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transpercé. Le corps était enveloppé dans une couverture provenant du lit, où il avait passé là nuit, et reposait sur un de ces morceaux de flanelle dont se servent les femmes pour se couvrir la poitrine ; à côté du cadavre se trouvait un fragment de journal ayant évidemment servi à essuyer un couteau ensanglanté. La nourrice, qui couchait près de l’enfant et d’un autre plus jeune. dans une chambre séparée, ne s'était aperçue de rien ; aucun des membres de la. famille, composée de dix personnes, y compris les domestiques, n’avait entendu le moindre bruit; aucune effraction n’avait été commise dans la maison; pas de sang dans les escaliers ; dans le jardin pas de traces de lutte.
Les soupçons tombèrent sur M. Kent, sur la nourrice, et sur une fille que M. Kent avait eue d’un premier lit; mais on ne
découvrit aucun indice, qui permit d'établir nettement leur culpabilité, Les soupçons s'étaient surtout arrêtés sur la jeune fille, qu’on avait entendue en diverses occasions. manifester des sentiments d’aversion et de jalousie contre la jeune victime. Une de ses chemises de nuit manquait et n'avait pu êlre retrouvée. Et c'étaient les seuls indices qu’on ait découverts.
En apprenant la cause de son arrestation, elle versa d’abondantes larmes. mais devant le juge, elle retrouva toute son énergie et subit l’interrogatoire avec la liberté d'esprit d'une personne ayant en apparence une pleine conscience de son innocence. Sa culpabilité n’ayant pas été établie, l'affaire fut classée.
Deux ans après, elle entra dans une sorte de maison religieuse d'éducation. Elle en sortit au bout de trois années, pour se présenter devant la justice et confesser le meurtre de son frère. Son procès s’ouvrit, elle plaida coupable, et, sans autre formalité, conformément à la loi anglaise, elle fut condamnée.
Cullerre, (1) qui relate cette observation, termine par les réflexions suivantes. ( La jeune fille condamnée était-elle réel-
1). Cuilerre. Rapport déjà cité au Congrès de la Rochelle 1893.