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Les avariés

Nul n'a oublié l'émotion profonde et universelle que suscita, l'an dernier, la pièce deBrieux, «LES AVARIÉS », interdite parla censure.

Transportée sur les scènes de l'étranger, partout elle fut un triomphe pour l'auteur ; mais en Allemagne, en Suisse, et en Belgique particulièrement, l'enthousiasme fut prodigieux.

En France, le courage de l'auteur, qui, le premier, osait parler ouvertement d'une maladie qualifiée jusqu'ici de « honteuse » fut admiré, et des administrations officielles lui rendirent hommage. C'est ainsi que le Ministre de la Guerre adressa à tous les généraux, en avril 1902, une circulaire spéciale pour inviter les hommes à avouer ce qui n'était ni une honte ni un crime, afin de leur faciliter les moyens de guérir et défendre les humiliations ridicules infligées aux soldats atteints.

De cette pièce, œuvre noble et saine, il a été tiré un roman populaire, où sont dépeints les drames intimes, les situations tragiques, les mystères inexpliqués qui, souvent, se déroulent dans les milieux les plus divers, et dont l'origine remonte à ces « avaries » premières, insuffisamment suivies et malheureusement inavouées.

LES AVARIÉS, c'est une histoire vraie, palpitante d'émotion dramatique, dont tous les personnages ont vécu ou vivent encore. C'est le roman véridiquo d'une exquise histoire d'amour, détruite par la faute d'une victime de celte maladie universelle. C'est l'union brisée de deux cœurs tendrement unis ; c'est aussi l'histoire de deux charmants enfants, innocentes victimes, tendres et mignonnes créatures, qui renaissent enfin à la vie et au bonheur.

Dans ce roman, où tous les cas d'avaries ont été décrits et traités avecleurs conséquences émouvantes et tragiques, le lecteur assiste au calvaire d'un homme et à [histoire atrocement douloureuse d'une épouse surprise dans son affection et dans sa confiance, blessée aux sources les plus intimes de son être.

OEuvre tour à tour terrifiante, attendrissante, et par-dessus tout généreuse, LES AVARIÉS traitent des secrets les plus cachés, fouillent les alcôves les plus intimes, dénoncent les plus poignantes douleurs, mais se terminent dans une apothéose de bonté, de miséricorde et de pardon.

C'est le roman d'angoisse et de tendresse, dont le succès sera prodigieux, parce que, tout en révélant les pires atrocités contre lesquelles aucune créature humaine ne peut se prétendre garantie, il dévoile les moyens de les prévenir, de les combattre, ou mieux, de les éviter.

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