cette autodénonciation verbale avait été précédée d’une autodeénonciation écrite, sous forme de lettre publique au journal l’Zntransigeant et G... avait écrit cette lettre sous l’influence d’un accès d’ivresse délirante, consécutif à l'ingestion de multiples absinthes, le jour et le lendemain de l’explosion du restaurant Véry. Surexcité par les conversations entendues dans les cafés du voisinage du lieu de l’attentat, G... avait écrit sa lettre dénonciatrice et, le lendemain, en lisant dans l’Intransigeant ce document émané de son délire de la veille, il avait d’abord été fort étonné, ne se rappelant pas son acte, l’envoi de sa lettre. Sous l’influence de nombreuses absinthes, prises le matin à jeun, G... avait été rapide-
ment amené, à la suite de la lecture de sa lettre. à la conviction.
qu’il était réellement l'auteur de l'attentat, qu'il avait posé la bombe. I] s'était alors enfui, dans un raptus anxieux panophobique, se croyant poursuivi, dans les rues, par le public. Affolé, il s'était ensuite dénoncé au commissaire. À l’infirmerie spé-