‹ Les auxiliatrices des ames du Purgatoire 1856-1909Chapitre 12 sur 40 · Ce nom lui fui donné par le Pèi'e de Ponlevoy · texte numérisé non relu

Ce nom lui fui donné par le Pèi'e de Ponlevoy

bation divine : « Si c'est vous, mon Dieu, qui m'inspirez cette dévotion, faites que l'une de mes amies, en sortant de l'église vienne me parler du Purgatoire. » Son cœur battait fort, l'ofïice terminé, quand elle descendit au milieu de ses parents, les cinq marches de l'église. Elle touchait la quatrième, et d'un cri de l'âme renouvelait sa demande, lorsque Thérèse Petit l'aborde et lui dit : « Eugénie, pendant que le Saint Sacrement était exposé, j'ai promis de faire tout en union avec toi, pendant le mois de novembre pour les âmes du Purgatoire. » C'est donc vrai ! Un éclair de bonheur illumine Eugénie ; ce n'est pas l'heure de s'expliquer longuement : « Viens me voir demain », dit-elle radieuse.

Rentrée à la maison elle rencontre une jeune ouvrière qui venait souvent travailler chez ses parents : « Pansons aux âmes du Purgatoire », lui dit-elle. — « Le souvenir de ma mère ne me quitte pas depuis que je l'ai perdue. » Frappée de cette réponse, Eugénie lui fait part de la pensée qui remplit son cœur et, sur sa demande, l'inscrit aussitôt : ce fut la première associée.

Le soir, en famille, on parle du projet. Madame Smet approuve le zèle de sa fille, et propose à tous de s'enrôler : « Un instant, un instant, réclame la sœur aînée ; je veux savoir à quoi je m'engage ; si nous la laissons faire, Eugénie nous mettra de toutes les confréries. » Eugénie explique ce qu'elle veut : faire une association de prières et de sacrifices pour les âmes du Purgatoire, c'est très simple ; et l'on s'engage dans la mesure de ses forces et de sa bonne volonté. C'est en effet très simple ; l' explication donnée, tous se font inscrire.

Mais Dieu n'avait pas tout dit, il n'avait pas fait toutes les demandes. Le lendemain, jour des Morts,

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dans la ferveur de son action de grâces, Eugénie sent l'idée de la veille se transformer, et le dessein de Dieu lui apparaît plus net : « Il y a, pense-4:.-elle, des communautés pour tous les besoins de l'Église militante, mais je n'en connais aucune qui soit entièrement consacrée à la prière pour l'Église souffrante. » La lumière divine pénètre plus avant, elle éclaire l'intime de l'âme et, malgré son humilité, malgré son impuissance évidente, sous l'action de Jésus hostie qui vit en elle, qui dirige lui-même sa pensée, elle ajoute : « Ne serais-je pas appelée à combler cette lacune ? » L'idée est à peine formulée que toutes les difficultés à surmonter, tous les sacrifices à faire envahissent son esprit, bouleversent son imagination, l'attristent et l'épouvantent ; d'instinct, elle s'efforce de se persuader qu'elle rêve, que Dieu ne lui demande pas cela, et que le calme va revenir. Le calme ne revient pas. Alors, se rappelant son audace d'hier, elle redouble ses exigences et pose nettement cinq conditions qui seront la preuve qu'elle ne se trompe pas et que c'est bien la voix de Dieu qui sonne dans son cœur !

\. La réussite de son association de prières pour les âmes du Purgatoire, commencée la veille ;

2. La bénédiction du Saint-Père par écrit, pour cette association, sans attendre l'approbation de Monseigneur l'archevêque de Cambrai ;

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