CHAPITRE Vin
Arrivée de V auteur à Mexico.
era-Cruz était un ramassis de quelques cabanes. DVprès ce que Ton m*a raconté, elle est depuis devenue une belle ville. A notre arrivée , nous fûmes accueillis par une foule d^Espagnols qui étaient venus, de différentes provinces du Mexique y chercber une occasion de s'embar»quer pour l'Europe, avec les trésors qu'ils avaient gagnés à la pointe de leur épée. D'autres étaient venus acheter des marchandises pour les conduire dans l'intérieur. Tous étaient chargés d'or et d'argent ; ils passaient les nuits à jouer, et à boire du vin d'Espagne, dont ils étaient privés depuis long-temps, et qu'ils payaient des pp^ exorbitants.
Quel spectacle c'était pour moi, dans les poches de qui un réal était aussi rare qu'une perdrLx dans les rues de Séville, dis voir des poignées d'or qu'on ne se donnait pas la peine de compter , et de penser que dans peu de jomrs
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je pourrais en posséder autant ! Toutes les mar' chandises que notre vaisseau avait apportées furent bientôt vendues au prix qu'il plut aux marchands de demander. Quelques jeunes filles , qui se disaient nobles et vierges , ce que la charité chrétienne mWdonne de croire, quoir* qu^elles fussent probablement plus connues des Alcahuetas de Triana que du curé de leur paroisse , trouvèrent bientôt des maris. Un Père de Saint-François, qui avait acquis une grande, dextérité en baptisant quelquefois dix mille Indiens dans une après-midi, eut bientôt expédié tous ces mariages» En peu de jours les navires reprirent la mer, et ceux qui ne partirent pas avec eux se remirent en route pour rintérieur ; de sorte que Vera-Cruz redevint presque désert jusqu -à Farrivée d'une nouvelle flotte.
Le pays -qui séparait Vera-Cruz de Mexico était entièrement soumis, et la route était contin uellement firéquentée par les Espagnols . Nous traversâmes successivement Tlascala, dont les habitants furent les premiers qui se déclarèrent en faveur de Tillustre Femand Cortez et qui lui restèrent toujours fidèles; Chûlula, ville entièrement détruite lors de Tinfame trahison des habitants , qui avaient formé le projet de massacrer tous les Espagnols, etOtumba, illus-
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trée par la victoire que la yaleur castillanne , protégée par le glorieux apôtre saiut Jacques , re^iporta sur la barbare furie d^uoe multitude innombrable de Mexicains.
Les traces du long siège qu^avait soutenu Mexico s^effaçaient rapidement; des palais comme ceux d^Ëspagne remplaçaient les anciennes habitations des seigneurs mexicains; une magnifique cathédrale commençait à s^élever; eh avait assis les fondations sur les images de pierre qu^on avait arrachées des temples du démon. Les rues étaient remplies dlndiens, dont les uns travaillaient à combler les canaux qui faisaient autrefois de cette ville une autre Venise, les autres apportaient de longues poutres ou traînaient d'énormes pierres. Un grand nombre succombaient à la peine ; mais ils en étaient bien dédommagés , car les RR. PP. franciscains parcouraient les rues de la ville , et quand ils voyaient un Indien près d'expirer, ils versaient sur son front l'eau sainte du baptême , et l'envoyaient tout droit dans le séjour de la gloire. Combien leur sort était différent de celui des Indiens qui avaient péri pour la défense de leur fausse religion, et que les griffes du démon avaient entraînés dans les flammes de l'enfer! quelle consolation pour les propriétaires de ces magnifiques
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palais, pour les fondateurs de ces églises et de ces saints monastères , d^avoir été la cause du salut de tant d*âmes !
Cependant, après avoir employé quelques jours à rassasier mes yeux dW spectacle tout nouyqau pour moi, je ne tardai pas à m^apercevoir qu'il n'était pas aussi facile de faire lortune k Mexico que je me Tétais imaginé. Les trésors de Montezuma étaient partagés , les commanderies étaient données, plusieurs expéditions qui avaient été tentées vers le nord avaient assez mal réussi, et, comme dit le proverbe, ceux qui avaient été chercher de la laine s'en étaient revenus tondus. Je me décidai donc à me joindre k l'illustre Don t^edro de Alvarado, qui réunissait des soldats pour aller k ]a conquête du Guatemala, pays situé vers le sud , et dont on vantait beaucoup les richesses.
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