CHAPITRE IX
L'auteur accompagne Aharado à la conquête
du Gué^emala.
\ otre armée s« composait de cent c»raliers, de cent cinquante fantassins^ dont je faisais partie , car ma pauvreté ne m Wait pas encore pertnis d^acheter un cheyal, et de six cents Indiens alliés. Nous marchâmes pendant assez loog^ temps à travers des pays soumb, dont les habitants ne nous offrirent aucune résistance. Nous arrivâmes ainsi à la rivière de Miehapoyat, dQnt les habitante d\ine viHe nommée Atiquipaque nous disputitent le passage. Les Indiens n^étaient plus si façiles^ à> vàfiiiOre qu^autrefois ; ils redoutaient' encore beaucoup les -ehevaux et les armes à feu, mais ils tae regardaient plus ces aàimaox comme des^ monstres qui vomissaient du feu et de la fumée. Notre général eut son cheval tué par un Indien, et ce ne fut> qu'avec beaucoup do peine qu'on parvint à le remonter dans la mêlée.
Après unelnide affaire, nous péniétrâmes dans la ville, que nous trouvées U)andonnée ;
nous nous y établîmes , mais les Indiens y mii'ent le feu pendant que nous étions livrés au sommeil, et nous assaillirent de tous les côtés. Ce ne fut qu^àvec beaucoup de peine et après avoir perdu un assez grand nombre des nôtres que nous parvînjgo^s à les repousser. Le lendemain, nous nous emparâmes, non sans combat, de 1« ville de Taxisco, et plus tard de celles de Guazacapan et de Pazaco. Notre .
marcbe était lente , car les Indiens, en pai-semant la route de cailloux aigus et de pointes . de flèches, étaient parvenus à estropier presque tous nos cbevaux. Ce spectacle me consola de mon métier forcé de fantassin : car si je n^avais pas de cheval pour me porter, je n'en avais ~ pas un à trsoner derrière moi, comme la plupart ^ des nôtres. Cependant notre général imagina d'envelopper .les pieds des.chevau.% dans des morceaux de peau de cerf ,. qu'on renouvelait aussitôt qu'ils étaient usès^ et de cette manière . ils . furent bientôt guéris .
Nous arrivâmes ainsi près de la. gr^gade ville de .Xélaluh , sur le territoire des Indiens Quiches. Ceux-ci nous attaquèrent dans une gorge.de montagne, qu'pv appelai; alors Olintepeque, et qui, depuis cette époque,, a reçu le nom indien de Xéquigel (rivière de sang). Ils combattirent toute la journée avec acharne- .
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ment, et en faisant rouler sur nous d'enonnes quartiers de rocher, ce qui, cette fois', fit meiatir le dicton que le bien nous yient d^en haut. Après une lutte acharnée, nous forçâmes le passage, et nous arrivâmes dans la ville, dont * tous les habitants s'étaient réfugiés dans les bois.
Le lendemain, le'roi, qui se nommait Ghîgniavicelut, envoya une ambassade à Alvarado pour lui démander la paix, en lui offrant une grande quantité d'or. Il l'invitait h venir le voir à Ulatlan, sa capitale. Alvarado, le croyai^t de bonne foi, se mit en route, mais il hérita quand il vit la situation et la force de cette ville. Située au sommet d'un rocher escarpé, on n'y pénétrait que par deux portes auxquelles conduisaient des escaliers très rapides. Les iiies en étaient fort étroites et les maisons très élevées. Alvarado remarqua aussi que l'on n'apercevait ni femmes ni enfants, ce qui est un signe certain que les Indiens méditent' quelque trahison. Il n'hésita donc pas à donner le signal de mettre le feu à la ville et de massacrer les habitants.
Après avoir ainsi détruit la monarchie des Quiches, Alvarado nous conduisit vers Guatemala. Le roi vint au devant de lui sur une litière couverte d'ornements d'or et de plumes
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brillantes. H nous fit distribuer des vivres ea abondance,- tant il jetait joyeux de notre victoire sur les Quiches, car une hame mortelle régnait entre les deux, nations; J'en raconterai la cause au chapitre suivant, telle que je réapprise du caci(|ue de Xochitl , village qui me fut donné en repartimiento (i). Je dirai seulement, ici que Don Pedro Alvarado, ayant, par une rare prudence , soupçonné la fidélité duroideGya^ temala y le fit mettre à mort. Ap^ nous, avoir psjrtagé son trésor, il j fonda une ville espagnole sous rinvocationdu glorieux apotr^ saint Jacques ; je fus un de ceux qui s'y éta- .
Mirent les premiers, et je reçu3 pourma part 800 castillans d'or et le village de Xochitl. J'aurais bien fait d'y rester. Mais l'homme est un voyageur sur cette terre, et mon humeur vagabonde ne me. permettait pas de tenir en place.
(1) On nomme ainsi les villages qui étaient distribués aux conquérants , et dont les habitants étaient obligés de leur payer tribut.
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