SCÈNE IV LE DOCTEUR, LE BEAU-PÈRE, UN PÈRE
LE PÈRE
vous le savez, monsieur, il m'amve le plus „,and des malheurs... Mon ffls, à dix-hua ans,
: \ demi-paralvsé... 1- -ite du mauva.s Ll..Koussomn.esdepetitsboutiqu.ers,nous
nous étions saignés aux quatre veines pour le mettre au collège... Et voilà... Je voudrais que ce qui nous arrive n'arrive plus aux autres... C'est à la sortie du collège, monsieur, que mon pauvre enfant a été attiré par une de ces femmes. Est-ce qu'on devrait les laisser débaucher des enfants de quinze ans... Est-ce qu'il n'y a pas assez de police pour empêcher ça, si on voulait... Dites, monsieur ?
LE DOCTEUR
Si.
LE PÈRE
C'est donc qu'on ne veut pas?
LE DOCTEUR
Je ne sais pas...
LE PÈRE
Voilà mon fils... Il vaudrait mieux qu'il soit
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mort. . . Un si beau garçon. . . Et bon, monsieur. . Et dont nous étions si fiers...
LE DOCTEUR
Ne désespérez pas. Nous tâcherons de leguérir... [Désolé.) Mais pourquoi avez-vousattendu aussi longtemps pour me l'amener?
LE PÈRE
Est-ce que je savais ce qu'il avait ?. . Il n'apasosé me le dire, monsieur, il a eu peur que je legronde. Pendant ce temps-là, le mal faisait son. chemin. Quand il s'est senti vraiment touché., il est allé, en cachette de moi, trouver des charlatans qui l'ont volé, monsieur, et qui ne l'ont; pas soigné... Ça encore, est-ce que ça devrait^ être permis"? Ils sont donc bien occupés ceux, qui nous gouvernent, pour ne pas avoir le temps de à penser de cela... Est-ce que çan'est> pas plus important que tout?
LE DOCTEUR
Vous avez raison. Leur excuse, c'est qu'ils ne savent pas... Reprenez courage, monsieur... Nous avons guéri des malades plus atteints que votre fils... Et quant aux autres... peut-être un jour pensera-t-on à eux... (Il le reconduit jus- ■ qu'à la, 'porte. Au heau-père :) Vous le voyez, monsieur, le vrai remède est dans une modification des mœurs. Il faudrait qu'on cessât de traiter la syphilis comme un mal mystérieux dont onnedoitmême pas prononcer le nom... L'ignorance où l'on tient le public de la vraie nature et des conséquences de cette maladie contribue à l'aggraver et à la propager. Le plus souvent on l'attrape parce qu' « on ne sait pas », on la laisse devenir dangereuse, faute de soins, parce qu' « on ne sait pas », et on la communique aux autres parce qu' « on ne sait pas ». Il faut savoir, et il faut qu'on ap-
prenne aux jeunes gens les responsabilités qu'ils assument et les malheurs qu'ils se préparent pendant l'adolescence.