CHAPITRE XHI
Siège de Cuzco pur ke Indiens*
)?rnando Pkarro , qui commaudait falors 4 Cuzço, avait toujours montré beaucoup de faiblesse pour les In* iiens, ets^était toujours opposé aux mesures de rigueur que Ton avait voulu prendre contre eux. Il vit alors que ce n^est que par la sévérité que Ton peut venir à bout de cette maudite race ; mais il était trop tard , et nous eûmes beaucoup à soufiOrir de son excès d'indulgence.
Aussitôt qu'il fut instruit de Tinsurrection, Hemando fit une sortie dans la direction de Yucai, espérant se rendre maître de la per* sonne de Tinga. Mais il le trouva à la tête de deux cent mille Indiens, et fut forcé de rentrer dans la ville, où nous fûmes bientôt complètement cernés. Les Indiens, qui n*osaient nous attaquer corps à corps, profitèrent de ce que les maisons étaient couvertes en paille pour y mettre le feu au moyen de 'flèches autour desquelles ils avaient entortillé du coton enflammé.
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Tonte la ville fut ainsi aaccessivement iacat* diée, et noos fumes obligés de camper .an mi- Kett de la grande place do marché, le seul endroit qoi fut i Tahri du feu. Les Indiens noos lançaicntégalement, aumoyen de machines, les têtes de ceux de nos compatriotes qui étaient tombes sous leurs coups. Notre position était terrible , car la forteresse , qu^Hemando Pizarro , dans sa folle confiance, avait laissée presque sans garnison, était tombée, dès la première attaque , entre les mains des Indiens.
Dans cette situation , on convoqua un conseil de guerre. Les uns étaient d^avb de s^our vrir un passage les armes à la main , et de tâcher de regagner la côte ; les autres représentaient que , si Ton abandonnait Guzco, i| ne fallait pas songer à embarrasser la marche par tou^ les trésors qu'on y avait réunis, et qu'ils perdraient ainsi en un seul jour le prix de leurs travaux . Ils ajoutaient que la prise de cette ville encouragerait tellement les Indiens, que bientôt les chrétiens, forcés de se rembarquer, iraient traîner dans leur patrie le reste de leurs jours dans la pauvreté et le mépris universel. D'ailleurs , il' était probable que Tarmée de Finga ne resterait pas long-l^ps réunie , et que le gouverneur Francisco Pizarro , aussitôt qu'il apprendrait notre position , nous amènerait da
ftS J)ON iVAN i>^e ^Vargas. 5i sttcoors. Ce dernier pard préfTalut, «t-il lîit décidé qu'on attaquerai 4*Abord la fùrtertste^ dVtt lés'Indiens nons incommordaient eomidéitibleéeient.
Cette forter^e, Construite de gros qùai^iers de rodier^i n^était^ abordable que pit un setd coté. Nous ratlâ<|ttitm4» p^ti^nt la nuit^ afin de sorprendre les Indiens, car Us^ae combattaient jamais après le coucber du soleil, qu'ils regardaient comme leur dîeu, et li'aVaient pas même IMée de poser des sentinelles. Malgré cela ils montrèrent la plus grande 'i^eur et nous tuèrent bien du monde. Juan PizaiTo , qui nous commandait , fiit Uessé à la tête d'un ^coup de pierre, dont il motuiît quinze jours après. J'eus aussi deux ou trois côtes brisées ,! mais je f&s rétabli en peud^ jours. Je dois citer ici la conduite de l'inga chargé de la défense de eette forteresse. D'une taille gigantesque, il combatdt long-temps avec une ms^sue garmie dep(linr tes de cuivre. Ses coups redoutables renversaient tous les assaillants. Jamais il ne fut possible de pénétrer dans les retranchements par le côté qull défendait. Voyant les Espagnols maaires de la place, il lança au loin sa massue, et, se ^croisant les bras, il se jeta du haut i^s remparts dans un précipice, sans vouloir accepter la vie que ses ennemis loi offraient. jEzemple d'autant
5!S Les AvCNTCRBr
plus remarquaUe 4 qwe cette nation est ordi« naîrement faible et^tîèdde.
Quelques uiis assurent avoir aperça le glo*»
rieux apôtre saint Jacques monté sur on tturtaè" blanc et combattant à la tête des E^agnols , mais tant de bonbçtur n*était pas réservé à un pauvre pécheur comime moi. Je n^ai rien aperçu, mais il est vrai que j*avais aissez à faire de me défendre avec mon bouclier contre ks piènes qui pleuvaient sur moi de tous les ^tés. €êtte faveur du ciel était réservée k dW&es, plUs heureux et sans doute plus purs que moi.
Depuis la prise de la forteresse , nos affaires allaient foujours en ^''améliorant. L^inga, cm^ gnant une famine, avait été obligé de renvoyer une grande partie de ses soldats pour cultiver les terres. Il ne nous attaquait plus, et se contentait (Le nous bloquer. Nous respirions donc un peu, et nous nous occupions à soigner nos blessures. Tout d^un coup nous apprîmes qu*on avait aperça un corps nombreux d*Espagnols à peu de distance de Cuzco.
DE DoH Juan de Vargas. 53